L'Oise Agricole 28 septembre 2019 à 09h00 | Par J.-M. Bonczak

Lutte contre la diarrhée virale bovine : l’État s’engage enfin !

Par un arrêté ministériel paru le 2 août 2019, l’État rend la lutte obligatoire et en confie la gestion aux groupements de défense sanitaire

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Boucle auriculaire préleveuse de cartilage.
Boucle auriculaire préleveuse de cartilage. - © GDS

Voici plus d’un an que les GDS, dont celui de l’Oise, appelaient de leurs vœux un texte de loi généralisant le programme de lutte contre la diarrhée virale bovine, encore appelée maladie des muqueuses. Victoire obtenue cet été avec la publication au Journal officiel d’un arrêté du ministère de l’Agriculture qui fixe des mesures de surveillance et de lutte contre cette maladie virale. Concrètement, le texte introduit un dépistage obligatoire de la maladie, puis un assainissement obligatoire dans les élevages infectés, définis par la découverte d’au moins un bovin porteur du virus. Dans ces élevages, une recherche exhaustive des animaux porteurs du virus devra être conduite, notamment par des prises de sang sur le pré-troupeau et sur les bovins adultes suspects (vaches mères de veau infecté, vaches sans descendance présente), sans oublier le dépistage systématique à la naissance tel qu’il est proposé dans le département depuis 2014 par analyse d’échantillon de cartilage auriculaire (boucle préleveuse).

Les veaux infectés sont usuellement connus sous le vocable d’IPI (infecté permanent immunotolérant), ils devront être abattus ou euthanasiés dans les 15 jours. Enfin, un élevage infecté ne pourra pas vendre en élevage (sauf engraissement cartes jaunes en bâtiment dédié) tant qu’il n’aura pas recherché et éliminé tous les IPI.

En pratique, le dépistage dans l’Oise, comme dans les quatre autres départements des Hauts-de-France et tous ceux de la frange Grand-Est, reposera uniquement sur le dépistage précoce lors de l’identification du veau : aussi, les services de l’identification, placés sous la responsabilité de la Chambre d’agriculture régionale, proposent-ils désormais en commande exclusivement des boucles munies du dispositif de prélèvement de cartilage auriculaire.

Une méthode qui a fait ses preuves depuis maintenant cinq années dans le département, avec aujourd’hui une situation en constante amélioration : avec, en début d’été, 65 % d’éleveurs engagés dans le dispositif et représentant 80 % des naissances annuelles, ce sont près de 15.000 veaux qui ont été dépistés depuis le 1er janvier. Le taux de veaux IPI, proche de 1 % au départ de l’action en 2014, se rapproche à présent de 0,5 %.

Des pertes importantes

Bien que rarement mortelle chez le bovin adulte, la circulation du virus de la BVD occasionne de lourdes pertes en élevage si elle n’est pas détectée précocement. Non transmissible à l’homme, elle provoque des problèmes de reproduction, des pathologies néonatales, des chutes de production, sans oublier la naissance de veaux IPI dont l’espérance de vie est limitée. Le virus a la capacité de persister dans le troupeau en infectant le fœtus durant les premiers mois de gestation ; le veau naît alors IPI et va excréter le virus en continu, sans développer d’anticorps défensifs : ce sont ces bombes à virus qui entretiennent la maladie et la diffusent à la faveur des transactions, en élevage et en engraissement.

L’impact économique est loin d’être neutre : il s’élèverait à 30 millions d’euros par an selon l’Anses et la Fédération des GDS, tandis que le coût pour un élevage infecté se situerait entre 50 et 80 € par bovin et par an.

Au final, une très bonne décision pour l’élevage français.

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