L'Oise Agricole 23 octobre 2020 à 12h00 | Par A.P.

La Centrale biométhane en vermandois, un exemple de projet abouti

La démarche Filabiom est issue du projet Réseau de sites démonstrateurs IAR (2015-2020). Parmi les sites pilotes : la Centrale biométhane en vermandois, à Eppeville.

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L’unité de biométhane d’Eppeville est taillée pour valoriser 35 t de matières organiques et pour produire près de deux millions de m3 de biométhane par an.
L’unité de biométhane d’Eppeville est taillée pour valoriser 35 t de matières organiques et pour produire près de deux millions de m3 de biométhane par an. - © Archives AAP

Il a fallu essuyer quelques plâtres avant de parvenir à une méthode opérationnelle de construction de projet de bioéconomie telle que Filabiom. Plusieurs sites pilotes ont été étudiés dans le cadre du projet Réseau de sites démonstrateurs IAR d’Agro-Transfert entre 2015 et 2020. Parmi eux, la Centrale biométhane en Vermandois (CBVER), à Eppeville.

«Elle a été initiée en 2011, et la première injection du premier m3 de biométhane a été effectué en 2016», résume Maxime Giraudet, chef de projet chez Vol-V biomasse, société spécialisée dans la production d’énergies renouvelables qui encadre le projet. Les acteurs principaux sont trente agriculteurs et des industries agroalimentaires. «Nous voulons aussi développer des partenariats avec des collectivités locales pour valoriser des gisements organiques de communes locales.» Il faut dire qu’il faut l’alimenter, ce méthaniseur aux énormes ambitions. La production de biométhane est prévue à 1 815 000 m3 par an (avec l’atteinte d’un débit moyen de 220 m3/h). À la base, le fonctionnement était basé sur un échange paille-digestat. Du pain béni pour les agriculteurs. «C’est important pour nous, car nous n’avons plus d’élevage dans notre secteur. Grâce à cette unité de biométhane, on peut récupérer de la matière organique. Par ailleurs, le gaz étant injecté dans le réseau de notre territoire, on participe directement à la valorisation de nos produits agricoles», expliquait Philippe Vandermeir, l’un des agriculteurs impliqués dans le projet, dans nos colonnes en avril 2018.

Leur mission est de fournir

3 000 tonnes de matières organiques par an. Stockées dans trois cuves de digestion (deux digesteurs et un poste de digesteur, d’une capacité de 2 000 m3 chacun), les matières organiques passent une quarantaine de jours dans les digesteurs, puis une vingtaine de jours dans le poste de digesteur jusqu’à ce qu’elles soient complètement dégradées du fait de leur fermentation, ce qui permet d’obtenir du biogaz. La matière est ensuite dirigée dans un séparateur de phase d’où sortiront un digestat liquide et un digestat solide, qui serviront d’engrais aux agriculteurs. Quant au biogaz, riche en méthane (à hauteur de 55 à 66 %), il est filtré pour devenir du biométhane. Le gaz transite ensuite au poste GrDF de la centrale, où il est traité pour être adapté afin d’être au même niveau que le gaz GrDF.

Quand l’objectif de production, soit presque deux millions de m3 de biométhane sera atteint à partir des 35 000 tonnes par an de matières organiques, cette production permettra de répondre à la consommation domestique de gaz de la population d’Eppeville, soit deux mille habitants. «Pour développer cet apport de matière organique, nous avons suggéré aux agriculteurs partenaires de développer des cultures énergétique, ajoute Maxime Giraudet. La condition est évidemment de ne pas nuire à l’exploitation au niveau économique ni agronomique.»

D’autres sites pilotes

D’autres sites ont permis au projet Réseau de sites démonstrateurs IAR de construire la méthode Filabiom, comme le projet agro-matériaux de la Calira (Coopérative agricole linière de la région d’Abbeville) et de Plastitek, entreprise du secteur spécialiste de l’injection plastique bi-matière. «Nous voulions valoriser les 120 t par jour d’anas de lin issus du teillage», confie Vincent Delaporte, directeur de la coopérative. Ces anas de lin servent désormais à construite des objets du quotidien, comme des brosses pour les WC. Autre exemple : la filière bois-énergie mise en place par l’Ucac (Union Coopérative Avrigny Clermont), dans l’Oise. «Nous voulions apporter de nouvelles rémunérations aux agriculteurs, explique Nicolas Raimbert responsable qualité et activité énergie à l’Ucac. On s’est rendu compte que bon nombre d’entre eux avaient des stocks de bois qu’ils ne savaient pas valoriser. On a créé une filière pour transformer le bois en copeaux et approvisionner les chaudières.» Pour sécuriser la filière, L’Ucac a incité ses adhérents à mettre en place des taillis à très courte rotation de saules.

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