La situation géopolitique au cœur des discussions du Caf
La guerre au Moyen-Orient a provoqué une flambée des prix du pétrole et le blocage du détroit d’Ormuz tend les approvisionnements en engrais.

«Ce n’est pas la première crise énergétique que nous vivons, tente de rassurer Frédéric Bovet, secrétaire général de la préfecture de l’Oise. Il s’agit surtout pour nous d’éviter un phénomène de panique où, à cause d’amplifications médiatiques, des particuliers se ruent dans les stations-services afin de remplir des jerricans. Nous disposons de réserves stratégiques, donc d’un stock pour faire tampon et limiter l’impact sur les prix.»
Les 2 € le litre de gazole ne cessent pourtant pas d’inquiéter ! Et ils pourraient même être vite regrettés si le conflit israëlo-américano-iranien se poursuit encore plusieurs semaines. Le secrétaire général n’a pas voulu s’étendre sur les moyens dont dispose l’État pour limiter les répercussions dans le quotidien des Français (mais, aujourd’hui, en a-t-il vraiment ?), mais a tout de même annoncé la tenue d’un comité régional de l’énergie «pour évaluer l’impact sur les branches professionnelles et où la problématique agricole sera bienvenue.»
En attendant, certains semblent profiter de la situation du côté des fournisseurs d’énergie. «Je suis très en colère face aux prix des groupements de fuel qui explosent, aux rendez-vous fixés aux clients sans leur donner de prix. Ça résume assez bien l’état d’esprit de ces sociétés», accuse Régis Desrumaux, président de la FDSEA.
Tensions sur les approvisionnements en engrais
Pis, la tension monte encore d’un cran autour du détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite une part majeure du pétrole mondial, où les Etats-Unis affirment avoir détruit 16 bateaux iraniens poseurs de mines. «33 % du trafic mondial d’engrais minéraux passent par ce détroit, affirme Christophe Grison, président de la coopérative Valfrance. Il faut donc s’attendre à une hausse des prix, alors que la trésorerie de nos exploitations est déjà très tendue.»
Déjà, le prix par tonne d’urée a augmenté de près de 30 % entre la semaine du 27 février et celle du 6 mars. Pour le président de coopérative, «la situation actuelle justifie de revenir sur l’application en l’état du MACF. Une suspension est possible par le règlement MACF en cas de circonstances exceptionnelles.»
Cette «taxe engrais», en plus de l’explosion des prix de marché due à la rareté (+ 20 % à 35 % sur l’urée en quelques semaines), ajoute un coût calculé sur les émissions de CO2. Pour un agriculteur, cela se traduit par une hausse des charges d’intrants, alors que le prix de vente des céréales ne suit pas forcément cette courbe. Dans la conjoncture mondiale, ce mécanisme s’apparente finalement à une double peine fiscale.
La Commission européenne est actuellement sous la pression des États membres (menés par la France et l’Espagne) pour activer cette clause de sauvegarde et geler le mécanisme jusqu’à la fin de la campagne de semis 2026. Une option pour l’instant rejetée par Wopke Hoekstra, commissaire européen au climat.
En attendant, les OPA de l’Oise appellent à la vigilance face aux éventuelles situations de détresse dans les fermes et aux tensions qui pourraient apparaître dans les silos.
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