L'Oise Agricole 10 juillet 2020 à 16h00 | Par Franck Pia

Rencontre avec le ROSO lors du comité d’orientation agriculture-environnement

Le 24 juin dernier, Thierry Bourbier réunissait le comité d’orientation agriculture-environnement pour faire un point sur l’interdiction des néonicotinoïdes qui fragilise la filière betteravière.

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- © D.

En présence de Didier Mallé, Président du Regroupement des Organismes de Sauvegarde de l’Oise (ROSO), organisme qui milite en faveur de la protection de notre environnement et plusieurs représentants professionnels, Philippe Delefosse, responsable régional de l’Institut Régional de la Betterave (ITB), François Dumoulin, conseiller Chambre et expert en protection intégrée, membres de la Chambre d’agriculture dont Cédric Soenen, représentant la Chambre d’agriculture au Coderst et membres de la FDSEA de l’Oise, une discussion s’est engagée sur la nécessité d’obtenir une dérogation pour utiliser les néonicotinoïdes sur les cultures de betteraves. Accusés de contribuer fortement à la mortalité des abeilles, les néonicotinoïdes sont désormais interdits. Rappelons que cette interdiction met à mal les cultures de betteraves. La prolifération des pucerons dans les parcelles de betteraves ce printemps risque de menacer grandement les rendements. Si on ajoute les conséquences liées à la sécheresse et les cours qui restent à un niveau bas… la filière est tout particulièrement menacée, ce qui serait catastrophique pour notre région. Les alternatives aujourd’hui à l’utilisation des néonicotinoïdes sont la pulvérisation en végétation, traitement moins efficace, plus couteux et sans bénéfice pour l’environnement.

Il a été fait observé notamment que l’interdiction des néonicotinoïdes ne se justifiait sur des cultures comme la betterave qui ne fleurit pas. C’est pourquoi la profession demande une dérogation afin de pouvoir poursuivre l’utilisation des néonicotinoïdes sur les cultures qui n’ont pas de floraison en attendant d’avoir des solutions pour les remplacer efficacement. Si rien n’est fait nous risquons de fragiliser voire même de nuire gravement à la filière betteravière pourvoyeuse de nombreux emplois en amont et en aval. Cela est d’autant plus grave que les autres pays continuent à utiliser les néonicotinoïdes, ce qui créé des distorsions de concurrence inadmissible en défaveur de la France.

Daniel Mallé, Président du ROSO a bien pris en compte le problème posé mais qui relève maintenant d’une décision nationale sur laquelle il n’a pas prise. Toutefois il a proposé de pouvoir travailler avec la profession agricole sur les sujets environnementaux, ouvert aux échanges et à la nécessité de se rapprocher de la profession pour mieux se parler, mieux se comprendre sur ces questions d’environnement et pourquoi pas dégager des points de vue communs. Il a évoqué notamment la question de la consommation des espaces agricoles à travers la CDPENAF (commission départementale des espaces naturels agricoles et forestiers) mais aussi des sujets qui sont évoqués dans le cadre du Coderst (commission départementale d’environnement et des risques sanitaires et environnementaux). Il en est ainsi de, par exemple, de la suppression ou l’aménagement des ouvrages hydrauliques visant le rétablissement des continuités piscicoles mais impactant fortement les milieux humides et pouvant influer le niveau des cours d’eau. La profession agricole et le ROSO ayant des intérêts communs pourraient ainsi engager des démarches communes pour influer des décisions qui leur sont préjudiciables. C’est tout le pari de Thierry Bourbier. Cédric Soenen, représentant la Chambre d’agriculture attend toutefois pour sa part plus d’écoute et de compréhension de la part de cet organisme qui émet systématiquement des avis défavorables sur les dossiers d’élevage.

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