L'Oise Agricole 27 juin 2019 à 11h00 | Par Delphine Jeanne

Revenus, agrisbashing… : la FNSEA reste mobilisée

Juste avant la période estivale, la FNSEA a fait le point sur les sujets qui restent d’actualité pour les agriculteurs toujours en attente de revenu, dans un contexte de pression sociétale et de dénigrement du métier qui n’a jamais été aussi fort.

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Dans les objectifs initiaux pour la Pac, «l’objectif le moins atteint est celui du revenu», constate Christiane Lambert.
Dans les objectifs initiaux pour la Pac, «l’objectif le moins atteint est celui du revenu», constate Christiane Lambert. - © SPA 49

Si la période estivale est proche, les thèmes de travail ne manquent pas pour la FNSEA, qui a tenu le 25 juin une conférence de presse, pour faire le point sur les différents sujets d’actualité. Quelques semaines après les élections européennes, les interrogations restent fortes sur la future Pac et son budget qui n’est toujours pas voté. Néanmoins, la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, a salué la présence d’élus sensibles à la cause agricole et à la ruralité, espérant que les débats n’opposeront pas systématiquement agriculture et environnement. D’autant que, au sein des objectifs initiaux de la Pac, à avoir donner un revenu décent aux agriculteurs, faciliter un accès à une alimentation sûre et saine, et préserver l’environnement, «l’objectif le moins atteint est celui du revenu», rappelle Christiane Lambert.

Le constat est, par ailleurs, similaire en ce qui concerne les Etats généraux de l’alimentation. En dépit de certaines avancées, notamment dans le secteur laitier, la présidente de la FNSEA déplore des résultats insuffisants, voire préoccupants dans certaines filières comme la viande bovine, où «les OP ont du mal à s’organiser face à des acheteurs puissants et de moins en moins nombreux». Une journée nationale sur le thème de l’organisation économique sera d’ailleurs organisée à la FNSEA le 15 octobre, avec, entre autres buts, celui de faire remonter les expériences positives des départements. A noter, également, que dans ce sujet du retour de la valeur, «la grande distribution n’a pas été un élément facilitateur», souligne Christiane Lambert, précisant que cette attitude traduit aussi le fait que la distribution se trouve actuellement dans une période charnière, après avoir atteint les limites du modèle de commercialisation incarné par les hypermarchés.

Dans les nouvelles façons de consommer, portées par la montée en gamme et la responsabilité sociétale, les agriculteurs ne sont pas en reste et travaillent sur les questions des phytosanitaires, du bien-être animal, de la biodiversité. Ils se heurtent néanmoins à l’impatience des consommateurs qui veulent «des réponses tout de suite alors que toutes les solutions ne sont pas encore dans les cartons de la recherche», précise la présidente de la FNSEA. Sans compter que, dans l’aspect plus éthique de la consommation, il faut aussi «que la préoccupation du retour de valeur aux producteurs soit très présente», ajoute Christiane Lambert. «Il est plus difficile de faire plus vert quand on est dans le rouge», rappelle-t-elle.

Distorsions de concurrence

Et si le retour de valeur se fait attendre au niveau de la production, les interdictions de produits phytosanitaires et, plus largement, le renforcement des normes, sont au contraire bien présents pour les agriculteurs français, qui «ont l’impression d’être pris dans une souricière», témoigne Christiane Lambert. A titre de comparaison, la FNSEA a d’ailleurs, lors d’un rendez-vous récent avec la conseillère Agriculture d’Emmanuel Macron, montré la différence de situation entre les productions de fruits et légumes française et belge. «En Belgique, trente deux insecticides sont autorisés pour la production, tandis qu’en France il n’y en a que quatorze !», insiste Christiane Lambert.

Et cette distorsion de concurrence s’observe pour la plupart des filières. «On risque une désagriculturation de la France, sur le modèle de la désindustrialisation», redoute la présidente de la FNSEA, avec le risque d’arrêts de certaines productions en France, ce qui engendrerait l’importation de produits issus de modes de production moins stricts.

La FNSEA est particulièrement vigilante en ce qui concerne les accords de libre-échange, notamment celui en discussion entre l’Union européenne et les pays du Mercosur. «Nous avons une position très défensive sur la viande bovine, car l’Union européenne est déjà autosuffisante en viande bovine. La consommation est en baisse, et pourtant on veut en importer davantage !», explique Christiane Lambert, pointant «l’incohérence flagrante du gouvernement» à ce sujet. Pour le dénoncer, la FNSEA prévoit des actions terrain à la rentrée.

Action contre les intrusions

La situation est d’autant plus difficile à vivre pour les agriculteurs qu’en dépit des efforts engagés pour répondre à la demande sociétale, la profession est victime d’attaques de plus en plus virulentes, en lien avec «l’instrumentalisation par certaines ONG d’images très dures» destinées à entretenir «une démocratie d’émotions», dénonce la présidente de la FNSEA. Face à la multiplication des intrusions dans les exploitations, la FNSEA a d’ailleurs mis en place un dispositif d’accompagnement juridique des FDSEA pour «que tout acte malveillant donne lieu à une plainte», explique Christiane Lambert, demandant des indemnités pour le préjudice moral à l’encontre des agriculteurs.

«On a de la chance d’avoir des agriculteurs responsables», se félicite-t-elle, face à l’ampleur que prend le phénomène. «Quelle autre profession est autant stigmatisée ?», se demande d’ailleurs la présidente de la FNSEA, précisant de plus que plusieurs centaines d’exploitations ouvrent leurs portes chaque année, et qu’il est donc tout à fait possible de les visiter.

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BERTRAND (40) | 27 juin 2019 à 12:18:36

Ma pauvre Christiane, à 6 ans, je tenais les seaux de lait pour faire boire les veaux et je leur mettais ma main dans le lait pour que le veau suce mon doigt et apprenne à boire.. j'ai 75 ans, j'ai manifesté à Bruxelles contre Mansholt et ses projets, j'ai manifesté avec les affiches "paris et le désert Français, j'a i suivi les nouvelles et les luttes de Michel Debattisse, de cafarelli, le gourvenec et bien d'autres.. Depuis 70 ans, j'étends que les prix sont trop bas ET OUI ILS SONT BEAUCOUP TROP BAS, mais la loi Alim, le calcul du cout de revient etc, ??? c'est du vent..LA RACAILLE POLITICIENNE préférera signer des contrats à l'import. Mettez moi tout cela dehors

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