L'Oise Agricole 28 février 2019 à 09h00 | Par Dominique Lapeyre-Cavé

Plus d'adéquation entre besoins de main-d'oeuvre et formations

Lundi dernier, la Chambre d'agriculture de l'Oise et la MFR de Saint-Sulpice ont échangé afin de mieux cerner les besoins des exploitants en main-d'oeuvre et les offres de formation de l'établissement.

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Fabrice Riquier, directeur de la Chambre d'agriculture de l'Oise, Carole Andrieux, directrice de la MFR de Saint-Sulpice, et Christophe Beeuwsaert.
Fabrice Riquier, directeur de la Chambre d'agriculture de l'Oise, Carole Andrieux, directrice de la MFR de Saint-Sulpice, et Christophe Beeuwsaert. - © Dominique Lapeyre-Cavé

Fabrice Riquier, le directeur de la Chambre d'agriculture de l'Oise, Christophe Beeuswaert, responsable agricole bien connu, et Carole Andrieux, directrice la Maison familiale rurale de Saint-Sulpice, ont brossé les contours des partenariats à mettre en place pour mieux répondre à une problématique simple. D'un côté, des exploitants agricoles qui peuvent de moins en moins compter sur la main-d'oeuvre familiale. «Avant, dans les élevages, les parents retraités continuaient à assurer la traite et les soins aux animaux et, pendant la moisson, les frères et soeurs venaient aider. Ce modèle a vécu et les jeunes générations aspirent à avoir un mode de vie semblable à celui de leurs amis. Avec la fin du bénévolat familial, il va falloir trouver d'autres solutions si on veut que notre modèle d'agriculture perdure» constate Christophe Beeuwsaert.

«Dans cette situation, il n'y a que trois solutions : ou l'exploitant simplifie ses techniques de production, quitte à perdre en rentabilité ; ou, au contraire, il investit dans du matériel haut de gamme, type robot de traite ; ou, enfin, il emploie un salarié dont les exigences de qualification seront de plus en plus en grandes. Demain, nous pourrons avoir besoin de salariés capables de programmer un robot de désherbage !» renchérit Fabrice Riquier.

À l'occasion des assemblées générales de syndicats locaux de la FDSEA 60, la question a été posée aux agriculteurs sur les problématiques de main-d'oeuvre et Carole Andrieux, à l'initiative de son président de MFR, Roger Vannier, avait été conviée pour échanger avec les agriculteurs sur ce point.

Elle a ainsi été rassurée sur les choix faits par la MFR d'avoir deux bacs professionnels en conduite et gestion d'exploitation agricole (CGEA) et en agro-machinisme, une orientation particulièrement prisée par les enfants d'exploitants agricoles. Mais, pour porposer une solution aux élèves qui, à l'issue de leur quatrième et de leur troisième, ne pourraient pas poursuivre en bac professionnel, la MFR de Saint-Sulpice a choisi de mettre en place, pour la rentrée 2019, deux CAP : un sur les métiers de l'agriculture, avec une déclinaison grandes cultures et une autre, dédiée aux ruminants (ovins et bovins) et un en jardinage-paysagisme. «Nous devrions ainsi éviter que des élèves ne sortent du système scolaire à la fin de la troisième» espère Carole Andrieux. De même, ces CAP peuvent être suivis par des adultes, parfois en reconversion professionnelle, jusqu'à l'âge de 29 ans (âge limite pour être apprenti à ce jour).

L'avantage de ces formations, c'est qu'elles sont dispensées par apprentissage. La MFR de Saint-Sulpice travaille avec de nombreux agriculteurs maîtres d'apprentissage agréés qui, s'ils sont satisfaits de leur apprenti, les embauchent parfois à l'issue de leur formation.

Des formations tout au long de sa carrière

Mais, avec l'évolution constante des matériels et les besoins accrus en main-d'oeuvre qualifiée, des formations doivent pouvoir être suivies par des professionnels, agriculteurs ou salariés agricoles. Ainsi, la Chambre d'agriculture de l'Oise, dans son offre, propose des stages en soudure, hydraulique ou maçonnerie grâce à un partenariat avec la MFR de Saint-Sulpice qui met à disposition son atelier équipé et ses formateurs. Exploitants et salariés peuvent ainsi venir suivre des stages d'un ou deux jours. Une démarche gagnant-gagnant dont se félicitent Carole Andrieux et Fabrice Riquier car collant bien aux besoins des professionnels.

Reste à faire évoluer le statut de l'apprenti et notamment repousser l'âge limite car «on peut vouloir changer de métier au cours de sa carrière et l'alternance est un bon moyen pour s'insérer dans un nouvel univers professionnel». Et puis, alors que des besoins en main-d'oeuvre sont là et difficiles à satisfaire, il faudrait pouvoir changer l'image du salarié agricole. Car «une fois que les premiers cours et périodes de stage sont commencés, les jeunes sont généralement très accrochés par ce métier concret, lié à la nature» se réjouit Carole Andrieux. Un premier pas à franchir, que les nombreuses portes ouvertes organisées sont là pour aider à franchir.

Portes ouvertes

La MFR de Saint-Sulpice vous ouvre ses portes :

- le samedi 16 mars

- le samedi 18 mai

- le samedi 15 juin

de 10 à 17 h.

www.mfrstsulpice.com

mfr.stsulpice@mfr.asso.fr

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