L’Oise veut sécuriser sa ressource en eau
À l’occasion d’une visite pédagogique d’exploitation agricole à Vendeuil-Caply le 9 avril, Nadège Lefebvre, présidente du Conseil départemental de l’Oise, a annoncé le lancement d’une grande étude quantitative sur la ressource en eau du territoire. Une initiative pilotée par le Département à la demande de l’État, dont les résultats sont attendus d’ici 2028.

C’est dans un cadre agricole, «au cœur des enjeux ruraux qui lui sont chers», que Nadège Lefebvre a choisi de dévoiler ce chantier d’envergure. Le Conseil départemental de l’Oise a accepté de conduire, pour le compte de la préfecture, une étude quantitative inédite portant sur les volumes d’eau disponibles, les flux et les consommations à l’échelle de l’ensemble du département. «L’État nous a demandé si on acceptait de mener cette étude, de la manager. Et je trouve que c’est plutôt une bonne idée», a indiqué la présidente, soulignant que la position neutre du Département — dépourvu de compétences économiques — en fait un chef de file légitime pour arbitrer entre usages concurrents.
L’étude s’articule autour de plusieurs phases successives : évaluation des volumes présents dans les cours d’eau et les nappes souterraines, estimation des débits naturels sans prélèvement humain, identification des seuils minimaux nécessaires à la survie des espèces aquatiques, puis calcul des volumes effectivement prélevables. L’impact du changement climatique sur la disponibilité future de la ressource sera également modélisé. Au terme de ce travail, chaque catégorie d’usagers — agriculteurs, industriels, collectivités — se verra proposer un volume maximal prélevable par période, que les Commissions Locales de l’Eau devront entériner avant inscription dans le Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux.
La présidente mesure l’ampleur du défi : «L’eau, c’est quelque chose qu’il va falloir protéger sérieusement, et que sa distribution soit juste et équitable.» Le calendrier prévoit entre trois et quatre ans de travaux. L’État en assure le financement principal, aux côtés des agences de l’eau. Les conclusions définitives sont attendues pour 2028.
L’enjeu dépasse la seule gestion technique : il s’agit de doter le territoire d’une cartographie objective de sa situation hydrologique, afin d’éclairer les décisions à venir face à des épisodes de sécheresse appelés à se multiplier. En acceptant cette mission, l’Oise se positionne, une fois encore, en précurseur sur une question qui concerne l’ensemble des territoires ruraux français.
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