L'Oise Agricole 04 avril 2019 à 09h00 | Par Dorian Alinaghi

Le Rhizome fait renaître les saveurs

Claire et Samuel, un jeune couple picard, sont lauréats du concours «J’aime mon territoire» organisé par le Crédit agricole Brie-Picardie. Ils ont ouvert un restaurant Le Rhizome où l’on mange local et de saison pour retrouver la fraîcheur des aliments et les saveurs du terroir.

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Claire et Samuel vous attendent au Rhizome pour vous faire déguster les produits du terroir.
Claire et Samuel vous attendent au Rhizome pour vous faire déguster les produits du terroir. - © Agence de presse

Commencez par une entrée de noix de Saint Jacques aux navets nouveaux et jus de cresson ; poursuivez avec un magret de canard et betteraves ; et continuez votre gourmandise avec une glace au foin, crème à la bière et meringue. Bienvenue au Rhizome !

Ce restaurant locavore, situé à Compiègne, a pour ambition de refaire découvrir le goût des aliments à travers des produits 100 % locaux. «On a choisi le parti-pris de travailler uniquement des produits régionaux. Cela s’inscrit dans une tendance de consommation durable, d’un retour aux sources et au naturel» explique Claire, la co-gérante du restaurant.

Cet établissement, ouvert depuis juillet 2018, est tenu par un jeune couple de 28 ans. Ayant fait leurs armes dans différents restaurants étoilés de l’Hexagone, ils se définissent comme globe-cooker des aliments du terroir. «Nous proposons une cuisine gastronomique locale, vivante et de saison. J. Brunhes, géographe français disait «Manger, c’est incorporer un territoire», alors nous considérons qu’en temps de crise économique et environnementale, il est de notre responsabilité d’assurer la pérennité du terroir. Nous faisons notre maximum pour l’économie locale : des produits frais produits à moins de 250 km, de la vaisselle fabriquée artisanalement en baie de Somme. Et le tout fait 100 % maison» affirme-t-elle.

Le restaurant se définit également comme le rhizome. Cette tige souterraine est remplie d’énergie chez certaines plantes. Il trouve sa place dans l’environnement : il le nourrit et l’enrichit. L’idée de l’établissement est de renouveler constamment les plats en fonction des produits proposés par les producteurs et maraîchers.

«Pour nous, il est important d’apporter la même importance à nos producteurs et à nos clients, chaque acteur a autant de valeurs. De plus, nous avons fait le choix de se focaliser sur l’agriculture biologique ou raisonnée afin d’être en harmonie avec nos saisons. Et cela apporte une cuisine qui a du goût» confirme Samuel, l’autre co-gérant du Rhizome. Il poursuit : «on n’établit pas notre menu à l’avance sans savoir ce que l’on aura comme produits. En règle générale, notre menu change toutes les deux semaines».

Une recette qui fait mouche

Depuis l’ouverture de ce restaurant, les commentaires sont élogieux : «Accueil parfait... cadre extrêmement sympa... service impeccable (grand soin pour mon intolérance au gluten)... cuisine excellente» ou bien «Des produits de grande qualité, sublimés par un excellent travail en cuisine. Une carte courte, résolument locale et saisonnière» ou tout simplement «parfait».

Ces deux locavores veulent garder le cap de la bonne bouffe. «Peu importe l’endroit où l’on travaille, il faut savoir cuisiner tout ce qu’il y a autour de nous. Cela permet aussi de redynamiser l’économie locale et de faire vivre les producteurs au juste prix. Nos vins sont biologiques, l’eau est micro-filtrée, on essaye vraiment de donner la meilleure cuisine mais aussi la plus logique qui soit» ajoute-t-il.

En toute simplicité, les plats ne dépassent pas plus de trois ingrédients afin de ne pas dénaturer le goût. «Nous allons souvent chez les producteurs afin de savoir comment sont plantés les légumes, le goût que cela peut avoir. Par exemple, nous collaborons avec l’herboriste Sylvie Nève, du Jardin d’Even. On travaille ses plantes en cuisine, on trouve notamment un mélange de plantes qui a un goût de curry. On arrive tout de même à mettre un peu d’exotisme dans nos plats (rire)» se réjouit Claire.

