L'Oise Agricole 25 juillet 2019 à 09h00 | Par Dorian Alinaghi, Dominique Lapeyre-Cavé

Moisson 2019 : les blés sont, pour le moment, au rendez-vous

Pour le moment, la moisson 2019 serait une agréable surprise en termes de quantité? mais pas de qualité. Cependant, toutes les récoltes n’ont pas été terminées.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
- © jc Gutner

Cette année, le climat a encore joué des siennes et continue à faire trembler les agriculteurs. Cependant, les rendements sont au-delà des espérances ! Petit couac, la qualité est moins bonne, particulièrement au niveau des protéines. La moisson n’a débuté que depuis quelques semaines, les résultats ne sont pas définitifs.

La coopérative Agora, en plein boum de la moisson, présente des résultats satisfaisants. «Pour les rendements d’orges d’hiver et de pois, les rendements sont assez corrects (donnés dans l’hebdomadaire 1384). Aujourd’hui, nous n’avons encore aucun résultat concernant le colza. Cependant, nous sommes bien avancés sur les blés. Malgré les hétérogénéités selon les secteurs, le rendement est supérieur à la moyenne de cinq ans, et la qualité répond aux critères du marché export» affirme Amandine Bannery, responsable marketing et communication à la coopérative Agora.

Elle ajoute par la suite : «Guillaume Paepegaey, responsable céréales à Agora, a mis en place une application pour les adhérents afin de suivre la livraison des bennes. Par la suite, les adhérents recevront les données qualitatives et quantitatives sur leurs récoltes. Je tiens également à ajouter que Thierry Dupont, président de la coopérative, soutient les décisions prises par la préfecture sur les mesures préventives en plaine pour éviter les incendies. Pour la sécurité, Il faut prévoir un outil de déchaumage attelé dans la parcelle (battage, pressage...) et d’avoir des extincteurs pour éviter ces catastrophes.»

Si, dans le secteur de l’Ucac, les escourgeons sont terminés avec un rendement moyen de 87 quintaux/ha, le 22 juillet, la coopérative n’avait reçu qu’un tiers des colzas et moins de la moitié des blés. Pour les premiers, Denis Grison, le directeur de la coopérative, se montre prudent : «Ce sera sans doute une année moyenne car il y a vraiment de mauvaises parcelles et les rendements seront particulièrement hétérogènes. Et puis, seul un tiers est récolté.» Les premiers blés sont la bonne surprise de cette moisson ; au point que la coopérative espère que 2019 sera supérieure à sa moyenne habituelle qui tourne autour de 85-87 quintaux. De plus, la qualité semble au rendez-vous. Côté pois, si ceux d’hiver sont récoltés, un quart de ceux de printemps n’était pas récolté ce 22 juillet. Mais les rendements «ne sont pas mauvais» selon le directeur.

Chez Valfrance, la moisson bat aussi son plein, mais est plus avancée puisque 65 % des surfaces étaient déjà récoltés à cette date. Là aussi, le sourire est sur les lèvres. «Les rendements blés sont bons et nous devrions être supérieurs à la moyenne des 5 dernières années» se réjouit Simon Verger, responsable commercialisation. De même, avec une moyenne en protéines supérieure à 11 et des poids spécifiques autour de 80, la qualité sera de la partie ! Seuls les colzas devraient rester très moyens, entre 25 et 35 quintaux, «rien d‘exceptionnel». Les pois, d’hiver ou de printemps, devraient aussi donner des résultats satisfaisants.

La carte Moisson Live de comparateuragricole.com, en partenariat avec Terre-net Média, indique une récolte disparate selon les secteurs du département. Par exemple, à Bonneuil-les-Eaux, le blé Boregard atteint un rendement de 70 quintaux avec un poids spécifique de 79 kg/hl et 11 % de protéine.

À Gilocourt, Creek a un rendement de 98 quintaux avec un poids spécifique de 82,3 kg/hl et 12,6 % de protéine. À Frétoy-le-Château, Extase sort à 119 quintaux avec un poids spécifique de 82 kg/hl et 10 % de protéine. Les données proviennent d’agriculteurs qui partagent leurs rendements sur la carte interactive «Moisson Live».

 

François Lefèvre, agriculteur bio au Plessier-sur-Saint-Just, entame sa moisson avec une parcelle de Ghayta.
François Lefèvre, agriculteur bio au Plessier-sur-Saint-Just, entame sa moisson avec une parcelle de Ghayta. - © Dominique Lapyre-Cavé

«Mes récoltes s’annoncent plutôt bien»

En ce mercredi 24 juillet, François Lefèvre, agriculteur au Plessier-sur-Saint-Just, vient tout juste de commencer sa moisson. Certes, il travaille en commun avec son cousin Éric et ils ont commencé chez lui au début de la semaine. Mais, surtout, converti au bio depuis 2010, François Lefèvre a un assolement bien différent de ses collègues agriculteurs en conventionnel. Au programme de cette moisson 2019, par ordre d'apparition dans la trémie : du blé, du triticale, du petit épeautre et des lentillons. «Comme pour tout le monde, la moisson est un moment clé car c'est là que nous mesurons les résultats de l'année. Mais c'est aussi l'occasion de s'interroger sur la conduite culturale que j'ai menée. Le bio, c'est cela : on se remet toujours en cause et c'est d'ailleurs pour cela que c'est passionnant», sourit l'agriculteur.

