L'Oise Agricole 08 mars 2019 à 17h00 | Par Dorian Alinaghi

À vos marques... prêts... partez voir l’exposition sportive

La choule, le jeu de paume, le jeu d’arc, l’Oise regorge de jeux anciens qui ont permis de créer les jeux modernes que l’on connaît aujourd’hui. Une exposition qui traverse le temps et l’espace du sport dans le département de l’Oise.

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Cette exposition permet d’apprendre que de nombreux sports modernes tiennent leurs origines de jeux plus anciens, certains très répandus dans l’Oise.
Cette exposition permet d’apprendre que de nombreux sports modernes tiennent leurs origines de jeux plus anciens, certains très répandus dans l’Oise. - © Dorian Alinaghi

Avec plus de 200.000 licenciés tous sports confondus, le département de l’Oise est l’un des plus sportifs de France. Cet attrait ne date pas d’hier. Il s’enracine dans l’histoire. Les Archives départementales vous proposent de remonter aux origines des principales disciplines pratiquées dans l’Oise jusqu’au 27 décembre 2019. Vous voyagerez à travers les siècles, depuis le Moyen âge, avec les tournois de chevaliers, jusqu’à la seconde moitié du XXe siècle et la démocratisation de nombreux sports comme la natation. Une exposition qui s’axe sur le temps et l’espace du sport dans le département.

L’Oise, berceau du sport ?

Gymnastique, cyclisme, football, rugby, sports équestres... On retrouve tous les sports dans les murs des archives départementales. Des multitudes d’accessoires sportifs sont rassemblés comme une cible en papyrus. Qui plus est, dans les «faux casiers», que l’on peut retrouver dans les vestiaires sportifs, des archives datant de plusieurs siècles sont exposées. Annecdotes, informations, et légendes, ce parcours scénographique permet de comprendre pourquoi la piscine Aldebert-Bellier de Beauvais n’est pas la seule à être surnommée «tournesol» en France, découvrir les origines et la naissance des édifices tels que la piscine de Méru en 1934, celle du vélodrome de Creil en 1935. Mais l’Oise est connu par trois sports bien anciens : la choule, le jeu de paume et le jeu d’arc.

Le premier, la choule, est l’un des plus anciens sports traditionnels de Picardie. Pour marquer des points, les joueurs devaient déposer la boule en cuire appelée «choule» dans le camp adverse. Souvent, les équipes étaient constituées des mariés face aux célibataires. De plus, tous les coups étaient permis. Il n’était pas rare de trouver des bagarres, des placages et parfois... des morts. La choule se pratique encore aujourd’hui, notamment dans le village de Tricot, dans l’Oise.

La choule a été introduite en Outre-Manche par les troupes normandes de Guillaume Le Conquérant ou par les combattants anglais durant la guerre de Cent ans. La choule est considérée comme l’ancêtre du football, mais aussi du rugby et certains disent également, du hockey avec la choule à la crosse. Les Anglais ont alors codifié et adapté ce sport au XIXe siècle, pour le pratiquer notamment dans les écoles sur des terrains clos. C’est à cette occasion que les tenants du football-rugby qui souhaitaient continuer à pratiquer un jeu de contacts et à utiliser les mains, se séparent des partisans du football, association adeptes du jeu au pied.

Le jeu de paume, qui apparaît dès 1382 dans la région de Pierrefonds, est initialement joué à main nue ou gantée de cuir, il est ensuite devenu un sport de raquettes. Il est l’ancêtre direct de la pelote basque, de la balle pelote, du jeu de balle au tambourin, du tennis et plus généralement de tous les sports de raquette. Dans les jeux de paume, on trouve deux disciplines : la courte paume qui se joue en salle avec une galerie et la longue paume qui se joue en extérieur.

Par la suite, on peut découvrir l’archerie, telle qu’elle était pratiquée dans le pays du Valois au IXe siècle, considéré comme le berceau du tir à l’arc. Il faut savoir que l’Oise est le premier département en terme de nombre de compagnies d’archeries.

Le sport, une définition acquise au XIXe

Le sport renvoie dans son principe à l’image de la compétition et des Jeux olympiques, manifestation absolue du culte de l’expression corporelle. La première olympiade remonte à l’an 776 avant J-C., lorsque l’athlète Koroebos fut sacré à Olympie champion de la course à pied. L’effort physique était la condition essentielle pour la survie de l’homme primitif. La force et la vitesse étaient les facteurs requis pour chasser le gibier et fuir la menace des grands fauves.

C’est l’anthropologie qui guidera dans la compréhension du passage de la «lutte pour la vie» au culte du sport. Le sport est une pratique universelle, qui a su traverser des siècles entiers. Prenez l’Égypte qui, 3.000 ans auparavant, mettait en scène des jeux de luttes. Alors, pourquoi le sport est-il aussi récent ? Tout simplement parce qu’il y a une différence majeure entre le sport pratiqué au cours des deux derniers siècles et le sport antique.

