L'Oise Agricole 14 mars 2020 à 16h00 | Par Alix Penichou

Agriculteurs, décidez de gagner du temps !

Des agriculteurs débordés, il y en a beaucoup. Mais combien prennent le taureau par les cornes pour changer ? Sophie Marçot, auteure de «J'ai décidé de gagner du temps», donnait quelques clés lors de l'AG d'ACE.

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Sophie Marçot : «Les agriculteurs ont trop de choses dans la tête,
sur le bureau, dans l'atelier, trop d'heures par jour et de jours par an.
Il ne revient cependant qu'à eux de changer.»
Sophie Marçot : «Les agriculteurs ont trop de choses dans la tête, sur le bureau, dans l'atelier, trop d'heures par jour et de jours par an. Il ne revient cependant qu'à eux de changer.» - © Alix Penichou

«Ce n'est pas parce qu'une exploitation est vivable qu'on s'y épanouit. Or, l'épanouissement personnel est un enjeu essentiel de la pérennité des structures». Sophie Marçot, consultante en organisation du travail et auteure du livre J'ai décidé de gagner du temps, plantait le décor lors de l'assemblée générale d'ACE. Elle dresse un constat : «Les agriculteurs en ont trop (trop de choses dans la tête, sur le bureau, dans l'atelier, trop d'heures par jour et de jours par an), et tout le temps.» Il ne revient cependant qu'à eux de changer. Encore faut-il savoir comment.

L'experte propose d'agir avec méthode, en cinq étapes et avec des moyens faciles à mettre en oeuvre. Première étape : s'écouter. «Il faut comprendre quel est le problème. Où ai-je mal ? Une feuille blanche et un stylo suffisent à se lancer, mais il est parfois nécessaire de se faire accompagner afin de se poser les questions qui permettront de mettre des mots sur son ressenti», explique-t-elle. Il s'agit ensuite de s'inspirer. «Et si c'était possible ? Le changement vient souvent d'un déclic, d'une remarque d'un stagiaire ou d'une personne extérieure à la ferme.»

Vient ensuite l'action concrète : décider de changer. Même s'«il y a parfois des avantages à être débordé. Les gens n'osent pas vous déranger, par exemple». Il faut alors viser : se fixer un objectif qui soit atteignable. Sophie Marçot conseille «de petits objectifs à fêter quand ils sont atteints pour se donner de l'impulsion ! Par exemple, ranger son bureau est un objectif trop grand. Commencez par vous fixer celui de trier la pile des factures.» Dernière étape : agir. Il s'agit cette fois d'«optimiser avant d'investir». «Commencez par utiliser ce que vous avez, en termes de matériel, de main-d'oeuvre... Et chassez les gaspillages de temps !» Les clés : se fixer des priorités, communiquer, anticiper, planifier, écrire pour se libérer de la charge mentale, trier, ranger - «les agriculteurs sont de vrais chercheurs... de clé de 13 surtout !», plaisante Sophie Marçot, qui ajoute : «chercher des choses non rangées est une perte de temps incroyable». Il s'agit aussi d'apprendre à dire non, de déléguer en acceptant que le travail soit fait différemment, «voire mieux», structurer, cadrer, en s'imposant des horaires, prendre en compte le travail dans les projets et, enfin, optimiser le fonctionnement des équipes. «Tout le monde rêve d'une équipe soudée où chacun s'épanouit. Plus on travail en amont, quand tout va bien, plus efficace on sera.» Il s'agit alors de définir qui est dans le groupe ? Où va le groupe ? Qui fait quoi ? Quels lieux, quels moments et quels outils de communication ? Quels critères pour évaluer les actions ?

Ces questions valent aussi pour les salarié. Le management est parfois un point faible de l'agriculteur qui n'a pas été formé à encadrer une équipe. Il est pourtant un levier d'amélioration, au travers de l'écoute et de la communication : «Vous vous demandez comment motiver votre salarié ? demandez-lui !» Le passage des consignes est également à soigner. Par exemple, une image est souvent plus efficace qu'un texte.

En résumé, «changer d'organisation sans gros investissement est possible, en procédant avec méthode et en optimisant ce que l'on a déjà». Cela nécessite toutefois d'accepter de lever la tête du guidon, de se poser pour gagner du temps à long terme, d'utiliser des yeux extérieurs, de procéder par étape et, surtout, «d'oser faire».

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