L'Oise Agricole 26 mars 2020 à 09h00 | Par Vincent Fermon, Dominique Lapeyre-Cavé

L’agroalimentaire répond à la pénurie

Quel est le point commun entre les sociétés Roquette, Tereos et Cristal Union ? Toutes les trois ont annoncé au cours leur intention de fournir de l’alcool pour contribuer à la fabrication de gel hydroalcoolique.

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L’usine Tereos de Nesle est l’une des unités du groupe à s’engager dans la fabrication de gel hydro-alcoolique.
L’usine Tereos de Nesle est l’une des unités du groupe à s’engager dans la fabrication de gel hydro-alcoolique. - © Tereos

Parmi les gestes «barrière» qui doivent permettre de ralentir la progression du virus Covid-19, se laver les mains très régulièrement avec du savon ou un gel hydro-alcoolique apparaît en premier. Mais dans bon nombre de points de vente, dont les pharmacies, trouver un simple flacon de ce gel hydro-alcoolique tient du parcours du combattant depuis plusieurs jours.

Pour répondre à la pénurie, plusieurs entreprises françaises ont annoncé au cours des derniers jours leur intention de fournir de l’alcool éthylique à des laboratoires pour fabriquer du gel hydroalcoolique. Le groupe de luxe LVMH qui avait ouvert la voie en annonçant que ses ateliers de fabrication de parfums allaient se lancer dans la fabrication de gel hydro-alcoolique.

Tereos produit 10 à 11 000 litres d’alcool par semaine

Dans le domaine agroalimentaire, le groupe Pernod-Ricard (spiritueux) a annoncé mercredi 18 mars offrir quelque 70 000 litres d’alcool pur au laboratoire Cooper, le «premier fournisseur de gels hydroalcooliques en pharmacie. Ce don doit permettre la fabrication d’environ 1,8 million de flacons individuels de 50 ml». Le même jour, c’était au tour d’une autre coopérative agricole, Tereos, d’annoncer l’engagement de cinq de ses usines - Artenay (Loiret), Origny-Sainte-Benoite (Aisne), Lillers (Pas-de-Calais), Morains (Marne) et Nesle (Somme) - dans la fabrication d’alcool pharmaceutique. D’après le groupe, la production a «déjà démarré sur un premier site et sera mise à la disposition gratuitement des Agences régionales de santé et des hôpitaux des régions proches, qui connaissent des situations très critiques». Les cinq usines «disposent du savoir-faire nécessaire à la fabrication d’alcool pharmaceutique et de capacités importantes» indique Tereos, qui revendique d’être le premier producteur d’alcool en France. Le volume prévu est de 10 à 11 000 litres/semaine.

La veille, mardi 17 mars, c’est le groupe sucrier Cristal Union qui déclarait «mettre à l’arrêt la production de bioéthanol à la distillerie d’Arcis-sur-Aube pour se réorienter vers l’alcool éthylique à destination de l’industrie pharmaceutique et des biotechnologies». La production de bioéthanol devait quant à elle se poursuivre dans l’usine de Cristanol de Bazancourt, dans la Marne, «en moindre proportion».

Roquette fabrique aussi

Début de semaine, c’est l’amidonnier Roquette qui s’est également lancé dans la fabrication d’une solution hydro-alcoolique dans son usine de Lestrem, dans le Pas-de-Calais. De source syndicale, on a appris qu’un salarié de l’entreprise a été diagnostiqué porteur du coronavirus. Si son état de santé ne suscite pas d’inquiétudes particulières, ses collègues ont été placés en quarantaine par mesure de précaution. La fabrication de liquide hydro-alcoolique a quant à elle débuté à raison d’une tonne par jour, et doit être dans un premier temps réservée à un usage interne au groupe Roquette, avant que l’entreprise obtienne «les autorisations nécessaires pour fournir les acteurs régionaux», selon la même source syndicale.

Solidarité dans le luxe

Bernard Arnault, célèbre patron du groupe LVMH, a sollicité dès la fin de semaine dernière ses sites de production afin qu’ils puissent participer à l’effort de solidarité. Après une réflexion pour l’organisation, dès lundi 16 mars au matin, trois usines du groupe, Givenchy à Beauvais, Guerlain à Chartres et Dior à Saint-Jean-de-Bray, près d’Orléans, ont entamé la production de flacons de gel hydroalcoolique à destination de l’APHP (Assistance publique hôpitaux de Paris). L’objectif de production avait été fixé à 12 tonnes la première semaine, mais ce sont au final 15 tonnes qui ont pu être acheminés vers la pharmacie centrale de l’APHP qui les distribuera sur les différents sites.

Cette production, fournie gracieusement par le groupe, se poursuivra tant que de besoin, «pour la plus grande fierté des collaborateurs, heureux de répondre concrètement à la crise du coronavirus», selon le service de presse du groupe contacté. Cette initiative a été suivie par d’autres entreprises nationales, que ce soit pour la fourniture de gel ou de masques. La solidarité, c’est aussi cela.

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