L'Oise Agricole 09 juillet 2020 à 09h00 | Par Laura Béheulière, D.

Un plan à 1,3 milliard d’euros pour la Région

Le conseil régional a voté le 30 juin un plan de relance de 1,3 milliard d’euros pour aider les entreprises des Hauts-de-France. Xavier Bertrand a présenté les déclinaisons locales de ce plan cette semaine à travers les cinq départements de la région.

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Le plan de relance a été présenté par présence de Xavier Bertrand, Président de la Région Hauts-de-France, des représentants de l’Etat et des chambres consulaires, d’élus régionaux et locaux, et d’acteurs économiques et du territoire.
Le plan de relance a été présenté par présence de Xavier Bertrand, Président de la Région Hauts-de-France, des représentants de l’Etat et des chambres consulaires, d’élus régionaux et locaux, et d’acteurs économiques et du territoire. - © D.

Associer le monde politique et les acteurs économiques de la région pour surmonter la crise, et préparer l’avenir. C’est dans ce cadre que Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France, veut voir s’appliquer le plan de relance voté fin juin par la région.

Il en a présenté les grandes lignes mardi 7 juillet 2020 à l’aéroport de Beauvais, entouré des différents acteurs du territoire. Il s’agit d’endiguer les effets d’une récession qui s’annonce historique. Pour l’heure, l’économie ne va s’en doute pas retrouver son niveau d’avant Covid. La reprise des chantiers publics sera privilégiée. «Il faut très vite relancer les chantiers», explique Xavier Bertrand. Une nouvelle réunion est prévue avant la fin de l’été avec les intercommunalités et les maires, au point de départ des chantiers publics. «tout ce que nous ferons n’empêchera pas la montée du chômage, mais on peut la freiner. En février, le taux de chômage tournait autour de 8 %, il a bondi de 20 %» précise-t-il.

L’objectif du plan, dans la continuité de ce qui avait été mis en place pendant le confinement : venir en aide à toutes les entreprises des secteurs les plus fragilisés par la crise liée au coronavirus. Celles-ci pourront bénéficier d’aides financières pour consolider leur trésorerie. Grandes entreprises, TPE, PME, indépendants, commerçants… tout le monde est concerné, dans les grandes villes comme dans les campagnes.

Une rentrée difficile

Car autour de la table, personne ne se fait rassurant. «Nous vivons le calme avant la tempête», estime le président des Hauts-de-France. «On ne connaît pas encore la portée de la crise», ajoute Philippe Hourdain, le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) des Hauts-de-France. «Le calme actuel que nous observons sur les dépôts de bilan ne va pas durer, prévient quant à lui, Éric Feldmann, président du tribunal de commerce Lille Métropole. La rentrée risque d’être difficile pour les entreprises qui ont eu recours aux aides et qui vont se retrouver face à un mur de dettes.» Selon les prévisions, le nombre de procédures collectives après la rentrée connaîtra un bond d’au moins 20 % par rapport à l’année précédente.

Emploi et formation

La région veut même aller au-delà de l’aide immédiate aux entreprises et favoriser également l’emploi des jeunes et la formation. Car plus que gérer l’urgence, ce plan a l’ambition de préparer l’avenir, de soutenir l’innovation. Ce qui passera par le développement durable, l’accélération de la transition numérique ainsi que par la réindustrialisation du territoire. Louis Le Franc, préfet de l’Oise, martèle sur l’importance du dispositif d’activité partielle mis en place par l’État pour soutenir les entreprises à l’arrêt. 11 700 dossiers ont été déposés pour 121 500 salariés, cela représente 62 millions d’heures. Plus de 61 % des salariés du département de l’Oise ont ainsi été concernés. De plus, «2 800 entreprises ont demandé un prêt garanti par l’État (PGE) pour un total de 431 millions», indique-t-il.

Le lin au coeur de la relance

Et le lin pourrait être au coeur de cette nouvelle page régionale. «Avec la mission Rev 3 (troisième révolution industrielle), nous travaillons pour exploiter au mieux cette matière, notamment autour du textile médical, révèle Yann Orpin, président du Medef Lille Métropole. Des études sont menées avec l’Union régionale des professionnels de santé (URPS) et l’idée est de sortir un produit avec un coût compétitif (une baisse des impôts de production sera notamment demandée au ministre de l’Économie)». La filière lin, durement touchée par la crise sanitaire et les conséquences du confinement, pourrait peut-être trouver là une source d’espoir.

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