L'Oise Agricole 20 juin 2019 à 10h00 | Par Dorian Alinaghi

À Coudun, on met les gaz !

À Coudun, l’unité de production de biométhane Ferti Oise vient d’être inaugurée. Il s’agit du neuvième site mis en service sur les douze fonctionnant actuellement en Région Hauts-de-France. Le biométhane est directement injecté dans le réseau de GRDF.

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Les élus départementaux et régionaux ont officialisé du 9e site de méthanisation mis en service sur les 12 en fonctionnement à ce jour en Hauts-de-France.
Les élus départementaux et régionaux ont officialisé du 9e site de méthanisation mis en service sur les 12 en fonctionnement à ce jour en Hauts-de-France. - © Dorian Alinaghi

À peine visible de la RD 935, le centre de méthanisation sur la commune de Coudun, proche de Compiègne, vient d’être inauguré le 14 juin. Sous un soleil éclatant et sans une aucune odeur nauséabonde, une centaine de personnes dont des agriculteurs, des élus départementaux et régionaux, sont venues assister à l’inauguration, mais aussi à couper le bandeau tricolore pour officialiser la mise en fonction du méthaniseur.

Ce projet, appelé Ferti Oise, a permis à quatre exploitants (Grégoire Lhotte, Pierre-Henri Roland, Benoît Levasseur et Alain Drach) de se diversifier. Le montant de l’installation atteint les 6 millions d’euros, dont 12 % financé par le Feder. «Il a fallu attendre de nombreuses années afin que nous puissions avoir l’accord pour construire. C’était très long… Mais nous en sommes fiers ! Ce projet va permettre de produire de l’énergie verte, propre et renouvelable à partir de déchets organiques. Le but, dans un avenir proche, est de produire assez d’énergie pour alimenter 3.500 foyers» explique Alain Drach, représentant de la société Ferti Oise.

Pour les exploitants, il s’agit de pouvoir fabriquer leur propre engrais naturel (le digestat) plutôt que d’utiliser des engrais minéraux. Surtout que la demande sociétale actuelle est de réduire l’impact environnemental de l’agriculture. «Nos achats d’engrais minéraux sont réduits de 60 à 90 % ! Les déchets organiques des exploitations permettent de créer un gaz vert, mais aussi de l’engrais naturel.» affirme-t-il.

Plein gaz pour Ferti Oise

Le digesteur ingère uniquement des produits d’origine végétale (pulpes de betterave, céréales immatures, maïs d’ensilage…) et les transforme en gaz vert à raison de 250 Nm3/h. Le dispositif devrait valoriser 20.000 t de cultures intermédiaires à valorisation énergétique (Cive), de déchets et de résidus de cultures. À terme, L’installation prévoit d’absorber jusqu’à 30.000 t par an pour produire du méthane ainsi injecté directement dans le réseau GRDF pour alimenter environ 3.500 foyers en chauffage, eau chaude et cuisson (soit 15.000 personnes). Le must reste la localisation du site, la première habitation est à plus de deux kilomètres. Chaque jour, 50 t d’intrants alimentent le digesteur d’une capacité de 6.000 m3. Pendant 60 jours, les aliments sont brassés à une température comprise entre 40 et 42°C. 20.000 m3, c’est la quantité de digestat ressorti. Ce dernier aura comme utilité de fertiliser les terres agricoles, ce qui permettra la limitation et la dégradation des adventices.

Grâce à cet énième en fonctionnement, la région Hauts-de-France renforce et consolide son positionnement concernant les énergies renouvelables. «Nous, à la Région, on croit à la méthanisation ! Je ne suis pas la personne la plus verte de la vie politique, mais j’ai compris l’intérêt de cette méthode par le biais de mes enfants, pour leur bien-être, mais aussi de notre environnement. Je suis moins fan des éoliennes car vu l’ampleur des implantations, nous payons des impôts régionaux totalement disproportionnés. En revanche, on doit mettre le paquet sur les panneaux photovoltaïques et la méthanisation. Nous sommes prêts à venir en aide financièrement à ces projets sous deux conditions par contre : pas de déforestation et pas de réduction des terres agricoles. J’ai d’ailleurs fait une demande auprès du Président de la République en ce sens. Il faut savoir que dans la région, la méthanisation représente 36 projets. On mise vraiment sur la méthanisation car c’est une activité économique qui crée de l’emploi. Cela permet aussi de générer un revenu agricole, sans oublier le respect de l’environnement. Aujourd’hui, la méthanisation représente 300 emplois ; d’ici 2050, on pourra attendre jusqu’à 5.000 emplois dans la région» conclut avec confiance Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France.

Les unités de méthanisation se déploient de plus en plus dans l’Hexagone, offrant des opportunités locales de distribution de biogaz. Pour le représentant de GRDF, le gaz vert a aussi une autre utilité, celui d’être le carburant de demain pour les transports : «Une grande pertinence environnementale : Améliorer la qualité de l’air (-95% de particules fines et 30 à 40% de NOx en moins par rapport au diesel). Deux fois moins de bruit qu’un moteur diesel, les véhicules GNV sont classés en vignette CRIT’AIR 1 reconnus par décret pour circuler sans restriction en centre-ville. Rouler au bio GNV contribue aussi à lutter contre le réchauffement climatique (-80% de CO2 par rapport au diesel).»

Quelques chiffres

  • 6 millions d’euros d’investissement, dont une subvention Feder de 12 %.
  • 250 Nm3/h de capacité d’injection.
  • 3.500 logements alimentés en gaz renouvelable (équivalent chauffage).

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