L'Oise Agricole 30 août 2018 à 11h00 | Par Dorian Alinaghi

L'agriculture se branche au haut débit dans l'Oise

SFR franchit le cap du 40.000e client fibre optique sur le réseau très haut débit du département de l'Oise. À cette occasion, de nombreux élus ont souhaité montrer le quotidien d'un exploitant agricole, Arnaud Waffelaert, qui, grâce à la fibre, optimise la gestion d'une des exploitations familiale.

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«Même si on est ultra-connecté et que les nouvelles technologies sont toujours plus efficaces, il faudra toujours un agriculteur dans sa machine» affirme Arnaud Waffelaert. (© Dorian Alinaghi)

Âgé de 30 ans, Arnaud Waffelaert est installé depuis 2013 sur une partie de l'exploitation familiale, aux côtés de ses parents sur une surface totale de 450 hectares de polyculture Scop. Il travaille à la production de colza, blé, betteraves, orge et maïs. «Nous avons plusieurs exploitations dans l'Oise, une à Breteuil, une à Froissy et une à Brunvillers-la-Motte. Cela forme une sorte de pyramide connectée (rire). On y trouve 196 hectares de blé qui correspondent à 4.900.000 baguettes, 70 hectares de betteraves sucrières qui correspondent 1.064 tonnes de sucre, l'équivalent de 14 millions de boîtes de fraises Tagada, 52 hectares d'orge qui correspondent à 7.280.000 bières. Il faudrait, pour la vingtaine de personnes présentes, 6.550 années pour consommer les 115 hectares de colza et il reste 2 hectares de maïs qui permettent de payer 20 mois d'abonnement à la fibre de SFR, ce qui super !» détaille-t-il.

Relié à la fibre depuis 2017, il considère qu'elle lui permet de gagner, non seulement en compétitivité mais aussi en confort de travail. «En permanence, on est connecté et surtout on évite de perdre des données» ajoute Éric Waffelaert, le père d'Arnaud. Ce dernier poursuit : «Avec la fibre, simplement avec une balise de téléphone car on a la géocalisation, on va pouvoir récolter des données plus rapidement grâce à la fibre.»

Arnaud le millénial voit avec un grand intérêt l'informatique, les nouvelles technologies et la fibre. Ces dernières arrivent en renfort de ses activités professionnels sur son exploitation, pour son travail d'expertise agricole, mais aussi pour ses loisirs «Je suis double actif. À côté de la ferme, je suis expert agricole. Je réalise des expertises agricoles. Et dans le cadre de cette profession, je suis amené à faire des constats et à prendre beaucoup de photos. Le luxe avec la fibre, c'est que tous mes dossiers sont sur le cloud et je n'ai pas besoin d'attendre un quelconque chargement ou téléchargement, tout est disponible à l'instant où j'allume mon ordinateur. Une petite anecdote, avec ma soeur, comme ma soeur habite en Afrique du Sud, on peut skyper avec elle très facilement.» exprime Arnaud Waffelaert en plaisantant.

Quotidiennement, Arnaud s'appuye sur internet pour gérer son exploitation. Aux usages courants comme la consultation de la météo et des cours du marché en direct, s'ajoute la gestion via son ordinateur ou sa tablette.

Et l'arrivée de la fibre lui offre non seulement un vrai confort, mais aussi un gain de temps précieux au service de la compétitivité. Les applications de la fibre sur l'exploitation familiale se traduisent par la mise à jour sur le cloud, sur cinq années, des interventions réalisées sur les différentes parcelles.

Cet outil de gestion, appelé GeoFolia, développé par la société oisienne Isagri, permet de noter précisément ce que l'on a fait en plaine, comment, où et avec quels produits. À cette première application s'ajoute l'utilisation d'un nouveau logiciel pour moduler les doses d'engrais et d'intrants. La fibre lui permet de faire communiquer instantanément des données comme la cartographie des rendements avec ses différentes machines. «Demain, on est prêt à aller plus loin. Au vu de l'avancée technologique, je pense que l'on pourra mettre un nombre de grains au mètre carré au grain près, un apport en azote au centimètre près.» atteste-t-il.

L'agriculture est l'un des métiers les plus connectés au monde. Ce jeune exploitant est sûr que cette profession doit passer à la numérisation totale sur l'exploitation.

L'agriculture 3.0

Le monde agricole fait sa révolution numérique. Réseaux sociaux, outils numériques, robots et drones, les agriculteurs sont de plus en plus connectés. D'après une étude réalisée en 2014 par ADquation et La France Agricole, 79 % des agriculteurs reconnaissent l'utilité des nouvelles technologies et 57 % perçoivent leur rentabilité.

95 % considèrent qu'elles apportent un meilleur confort pour l'agriculteur et 82 % pensent qu'elles ont entraîné des gains de productivités.

Les nouvelles technologies transforment et transformeront en profondeur les pratiques agricoles. Les agriculteurs sont confrontés à des défis titanesques : recherche constante d'une meilleure productivité, confrontation avec le climat, lutte contre les maladies, exigence sanitaire, réduction des apports d'intrants, pression sociétale...

Mais les objets connectés et le haut débit ont permis d'offrir de nombreux avantages comme gérer les ventes/les achats et suivre les cours en temps réel, réaliser les enregistrements parcellaires et stocker des bases de données, envoyer la télé-déclaration Pac qui constitue un dossier annuel volumineux, accéder à un large panel d'informations, développer de nouvelles méthodes d'exploitation...

Nadège Lefebvre, présidente du Conseil départemental de l'Oise, Charles Locquet, vice-président du Conseil départemental et président du syndicat mixte oise très haut débit (SMOTHD), et Alain Weill, président directeur général d'Altice France et d'Altice Europe, ont rencontré ce jeune agriculteur pour la réussite du lancement de la Haut Débit. En effet, ce 40.000e abonné symbolise la réussite du projet Oise THD.

Financé par le Conseil départemental de l'Oise, le Conseil régional des Hauts-de-France, la Caisse des dépots, le Feder, la mission Très haut débit, les communes et les communautés de communes, ce projet, représentant plus de 300 millions d'euros HT d'investisement public, porte sur la couverture intégrale de l'Oise en Très haut débit en complément des zones de conventionnement réservées à l'initiative privée, soit près 300.000 prises éligibles à la fibre déployées sur 641 communes en 6 ans. Le très haut débit permet de libérer du temps libre pour des activités. Il offre une attractivité supplémentaire aux territoires ruraux pour les jeunes qui souhaiteraient s'installer.

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