L'Oise Agricole 20 août 2020 à 10h00 | Par L'Oise Agricole

A l'export, l'UE largement distancée par la Russie

Premier pays exportateur de blé au monde, la Russie est d'ores et déjà en mesure de vendre hors de ses frontières jusqu'à 37,5 Mt d'ici la fin du mois de juin 2021.

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L’Union Européenne ne devrait pas cette année être en mesure de répondre pleinement aux demandes de pays tiers, ce qui fait les affaires de la Russie.
L’Union Européenne ne devrait pas cette année être en mesure de répondre pleinement aux demandes de pays tiers, ce qui fait les affaires de la Russie. - © Pixabay

Premier pays exportateur mondial de blé (37,5 Mt), la Russie est en première ligne pour approvisionner l'Afrique du Nord qui achètera 29 Mt de blé. Sur le marché de Rouen, le prix de la tonne de blé est passé sous le seuil de 180 E le 5 août dernier pour atteindre 178 E. Une semaine auparavant, la tonne de blé valait 185 E. Les spéculations redoublaient d'intensité.

Ces derniers jours, le nouveau rapport de l'USDA était attendu avec impatience avec en particulier la nouvelle estimation de la production de blé en Russie. Certains opérateurs la prédisaient à 79 Mt. Le 12 juillet dernier, l'USDA apporte une réponse partielle aux questions des opérateurs. L'organisme a réévalué de 1,5 million de tonnes (Mt) la production russe de blé même si la production de blé de printemps n'est pas mois-sonnée.

En conséquence, la Russie produirait 78 Mt. Premier pays exportateur de blé au monde, elle est d'ores et déjà en mesure de vendre hors de ses frontières jusqu'à 37,5 Mt d'ici la fin du mois de juin 2021 (+ 3,3 Mt par rapport à 2019-2020). Pour autant, la production mondiale de blé serait de 766 Mt et non plus de 769 Mt comme l'avait estimée l'USDA en juillet dernier. Le Pakistan et le Kazakhstan produiraient chacun 1 Mt de moins qu'escompté le mois dernier.

Et surtout, l'institut américain table dorénavant sur une production européenne de blé de 135 Mt (155 Mt en 2019-2020, Royaume Uni encore inclus). Si bien que le disponible exportable n'est plus que de 25 Mt (38 Mt en 2019-2020).

Pour sa part, l'Ukraine ne renouvellerait pas l'exploit de l'an passé. En conséquence, 187,6 Mt de blé seraient exportées dans le monde (- 2,32 Mt sur un an).

Importants besoins en Afrique du nord

Au côté des pays importateurs, l'USDA a peaufiné ses prévisions: l'Afrique du nord deviendrait de nouveau la première région importatrice de blé dans le monde. Les pays maghrébins achète-raient 29,5 Mt de blé (27 Mt en 2018-2019) d'ici le mois de juin 2020. L'Egypte importerait à elle-seule 13 Mt, soit plus d'1 Mt par mois.

La récolte de blé étant meilleure qu'escomptée en Algérie, seules 7 Mt en provenance de pays tiers seraient nécessaires pour approvisionner son marché intérieur. Mais de l'autre côté de la frontière, le royaume chérifien importerait jusqu'à 6,2 Mt. Les cultures de blé ont été ravagées par la sécheresse. Pourtant en première ligne pour approvisionner les pays de la rive sud de la Méditerranée, l'Union européenne et surtout la France ne seront pas en mesure de répondre pleinement aux demandes d'importations. La France (29,7 Mt) et l'Allemagne (20 Mt) font face à une baisse sen-sible de la production.

Cependant, le taux de protéines supérieur à 11,5 % et le bon poids spécifique (79 -80 gr) rend le blé français exportable. Toutefois, les monnaies jouent les troubles fêtes depuis quelques semaines, impactant fortement la compétitivité des céréales exportables. Le dollar perdu du terrain face à l'euro. L'euro vaut 1,18 $, soit 6 centimes de plus en un mois. Même les monnaies des pays émergents ont regagné du terrain sur le dollar. La situation économique aux Etats-Unis est bien plus dégradée que dans l'Union européenne et dans les autres grandes puissances économiques.

USA : réévaluation de la récolte de maïs

Autre inconnue de taille pour les prochaines semaines, la production de maïs récoltée dans l'hé-misphère nord. Hors Etats Unis, 782 Mt de grains seraient produites dans le monde, selon l'USDA. Mais ces prévisions ne prennent pas en compte la dégradation des conditions de culture dans l'Union européenne et en France (15 Mt environ) notamment.

Aux Etats-Unis, les bonnes conditions de cultures de maïs compensent partiellement la révision des surfaces intervenue en juin : 388 Mt de grains seraient produites (+ 7Mt en un mois) mais 406 Mt avaient été annoncées en juin dernier). Toutefois, ils seraient en mesure d'exporter 56,5 Mt, soit 8 Mt de plus que l'an passé. Avec l'Ukraine, les deux pays couvriront quasiment la moitié du marché de maïs à l'export. Mais les stocks de report américains (70 Mt) pourraient augmenter si la filière éthanol plonge en crise durablement.

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