L'Oise Agricole 08 janvier 2026 a 07h00 | Par Christophe Soulard

Une stratégie «Eau» pour les présidentielles

Six organisations agricoles ont organisé le 11 décembre à Paris des Rencontres de l'eau. Objectif : définir une stratégie qui doit permettre de mieux prendre en compte les réalités de l'agriculture dans un contexte tendu, entre changement climatique et attentes sociétales.

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Le grand cycle de l'eau doit tenir compte du volume de précipitations qui tombe chaque année sur la France.
Le grand cycle de l'eau doit tenir compte du volume de précipitations qui tombe chaque année sur la France. - © Pixabay

Les premières Rencontres de l'eau qui ont réuni les représentants de la FNSEA, des Jeunes agriculteurs (JA), de Chambres d'agriculture France (CdAF), de La Coopération agricole, des Irrigants de France et de l'Association de coordination technique agricole (Acta) ont visé un double objectif : «partager nos grandes orientations sur la gestion quantitative et qualitative des milieux et identifier les clés pour une poli-tique de l'eau adaptée aux enjeux agricoles», a rappelé le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau. Cette stratégie, que les six organisations espèrent finaliser pour le premier semestre 2026, sera envoyée à tous les candidats à l'élection présidentielle de 2027. «Les écuries présidentielles pré-parent déjà leurs programmes pour 2027. On doit leur faire des propositions d'ici à fin mars», a-t-il indiqué. Parmi les propositions qui devraient émerger de cette réflexion, une devrait concerner la meilleure représentation des agriculteurs au sein des instances de décision sur la gestion de l'eau. «Toute la gouvernance décrite par la directive-cadre européenne et transposée dans nos lois françaises repose sur le petit cycle de l'eau, c'est-à-dire sur la consommation finale. Or, il faut compléter cette vision par une réflexion plus large sur le grand cycle de l'eau, dans laquelle nous avons aussi voix au chapitre. Il faudra donc revoir comment les représentants agricoles auront une meilleure représentativité dans les instances nationales et régionales comme les agences de l'eau et les comités de bassin», a expliqué Éric Frétillère, président des Irrigants de France. «Il faut simplifier la gouvernance de l'eau et ses multiples instances, où les agriculteurs ne sont pas représentés à leur juste hauteur», a insisté Sébastien Windsor, président de Chambres d'agriculture France.

Gestion collective

Ce grand cycle de l'eau doit tenir compte du volume de précipitations qui tombe chaque année sur la France. «Nous sommes le deuxième pays européen en termes d'abondance en eau», a certifié Éric Frétillère. Or, l'eau constitue le levier indispensable pour atteindre la souveraineté alimentaire. «C'est même notre meilleure assurance récolte», a renchéri Pierrick Ho-rel, président des JA qui plaide comme ses coreligionnaires pour «sécuriser la ressource». Il est vrai que sur les 510 milliards de mètres cube d'eau déversés chaque an-née en France, l'agriculture n'en consomme que 4 milliards, soit autant que les besoins de la population française pour son eau potable et ses usages courants. Quand bien même 60 % des précipitations annuelles repartent à la nature, les capacités de stoc-kage restent importantes. «Il nous faut entrer dans une démarche de gestion collective», a indiqué Dominique Chargé, président de La Coopération agricole. Lors du dernier congrès des maïsiculteurs à Orléans, Irrigants de France avait souligné que les barrages étaient l'une des voies à privilégier notamment parce qu'ils répondent à de multiples usages : eau potable, irrigation, énergie (électricité), biodiversité, tourisme etc. Ce-pendant, «pas question de faire n'importe quoi et n'importe où en termes de stockage», a prévenu Éric Frétillère, «favorable à ce que la politique de l'eau soit adaptée à chaque territoire». Les réflexions des six organisations porteront aussi sur la qualité de l'eau qui reste un point de friction avec l'administration et les écologistes, car les produits phytosanitaires sont «indispensables à la souveraineté alimentaire» ont rappelé les dirigeants agricoles. Sébastien Windsor n'a pas manqué de rappeler tous les efforts réalisés ces dernières décennies par les agriculteurs. Selon les données de FranceAgriMer, l'usage global des produits phytosanitaires a diminué d'environ 30 % entre 2000 et 2020.

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