L'Oise Agricole 03 janvier 2019 à 09h00 | Par Dorian Alinaghi

AS60 AGC, toujours au plus près de ses adhérents

Le vendredi 14 décembre, l’AS60 AGC a tenu son assemblée générale en présence de Didier Verbeke, président de l’association, Éric Doumeizel, le directeur, et Emmanuelle Peugeot, chef comptable.

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D’après les scientifiques, les bactéries responsables de la méthanisation constitueraient les premiers organismes vivants apparus sur Terre, il y a plus de 3 milliards d’années, à une époque où l’oxygène n’existait pas encore dans l’atmosphère. Elles se nourrissaient de molécules organiques présentes dans leur environnement comme aujourd’hui et transformaient le gaz carbonique et l’hydrogène contenus dans ces molécules en méthane et en oxygène.
D’après les scientifiques, les bactéries responsables de la méthanisation constitueraient les premiers organismes vivants apparus sur Terre, il y a plus de 3 milliards d’années, à une époque où l’oxygène n’existait pas encore dans l’atmosphère. Elles se nourrissaient de molécules organiques présentes dans leur environnement comme aujourd’hui et transformaient le gaz carbonique et l’hydrogène contenus dans ces molécules en méthane et en oxygène. - © Dorian Alinaghi

Ce sont près d’une centaine de personnes qui sont venues assister à l’assemblée générale de l’AS60-AGC au sein du Crédit agricole à Beauvais. Le président Didier Verbeke a précisé que l’association n’avait pas vocation à faire du résultat et que compte tenu des années agricoles, la volonté du conseil d’administration a été de participer à l’effort collectif sans remettre en cause l’équilibre financier de l’association.

Les comptes ont été certifiés par le commissaire aux comptes. «L’AS 60 arrive à tenir le cap grâce à des gains de productivité et à la maîtrise des charges» souligne Didier Verbeke, président de l’AS 60.

Il a continué son discours sur le contexte actuel agricole. «On est en perpétuel changement, cela nécessite pour nous des remises en question permanentes et de trouver de nouveaux modèles économiques. Certes, on est sur des récoltes plus prolifiques, en terme des volumes et des prix. En parallèle, on peut mettre des charges qui sont en croissance. Malheureusement, ces dernières, on ne les maîtrise pas, mais on les subit... Mais nous devons jouer sur nos atouts. Dans notre territoire, on est proche du bassin parisien et du port de Rouen. De plus, nous avons des bassins de consommation avec Lille et le Bénélux, ce qui fait de l’Oise un territoire attractif. Par ailleurs, il ne faut pas faire l’impasse de notre monde qui est instable, ce qui joue fortement sur notre économie. On voit des pays qui n’ont pas énormément d’argent, comme l’Égypte. Et ces pays doivent se serrer la ceinture et ne sont pas consommateurs. Si, demain, il y a une augmentation de la population et de la demande, il faut aussi de la solvabilité. Pour l’AS60, nous devons continuer à aider et à conseiller au mieux nos adhérents. Nous devons et allons agir face aux enjeux internes et externes afin de relever tous les challenges.»