Pour le moment, la première parcelle de blé n'a pas été formidable, «Je m'y attendais, mais la parcelle de Ghayta, variété que j'essaie pour la première fois, me paraît plutôt bien.»

François Lefèvre atteint généralement des rendements de 40 ou 45 quintaux, une bonne performance en bio.

La moisson se fait en commun avec son cousin grâce à une Claas 750, louée à La Motoculture. «Finalement, ce système de location est plutôt intéressant car cela permet d'avoir tous les trois ans une machine performante, avec toutes les améliorations récentes. C'est d'autant mieux qu'entre les parcelles en conventionnel de mon cousin à 90 quintaux et les miennes en bio, la machine doit s'adapter à toutes sortes de débit de chantier.» Du coup, cahier des charges bio oblige, un nettoyage scrupuleux doit être réalisé entre les chantiers en conventionnel ou en bio. «Le protocole de nettoyage de la machine et des remorques est précis. La batteuse est ouverte en grand, elle tourne à vide pour évacuer les poussières, elle est soufflée et un puissant aspirateur fait le tour de tous les organes : trémie, chaînes, coupe, convoyeur...» Pour éviter de trop souvent nettoyer, deux jours de travail chez François Lefèvre et deux jours chez Éric. «Mon cousin est en cours de conversion sur une partie de son exploitation et en agriculture de conservation pour le reste.» Le bio, une affaire de famille !

Robin Leduc est raisonnablement optimiste pour la moisson 2019.
Robin Leduc est raisonnablement optimiste pour la moisson 2019. - © Dominique Lapeyre-Cavé

«Des premiers blés plutôt encourageants»

À 26 ans, installé depuis juillet 2015 à Canly sur une exploitation de grandes cultures, Robin Leduc a entamé sa moisson la semaine dernière par des blés qui l’ont agréablement surpris. «C’est une parcelle de sables brûlants et j’ai quand même fait 77 quintaux, avec un PS de 82,5 et une teneur en protéines de 12,3. Est-ce parce que c’était un mélange de quatre variétés fourni par Agora ? Sans doute que c’est adapté à des terres de qualité moyenne. Toujours est-il que je suis très content. Mais cela ne présage sans doute pas de la suite» tempère le jeune exploitant.

«Pas de miracle en vue pour mes colzas qui ont subi des gelées printanières et des attaques de méligèthes. Même avec 25 quintaux, je m’en tirerai à bon compte ! J’ai joué de malchance cette année : j’avais semé des féveroles avec mon colza comme plantes compagnes et, comme il n’a pas fait froid cet hiver, elles n’ont pas gelé alors que c’est le colza qui a gelé au printemps !»

Robin Leduc travaille en commun avec Hubert Fréville, exploitant à Grandfresnoy. Ils achètent le matériel ensemble et réalisent les chantiers de concert. «Pendant la moisson, chacun conduit la machine, une axiale de chez Case IH, quand c’est chez lui que l’on bat. Cela permet d’amortir plus rapidement le matériel.» D’ailleurs, la moisson a également bien démarré chez son collègue avec des rendements en blé autour de 90-95 quintaux. Robin Leduc espère que ces bonnes performances continueront avec les blés plus tardifs, mais il est plus dubitatif. «On a quand même eu un peu d’eau au remplissage des grains, mais le coup de chaud pourrait avoir fait des dégâts. Dans quelques jours, je pourrais vous en dire plus.»

Sur les 230 ha que Robin Leduc et Hubert Fréville ont à battre, 45 ha avaient déjà été récoltés les deux premiers jours de moisson. C’étaient pourtant des petites journées, le taux d’humidité trop élevé ayant limité les heures de travail. Sinon, en 8 ou 10 jours de travail, tout sera plié, même s’il y aura sans doute un peu d’attente avant de commencer les orges de printemps. Les livraisons de grains se font au dépôt Agora de Canly, à l’Ucavo à Longueil-Sainte-Marie ou chez Ternoveo à Pont-Sainte-Maxence, sans trop de difficulté de circulation. Pourvu que ce bon début de moisson persiste, il faut y croire.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

BERTRAND (40) | 25 juillet 2019 à 10:42:27

Nos colzas ont tourné autour de 45-50 qx pour les très bien menés..

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Oise Agricole se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 22 unes régionales aujourd'hui