Le sport tel qu’on le connaît aujourd’hui provient de «desport» un mot d’ancien français qui signifie «se divertir, s’amuser». Il est inventé en Angleterre au temps de la révolution industrielle (milieu du XIXe siècle).

«Auparavant, le développement de la religion chrétienne qui considère que le corps est impur à la base, écarte dès lors tout ce qui concerne le culte du corps. Du coup, on ne parle pas de sport. Par contre, de nombreuses activités chevaleresques sont développées, comme la joute par exemple. Des activités tournées vers le combat» explique Frédéric Giraudet, responsable de l’action éducative et culturelle.

Durant la Première guerre mondiale , afin d’occuper les soldats, des activités comme le football, le rugby, la boxe se développent à l’arrière du front et laissent, à la fin de la guerre, des soldats pratiquant le sport régulièrement.On retrouve ici le sport comme divertissement, mais également comme un excellent moyen de rester en forme. Son utilité ? Montrer que l’on était assez riche pour avoir du temps libre. Notamment pour la classe de notaires qui le pratiquaient, surtout sous forme de compétition.

Le sport est donc un concept créé il y a 150 ans, qui atteint son apogée… aujourd’hui !

Suzanne Lenglen.
Suzanne Lenglen. - © Bibliothèque nationale de France.

Focus sur Suzanne Lenglen

À l’occasion de la journée de la femme, retour sur une tenniswoman exceptionnelle. Elle passe une partie de sa jeunesse à Marest-sur-Matz où ses parents ont acquis une vaste propriété où elle s’entraîne au tennis, souvent dans son grenier. Mais, en 1914, la famille Lenglen doit quitter l’Oise avec l’arrivée de l’armée allemande. La propriété est vendue en 1925. Suzanne touche sa première raquette en 1911 et en 1913, elle remporte les championnats de tennis de Picardie. L’année suivante, elle fait sensation au championnat de France international. Elle n’a alors que 15 ans ! Son règne sans partage débute en 1919 où Suzanne devient la championne incontestée du tennis mondial, aussi bien sur terre battue que sur gazon, avec 241 tournois remportés, 3 médailles olympiques et 171 victoires consécutives.

Victoires écrasantes, un style révolutionnaire, une rapidité et une technique sans précédent, Suzanne arrête le tennis amateur en 1926 et passe professionnelle. En 1936, elle ouvre son école de tennis à Paris et en 1997, son nom est donnée au court A (10.000 places) du stade Roland-Garros. Appelée «champion à jupette» à l’époque, elle devient la pionnière de la féminisation du sport en devenant une légende dans le sport de la raquette. Véritable icône des années folles, les magazines se l’arrachent, les interviews s’enchaînent, elle devient une véritable star, mais aussi un exemple pour les femmes.

Les événements

- Mardi 19 mars 2019, 18 h 30, les Archinédits sont de retour avec une séance consacrée à l’histoire des jeux et sports picards. La projection sera suivie d’une intervention de Dominique Lobjois, auteur de Jeux traditionnels et populaires de Picardie et du Nord-Pas-de-Calais, Engelaere Editions, 2008. Dans l’auditorium des Archives départementales - Entrée gratuite - réservation obligatoire au 03 44 10 42 00.

- Mardi 23 avril 2019, 18 h 30, Naissance du sport vélocipédique à Beauvais : de la création du Véloce Club Beauvaisien en 1888 à la Première Guerre mondiale par Bruno Maimbourg, archiviste. Dans l’auditorium des Archives départementales - Entrée gratuite - réservation obligatoire au 03 44 10 42 00.

- Mardi 4 juin 2019, 18 h 30, Les championnes de la Belle Époque ou la difficile adoption d’une nouvelle figure sociale par Philippe Tétart, docteur en histoire, maître de conférences à l’Université du Mans. Il a notamment dirigé une Histoire du sport en France en 2 volumes, éditions Vuibert, 2007. Dans l’auditorium des Archives départementales - Entrée gratuite - réservation obligatoire au 03 44 10 42 00.

- Mardi 15 octobre 2019, 18 h 30, Une histoire du basket ball par Vincent Janssenn, président de la commission patrimoine de la Ligue de Picardie de Basket Ball. Dans l’auditorium des Archives départementales - Entrée gratuite - réservation obligatoire au 03 44 10 42 00.

- Samedi 21 et dimanche 22 septembre 2019, une animation dédiée aux enfants à l’occasion des Journées européennes du patrimoine. Gaston, journaliste sportif du XXe siècle, a légué aux archives de nombreux articles de presse. Parmi eux, un dossier inachevé a été découvert. Un seul indice : celui-ci concerne les exploits d’un grand sportif du département. Les enfants, répartis en équipes, relèveront des indices et marcheront sur les traces d’une grande légende sportive de l’Oise. Entrée gratuite - modalités, horaires et inscription obligatoire à partir du 1er août 2019 au 03 44 10 42 00 et sur archives.oise.fr

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