La méthanisation, une solution d’avenir

En tribune, Xavier Téterel, conseiller spécialisé énergie à la Chambre d’agriculture de l’Oise ,et Alain Radon, conseiller à l’AS60, ont fait le point sur l’intêret porté par la méthanisation. La filière énergie renouvelable présente l’intérêt d’être un vecteur de développement, à la fois pour les adhérents agriculteurs et pour les AGC, avec de nouvelles opportunités de soutien des adhérents dans leurs choix d’optimisation (photovoltaïque notamment) ou diversification (méthanisation). «La méthanisation se situe au carrefour de plusieurs réflexions : une gestion territoriale de la matière organique d’une part, une dynamique de territoire qui permet d’associer différents acteurs d’autre part. Elle est simultanément une filière de production d’énergie renouvelable et une filière alternative de traitement de déchets.» souligne Xavier Téterel. Mais il ne s’agissait pas de faire un focus sur la méthanisation en général, mais de se focaliser sur les substrats. Les substrats sont caractérisés par leur composition et leur potentiel méthanogène, c’est-à-dire la quantité de biogaz potentielle issue de cette matière. Les fumiers et lisiers sont facilement méthanisables, mais présentent un faible potentiel méthanogène, à l’inverse des matière non digérées. Les substrats se caractérisent également par leur taux de matière sèche . Cela traduit le contenu en matière solide après évaporation de toute l’eau contenue dans le substrat. Par exemple, un fumier bovin contient 25 % de matière sèche contre 8 % pour un lisier. On parle également du pourcentage de matière organique par taux de matière sèche. C’est la fraction organique de la matière solide. Alain Randon a donc détaillé les différents substrats utilisables dans la méthanisation. «Les déjections animales sont des substrats. Malgré leur faible pouvoir méthanogène, les fumiers et lisiers, présentent des caractéristiques physico-chimiques indispensables à l’activité bactérienne. Le lisier apporte les bactéries nécessaires à la digestion de la matière organique et stabilise le pH (potentiel d’hydrogène) du milieu. Le fumier a un taux de matière sèche élevé et peut servir de support aux bactéries à l’intérieur du digesteur. Les résidus de culture sont également des substrats. Ces derniers (paille, issues de céréales...) présentent souvent une teneur en carbone intéressante pour la méthanisation. Les cultures dédiées (maïs, herbe, sorgho...) ont l’avantage de posséder de bons potentiels méthanogènes. Néanmoins, leur développement aurait pour conséquence de déséquilibrer les marchés alimentaires. Ils viennent en complément des substrats précédemment cités dont le potentiel méthanogène est souvent insuffisant pour assurer la rentabilité du projet. Ces matières peuvent provenir d’industrie agroalimentaire (graisses, huiles...), de collectivités (tonte de pelouse, boues de station d’épuration, restes de repas des établissements scolaires...).

Les substrats non utilisables sont les déchets ligneux comme le bois, les tailles de haies, branchages... les matières inorganiques comme les plastiques. Il faut également que la matière organique soit biodégradable dans le digesteur, c’est-à-dire que les bactéries anaérobies puissent la dégrader et la convertir en biogaz. Cela exclut totalement les produits ligneux comme les produits pouvant contenir des produits inappropriés (métaux lourds, antibiotiques...). Dans son digesteur, le méthaniseur peut former, soit un mélange gazeux composé majoritairement de méthane, soit un produit digéré contenant de la matière organique non dégradée, de la matière minérale (azote, phosphore, potasse...) et de l’eau...» La forêt étant considérée comme le poumon de la planète, la méthanisation peut être considérée comme l’estomac de la planète.

Brigitte Henry-Maigniel, l’as de la comptabilité

Derrière ses lunettes rondes, Brigitte Henry-Maigniel a géré d’une main de comptable l’AS60 durant 15 ans. Elle a toujours eu cette âme de guerrière, à savoir toujours vouloir progresser et bien faire le travail. Constamment le sourire aux lèvres, elle a fait ses études à l’université de droit et d’économie agricole à la Sorbone. Elle a par la suite, durant un court instant, été animatrice à la FDSEA 60. En 1983, elle a été embauchée au service juridique pour tout ce qui concerne les constitutions de société. À partir de 1984, Brigitte a pris du galon et a commencé à réaliser des notes techniques et fiscales auprès des comptables, tout en en faisant de l’accompagnement avec ces équipes. Petit à petit, elle a approché la direction afin d’amener son expertise. En 1990, elle a été nommé au poste de responsable du SATDC (Service d’aide à la tenue des documents comptables). En 2003, lors de la réforme de la profession comptable, il a fallu nommer une directrice. Brigitte est donc devenue la directrice de l’AS 60. Elle part aujourd’hui à la retraite.

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