L'Oise Agricole 30 novembre 2019 à 10h00 | Par Dominique Lapeyre-Cavé

Agora veut développer l’offre en bio et la structurer

En partenariat avec Bio en Hauts-de-France, l’Arc (Agglomération de la région de Compiègne) et Novial, la coopérative proposait à ses adhérents céréaliers une matinée sur la filière bio et ses intervenants.

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En clôture de la matinée, visite du silo certifié bio d’Estrées-Saint-Denis.
En clôture de la matinée, visite du silo certifié bio d’Estrées-Saint-Denis. - © Dominique Lapeyre-Cave

En préambule, Thierry Dupont, le président d’Agora, fait le constat : «Nous sommes à un changement de modèle d’agriculture et, parmi les solutions proposées, agriculture de conservation des sols, agriculture de précision, diversification, le bio est en bonne place et devait se développer dans la région.» D’ailleurs, les coopératives traditionnelles, dont Agora, se sont déjà dotées d’une structure, l’UCBC (Union des coopératives bio de céréales), pour commercialiser leur production bio, souvent éclatée en terme géographique et de productions variées. Les productions bio sont ainsi regroupées afin d’être travaillées et commercialisées. Agora a déjà certifié quatre points d’accueil bio à Gisors, Canly, Hatton et Songeons et vient de certifier son premier silo bio, à Estrées-Saint-Denis.

Delphine Beun et Fanny Vandewalle, de Bio en Hauts-de-France, ont présenté l’agriculture bio dans la région et sa forte progression, notamment en grandes cultures, même si les Hauts-de-France sont la région où la bio est la moins répandue. Néanmoins, la demande est en hausse et, comme l’évoquait Jean-Xavier Mullie, directeur d’Agora, «le consommateur veut du bio et du local.»

Le marché est porteur, mais passer au bio nécessite un raisonnement différent et surtout un accompagnement. François Lefèvre, agriculteur au Plessier-sur-Saint-Just, livre son expérience du passage progressif au bio depuis presque 10 ans, sur une ferme de 300 hectares en grandes cultures. Il insiste sur la modification profonde de la rotation qui comporte une douzaine de cultures dont une part significative de luzerne, pour son apport d’azote au sol, mais aussi son rôle dans la limitation des adventices et son action bénéfique sur la structure du sol. Il reconnaît que la conduite en bio l’incite à être réactif, à suivre avec attention sa plaine et à se questionner. «D’ailleurs, on est presque sûr de se prendre une gamelle sur une culture, alors on raisonne ses résultats sur la rotation. C’est aussi pour cela que l’assolement est aussi diversifié.»

Jean-Loup Stérin, directeur commercial chez Novial, fabricant d’aliments pour bétails, est toujours à la recherche de matières premières bio locales pour l’usine du Plessier-sur-Saint-Just, dédiée aux aliments bio pour bétail, dont 84 % pour les poules pondeuses. «Notre souhait est de nous approvisionner au plus près car c’est une demande de plus en plus pressante de nos clients, même si le coût est quelquefois plus élevé.» Jean-Xavier Mullie reconnaît que ce n’est que depuis deux ans que la coopérative a entamé son évolution vers un autre modèle et elle investit en ce sens pour des adhérents qu’elle espère voir, collectivement et avec son appui, s’orienter aussi vers le bio.

Bio Pratic, un parcours de formation à l’AB

Si vous souhaitez découvrir les bases agronomiques de la culture biologique, la Chambre d’agriculture de l’Oise vous propose un parcours à la carte de 4 formations d’une journée chacune à Beauvais. La première concerne la conception d’un système de culture bio (18 décembre), la deuxième journée porte sur la gestion spécifique de l’interculture (9 janvier) et la troisième journée concerne les clefs de la fertilité des sols (16 janvier). Une dernière journée en avril portera sur la gestion du désherbage. Ces journées de formation Bio Pratic sont gratuites pour les ayants-droits Vivea. Pour y participer, vous pouvez vous inscrire dès maintenant auprès de Nathalie Devillers au 03 44 11 44 55

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