Après quelques mois d’ouverture, ils ont une clientèle d’habitués et le bouche-à-oreille s’intensifie. Leur savoir-faire et leur vision sont valorisés. «Nous espérons être un exemple de réussite économique, sociale et environnementale. Avec notre restaurant locavore, nous souhaitons faire évoluer les mentalités sur la consommation locale pour ainsi encourager le développement des circuits courts pour un partage plus juste des ressources.» conclut Claire. Curieux ou amoureux des produits locaux, découvrez la cuisine locale et accessible au Rhizome et bon appétit !

Opération «J’aime mon territoire»

Accompagner les initiatives associatives et entrepreneuriales du territoire qui portent une dimension de circuits courts, de développement durable ou encore de grande proximité avec le monde agricole, telle est l’intention du Crédit agricole Brie-Picardie. Pour ce faire, deux concours ont été lancés, l’un à destination des associations, «J’aime mon association», et l’autre à destination des entreprises, «J’aime mon territoire». Si «J’aime mon territoire» a été mis en place dès 2015, le dispositif s’est étoffé l’an dernier avec l’ouverture du vote des sociétaires du Crédit agricole Brie-Picardie à partir d’une plateforme mise en place sur le site internet de la banque. Autre volet, et nouveau : la possibilité pour tous les habitants de l’Oise, de la Somme et de la Seine-et-Marne, comprenez clients et non-clients de la banque, de participer sur la plateforme internet du Crédit agricole à l’élection de projets associatifs innovants dans le cadre «J’aime mon association». Au final, près de 50.000 internautes, dont 10.000 sociétaires, se sont mobilisés pour élire leurs coups de cœur, soit dans le cadre du concours «J’aime mon association», soit dans celui de «J’aime mon territoire». Et 164.000 € de dotations seront versées à douze associations et neuf entrepreneurs pour réaliser ou accompagner leurs projets. Plus précisément, les trois premières associations de chacune des catégories (culture et patrimoine/environnement ; insertion sociale et économique/solidarité ; santé ; et sport) ont remporté une prime pouvant aller jusqu’à 2.000 €, tandis que les entrepreneurs se voient verser jusqu’à 25 % de leur plan de financement.

Les lauréats de l’Oise

Pour participer au concours «J’aime mon territoire», les candidats devaient répondre à plusieurs critères : localisation de l’entreprise dans la Somme, l’Oise ou la Seine-et-Marne ; être en cours de création ou avoir moins d’un an d’activité ; avoir un projet agricole, ou de commerce de proximité ou de développement durable. Le tout sans nécessité pour ces entreprises d’être clientes du Crédit agricole. Près de trente dossiers ont été déposés. Mais, à la différence du concours «J’aime mon association», une présélection a été faite des dossiers présentés dans le cadre de «J’aime mon territoire». «Il nous fallait vérifier la viabilité du projet, et que celui-ci s’insérait bien dans les valeurs que nous défendons. Ensuite, une présélection a été faite par un jury composé de collaborateurs et d’administrateurs de la banque, ainsi que des candidats de la précédente édition. Au final, ce sont neuf dossiers qui ont été sélectionnés, puis soumis au vote des sociétaires du Crédit agricole via la plateforme «J’aime mon territoire»», détaille Sandra Chevalier, chargée de mission au Crédit agricole Brie-Picardie.

Le premier lauréat est Océan Solution Energie, une entreprise qui a pour but de vendre de l’électricité de source renouvelable produite par une centrale hydroélectrique flottante utilisant le courant de l’eau rejetée en aval des barrages hydroélectriques. Arrivé en deuxième position, le restaurant Rhizome. Et le dernier lauréat qui ferme le podium est l’Hermitage. C’est une coopérative d’innovation économique, associative et écologique qui développe et accompagne des projets d’intérêt collectif pour le territoire.

Concrètement, la carte sociétaire du Crédit agricole Brie-Picardie permet à ses porteurs de contribuer à la réalisation de projets de développement local et ce, sans frais supplémentaires pour eux. À chacun de leur retrait ou paiement, la caisse régionale verse un centime d’euro sur un fonds destiné aux entrepreneurs du territoire. À l’heure où les marches pour le climat se multiplient dans toute l’Europe, la valeur verte est plus que d’actualité. Et implique que chacun peut y contribuer, à son échelle.

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