L'Oise Agricole 31 janvier 2019 à 09h00 | Par Dorian Alinaghi

La biosécurité, premier échelon de la lutte contre les maladies

Lundi 28 janvier, le Groupements de défense sanitaire de l’Oise (GDS) et le Service de remplacement, sous l’initiative du président Pascal Foucault, ont organisé une réunion d’information sur la biosécurité dans les élevages. Une première dans l’Oise pour les intervenants.

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La biosécurité sera un jour obligatoire dans tous les élevages bovins .
La biosécurité sera un jour obligatoire dans tous les élevages bovins . - © GDS Oise

Au sein de la maison de l’agriculture de l’Oise, une dizaine d’intervenants du Service de remplacement ainsi que la FDSEA 60 ont assisté à la réunion sur la biosécurité. Pourquoi est-ce aussi important ? Il existe de nombreuses maladies qui peuvent détruire tout un cheptel, mais aussi atteindre la santé de l’homme. Les principaux risques de diffusion d’une maladie résident dans les mouvements des hommes, des véhicules, des équipements entre les unités de production et entre exploitations, dans la gestion des cadavres et des fumiers, mais aussi via l’air et l’eau.

«La biosécurité est l’ensemble des mesures destinées à protéger une population animale, l’homme et l’environnement des agents infectieux transmissibles avec une triple finalité : santé animale, sécurité sanitaire des aliments et santé humaine. Elle associe, d’une part, une composante externe qui vise à limiter l’introduction de nouvelles souches bactériennes, virales ou parasitaires dans le troupeau et, d’autre part, une composante interne constituée de mesures visant à réduire la propagation des germes à l’intérieur du cheptel, leur sortie de l’élevage et leur persistance dans l’environnement. Elle relève du bon sens et n’est pas onéreuse. Lorsque les mesures de biosécurité ne sont pas respectées, vous risquez de passer plus de temps et dépenser plus d’argent à essayer de régler le problème quand il survient. La biosécurité concourt à apporter une protection globale.» explique Alice Tarchaoui, conseillère au GDS de l’Oise.

La désinfection, une étape obligatoire
La désinfection du matériel des intervenants contribue à réduire la pression d’infection exercée sur les animaux par les bactéries, les virus, les moisissures et les parasites présents dans leur environnement. Elle ne se résume pas à la simple application d’un désinfectant, elle est obligatoirement précédée d’un nettoyage approfondi des gants et des bottes. Il est aussi possible d’avoir des gants et des cottes jetables. La désinfection fait partie des mesures sanitaires à mettre en place dans tout bâtiment d’élevage ayant présenté un épisode pathologique au cours de la saison hivernale (diarrhées néonatales, omphalites, coccidioses, etc.). Elle est à associer à la lutte contre les insectes et les rongeurs, vecteurs d’agents pathogènes et sources de nuisances pour les animaux et les bâtiments.

Plusieurs catégories de risque chez les visiteurs
Les visiteurs urbains sont considérés comme «risque faible» car ils ne touchent pas les animaux de production. Cependant, ils doivent se munir de vêtements et de bottes propres. Ils ne doivent pas apporter de la nourriture sur l’exploitation et toucher les animaux. À la sortie de l’exploitation, les visiteurs ont l’obligation de se laver. Les intervenants réguliers dans les fermes avec contacts réduits avec les animaux (livreurs, ouvriers du batiment, conseillers...) sont considérés comme «risque modéré». Ils doivent se laver les mains avant et après chaque visite d’exploitation. Ils sont munis de bottes et de vêtements propres. Systématiquement, ils doivent laver et désinfecter les bottes avant et après être passé sur l’exploitation.
Pour les contacts fréquents avec les animaux, éleveurs, inséminateurs, vétérinaires, ouvriers agricoles sont considérés comme «risque fort». Ils doivent avoir un véhicule propre, être munis de matériaux propres et désinfectés, de gants ou de cottes jetables. Il est impératif de laver et désinfecter les bottes avant de quitter l’élevage. «Concernant les mesures de circulation, les visiteurs ont l’obligation de respecter les recommandations de l’éleveur, que ce soit sur l’horaire de présence, les zones autorisées et les consignes d’hygiène et de sécurité. Mais il faut aussi que les éleveurs plantent une pancarte signalant le parking visiteurs». ajoute Alice Tarchaoui.
Pour Maud, intervenante du Service de remplacement, cette réunion est une bonne initiative pour se rendre compte de l’importance de l’hygiène. «Parfois, je vais dans plusieurs élevages dans la même journée. C’est une belle piqûre de rappel, même si j’ai toujours suivi les règles. Cependant, parfois, les éleveurs n’ont pas forcément de points pour se laver les mains... Et ils n’ont pas l’automatisme de nous demander si on a nos vêtements ou bottes désinfectés» constate-t-elle.
Pour l’équipe de la FDSEA60, la biosécurité ne concerne pas que les intervenants. Les éleveurs doivent prendre aussi cela très au sérieux car ils peuvent mettre la santé des animaux et celle des hommes en danger. Lorsque les mesures de biosécurité ne sont pas respectées, le risque est de passer plus de temps et de dépenser plus d’argent à essayer de régler le problème quand il survient. La biosécurité apporte une protection globale et non contre une seule maladie. Si vous souhaitez avoir plus d’informations concernant la biosécurité ou bien les prochaines réunions, contactez Alice Tarchaoui au 03 44 11 44 13 ou à l’adresse gds60@reseaugds.com

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