L'Oise Agricole 19 février 2026 a 08h00 | Par Dominique Lapeyre-Cavé

Betteraves sucrières: une campagne 2025 qui met enfin du baume au coeur

La CGB 60 a organisé pour ses adhérents une réunion en ligne jeudi 12 février : à l'ordre du jour le point de la récolte passée et les actualités betteravières.

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- © CGB 60

La récolte 2025 présente un bon niveau de richesse en sucre, à 18,7 de moyenne, légèrement supérieur à la moyenne nationale et à celle des cinq dernières années. Cette richesse retrouvée se combine à des rendements variables selon les sucreries (97 t/ha à Étrépagny, 88 à Chevrières), mais de bon niveau, avec une progression sur toute la campagne. En France, les variations sont importantes, les régions au Sud de Paris ayant subi des attaques de jaunisse.
Du fait des bonnes conditions de récolte, la tare terre est restée faible, à 8,3 %. La durée de la campagne varie selon les usines et se situe entre 130 et 140 jours. La CGB 60 a assuré 1 ou 2 visites par semaine pour assister aux auto-contrôles des industriels et vérifier que le référentiel de réception est bien respecté. Pas de souci particulier cette année.
Cette campagne d'arrachage s'est déroulée globalement dans de bonnes conditions malgré une perturbation des approvisionnements pendant la période de gel et des silos débâchés à cause de la tempête. Parfois, la communication des industriels vers les planteurs en cas de problème n'a pas été parfaite (SMS pas partis), mais les indemnités de retard ont été respectées. Au final, après 7 ans de baisse de production, «une récolte qui met du baume au coeur des planteurs», selon Emmanuel Pigeon et Henri Faes, responsables CGB. 
Reste que les charges s'èlèvent toujours à 2.900 EUR/ha et, avec des prix attendus entre 30 et 35 EUR/t, les résultats économiques ne seront pas ceux espérés. 
Pour la campagne 2026-2027, Saint Louis Sucre a demandé une baisse des surfaces de 25 % et n'a communiqué aucun prix. Entre 2017 et 2023, la betterave sucrière reste néanmoins la culture qui affiche la meilleure marge, malgré le temps et la charge de travail.

Prix et marchés
Les prix mondiaux sont à la baisse, malgré des récoltes de canne à sucre pas terminées. Des spéculateurs jouent manifestement la baisse en vendant, les cours ont dévissé de 30 %. Le marché européen est impacté et, avec les importations d'Ukraine qui ont quand même baissé mais déséquilibrent le marché, le bas du cycle est sans doute atteint : c'est l'espoir des responsables de la CGB. 
Ils plaident pour la mise en place d'un outil de gestion au niveau européen dans le cadre de la nouvelle Pac, l'UE étant le seul marché à n'avoir aucun outil de gestion des marchés. L'idée est d'obtenir, au seuil de référence de 585 EUR/t de sucre, le déclenchement automatique d'outils de gestion vers du stockage privé et la transformation en bioéthanol ainsi que l'arrêt des importations.
Parallèlement, la Commission européenne s'est engagée à suspendre l'application du MACF (mécanisme d'ajustement carbone aux frontières) de façon rétroactive au 1er janvier 2026. Cette décision doit désormais être adoptée : accord Commission, Parlement européen et Conseil


Jaunisse
L'utilisation du Movento et Teppeki est possible en 2026. Une demande de dérogation a été formulée pour l'Axalion. Le sénateur Duplomb est reparti à la charge et mise sur l'avis de l'Inrae qui a fait le constat de l'absence actuelle de solutions durables de lutte contre les pucerons. 
«On peut refaire sereinement de la betterave cette année», se félicite Alexis Hache, président de la CGB de l'Oise.

Prochaine visio

La CGB 60 vous propose une réunion en visioconférence le 3 mars à 8 h 30 sur les semis de betteraves.

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