L'Oise Agricole 30 juillet 2020 a 08h00 | Par Dominique Lapeyre-Cavé

Point post-moisson sur l’arrondissement de Clermont

À l’initiative de Denis Pype, agriculteur à Ourcel-Maison et responsable Groupama, une délégation agricole du secteur a accueilli Michaël Chevrier, sous-préfet de Clermont, sur la ferme polyculture-lait de Nicolas Demazure, à Thieux.

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Visite agricole pour le sous-préfet de Clermont.
Visite agricole pour le sous-préfet de Clermont. - © DLC

Les agriculteurs présents étaient Sylvain Versluys, Patrice Maillard, Jean-Pierre Ricard, Alexandre Dugroprez, Régis Desrumaux, Denis Pype bien sûr, et Nicolas et Maryline Demazure, les hôtes du jour. L’objectif était, en cette fin de moisson, de dresser le constat et surtout de brosser tous les dossiers agricoles qui fâchent.

Même si le point moisson allait surtout être développé lors d’une rencontre dans la foulée, au silo de Froissy, avec le président d’Agora, Thierry Dupont, les responsables ont fait part des résultats globalement très moyens, voir catastrophiques dans certains secteurs. L’accent a été mis sur le manque d’eau qui a pénalisé le développement des cultures. Et de s’interroger sur la possibilité de stocker l’eau en excès l’hiver pour l’utiliser l’été, grâce à des retenues collinaires. «Le sujet de l’eau sera le grand sujet des années à venir», soulignait Denis Pype.

Les betteraves sucrières ne souffrent pas que du manque d’eau, elles ont été victimes d’attaques de pucerons, parfois vecteurs de la jaunisse. L’arrêt des néonicotinoïdes oblige les agriculteurs à faire deux ou traitements insecticides au champ, défavorables aux auxiliaires et qui fâchent parfois les riverains. «On marche sur la tête, on n’a jamais vu d’abeilles butiner des fleurs de betteraves ! Et pendant ce temps, les autres pays continuent à en utiliser !», désolent les producteurs présents.

Élevage pas mieux

Les responsables agricoles ont fait part de leur inquiétude quant à l’avenir de la filière betteravière dans l’Oise. Cette impasse technique et la guerre que se livrent les groupes sucriers ont considérablement entamé la rentabilité de la culture de la betterave et nombreux sont les agriculteurs qui ne vont plus en produire ou moins. Sans compter que les éleveurs utilisent les pulpes pour nourrir leur bétail et que si la filière va moins bien, c’est une source d’alimentation qui va disparaître. Nicolas Demazure témoignait de l’augmentation du prix de la pulpe depuis quelques années. Si la production laitière va un peu mieux qu’il y a quelques années, c’est la viande qui va mal, avec des prix producteurs au plus bas. Et des veaux laitiers qui ne trouvent pas à être engraissés.

Autre sujet chaud, les relations avec les chasseurs, «mais qui tendent à se stabiliser». La cause en est les dégâts de gibier, toujours plus importants. Et d’autant en cette année de crise sanitaire où les renards, les blaireaux et les corbeaux ont particulièrement prospéré. Sans compter sur les sangliers dont la population semble difficile à maîtriser.

Enfin, les ZNT (zones de non traitement) sont toujours un sujet d’incompréhension de la part des producteurs, tout comme la fin de l’utilisation du glyphosate. «Ici, on s’en sert en interculture, jamais sur des plantes cultivées, à des dosages qui n’ont rien à voir avec ce qui se pratique aux USA.» Et puis, il semble difficile de s’en passer dans des démarches comme l’agriculture de conservation des sols.

Michaël Chevrier s’est particulièrement montré intéressé par les sujets agricoles. Il a rappelé la volonté des services de l’Etat de travailler en bonne intelligence avec les responsables agricoles.

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