L'Oise Agricole 19 décembre 2019 à 09h00 | Par Agence de presse

Hausse des céréales et des protéagineux dans l’UE en 2030

La production européenne de céréales devrait progresser d’ici 2030 ainsi que celle de protéagineux. Pour les productions animales, l’épizootie de peste porcine va dynamiser le commerce de toutes les viandes confondues.

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La production européenne de céréales pourrait atteindre 320 millions de tonnes en 2030 contre 312 aujourd’hui.
La production européenne de céréales pourrait atteindre 320 millions de tonnes en 2030 contre 312 aujourd’hui. - © Pixabay

Selon la Commission européenne qui vient de présenter son rapport sur les perspectives agricoles 2030, la production de céréales devrait croître légèrement dans les années qui viennent pour atteindre 320 millions de tonnes en 2030 (contre 312 millions de tonnes en 2019) pour satisfaire la demande interne (l’alimentation humaine et animale) et les marchés d’exportation. Malgré la concurrence de la Mer Noire, la Commission considère que l’Europe devrait améliorer ses positions sur le marché mondial.

En ce qui concerne les protéagineux, Bruxelles s’attend à une forte croissance de la production à 6,3 millions de tonnes contre 3,9 Mt en 2019. Elle serait tirée par l’accroissement de la demande en protéines végétales pour l’alimentation humaine et animale. Pour les oléagineux, en revanche, la production devrait rester stable à 32 millions de tonnes, mais avec un changement dans la nature des cultures : un déclin des superficies de colza compensées par une augmentation de celles de soja. Globalement, les surfaces consacrées aux oléagineux devraient légèrement diminuer. Quant à la production de betteraves, les surfaces emblavées devraient rester stables, en lien avec une légère érosion de la consommation de sucre (- 0,8 %).

Cependant, la production de sucre devrait progresser à 18,5 millions de tonnes, comparée à une année 2019 médiocre.

En ce qui concerne les productions animales, le rapport pronostique une croissance modérée de la production laitière à l’horizon 2030 à 179 millions de tonnes contre 168 millions de tonnes aujourd’hui. Ce niveau de production sera atteint par la poursuite de l’augmentation des rendements individuels malgré une réduction du cheptel, ce qui diminuera les émissions de gaz à effet de serre. L’Europe restera un acteur important sur le marché mondial pour écouler les excédents de production croissants, consécutifs au recul de la consommation de lait et de fromages (mais pas le beurre, dont la demande va continuer à progresser).

Baisse de la production de viande bovine

Pour les viandes, l’épizootie de peste porcine en Chine et en Asie continuera d’avoir un impact important sur le commerce international de l’ensemble des viandes. Le porc mais aussi la viande bovine comme la volaille devraient en tirer profit, notamment vers l’Asie. Sur le porc par exemple, l’augmentation de la demande mondiale et la hausse des prix (même si la production progresse) devrait peser sur la consommation intérieure déjà en repli. D’une façon générale, les préoccupations sociétales, sanitaires et environnementales vont pénaliser la consommation de protéines d’origine animale. Globalement, la consommation individuelle, toutes viandes confondues, devrait diminuer de 1 kg par habitant à 68,6 kg en 2030. Notamment celle de viande bovine qui s’accompagnera d’un recul de près de 10 % de la production européenne. Seule la volaille verrait sa production et sa consommation progresser régulièrement jusqu’en 2030. En matière de fruits et légumes, la Commission européenne s’attend à une légère régression de la production de pommes, une stabilisation de celle des fruits d’été et de celle de tomates. Comme celle de vin qui devrait être de 155 millions d’hl (156 millions d’hl en 2019) ; la hausse des exportations attendue des indications géographiques et vins mousseux compenserait la baisse de consommation.

Trois scénarios explorés

Pour la Commission européenne, les attentes des consommateurs et des citoyens en matière de santé, de bien-être animal et d’environnement vont orienter de plus en plus le marché des produits agricoles. Ainsi les consommateurs, du moins dans les pays développés seront encore plus attentifs aux produits alternatifs, comme les produits locaux, biologiques, sans OGM, par exemple. Parallèlement, la ration alimentaire par habitant va progresser dans le monde. Ce qui ne sera pas sans conséquence sur le commerce mondial des matières premières agricoles, comme celui des céréales. Celle de blé en particulier, qui pourrait offrir de nouvelles opportunités aux céréaliculteurs européens.

La Commission dresse trois scénarios pour l’horizon 2030. Le premier renvoie au développement des régimes alternatifs plus végétariens qui devraient favoriser le développement de plantes riches en protéines, comme de soja pour la consommation humaine. Dans une telle hypothèse, Bruxelles table sur une croissance de 5 % de sa production en Europe. Cette évolution pourrait avoir un effet favorable sur le climat et l’environnement, en diminuant l’empreinte carbone.

Dans un autre scénario le refus des OGM par l’opinion publique pourrait jouer sur la production laitière. Dans ce cas, l’Union européenne réduirait ses importations de soja et de ses tourteaux au profit d’une production fourragère européenne, mais avec à la clef une moindre disponibilité en aliments du bétail. Conséquence, la production laitière européenne devrait se replier légèrement (- 0,5 %), ainsi que celle de viande bovine (- 1,3 %) à l’horizon 2030.

Le troisième scénario tente de mesurer l’impact de la peste porcine africaine en Chine sur les marchés mondiaux et européens de la viande. Quelles que soient les options envisagées sur un retour à la normale (lent ou rapide), les importations chinoises de viande porcine vont continuer à progresser et donc les ventes des principaux pays exportateurs, l’Europe en particulier. Ce qui va soutenir le développement de la production dans les grands pays exportateurs avec, cependant, un bémol en Europe en raison des contraintes environnementales.

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