L'Oise Agricole 19 septembre 2020 à 10h00 | Par Dominique Lapeyre-Cavé

Antoine Niay, réélu président de la MSA de Picardie

«Maintenir un service de proximité, à l’écoute des besoins des ressortissants».

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Antoine Niay a été réélu le 14 septembre à la présidence de la MSA de Picardie.
Antoine Niay a été réélu le 14 septembre à la présidence de la MSA de Picardie. - © MSA de Picardie

Vous venez d’être réélu à la tête de la MSA de Picardie dans des circonstances sanitaires particulières. Pouvez-vous nous rappeler comment se sont déroulées ces élections ?

Tout d’abord, je tiens à rappeler que les élections à la MSA relèvent d’un véritable processus démocratique car ce sont les ressortissants de la MSA qui ont d’abord élu leurs délégués cantonaux entre le 20 et le 31 janvier de cette année, par internet ou par correspondance.

796 délégués cantonaux picards ont ainsi été élus, dont 530 titulaires. Ces derniers devaient se réunir lors de l’assemblée générale élective prévue initialement le 27 mars. Mais la crise sanitaire a chamboulé tout le calendrier et c’est finalement un vote par correspondance qui a permis aux délégués titulaires de voter entre le 21 août et le 4 septembre pour leurs administrateurs.

Le conseil d’administration ainsi élu est composé de 9 administrateurs (3 par département) du collège 1, celui des agriculteurs, de 12 administrateurs (4 par département) du collège 2, celui des salariés, et de 6 administrateurs (2 par département) du collège 3, celui des employeurs de main-d’oeuvre. À ces 27 personnes, il faut ajouter 3 administrateurs (1 par département) des Udaf (Union départementale des associations familiales) qui sont nommés.

Au final, ces trente représentants se sont réunis à Amiens le 14 septembre, en présentiel et dans le respect des règles sanitaires en vigueur, pour élire un bureau de 12 membres. J’ai été réelu pour le nouveau mandat qui s’ouvre, de 2020 à 2025.

Quelles seront les priorités de ce nouveau mandat ?

Ma première priorité est de mieux faire connaître la MSA de Picardie auprès des différents publics et, notamment, auprès des salariés des organisations professionnelles agricoles. Beaucoup ignorent les missions et les actions qui sont menées par les délégués cantonaux sur les territoires, par exemple auprès des jeunes ou des personnes âgées. Nos actions sur le terrain en termes de prévention et de sécurité au travail méritent d’être mises en lumière.

Ensuite, les partenariats existants avec les autres organismes, agricoles ou pas, doivent être confortés et de nouveaux doivent être mis en place, dans le domaine de la santé notamment, avec l’ARS (Agence régionale de santé), les maisons de santé, les maisons France Service... Nos relations avec les pouvoirs publics, les élus, parlementaires ou des collectivités territoriales, doivent être étoffées.

Enfin, nous devons maintenir une qualité de service auprès de nos ressortissants et cela passe par la proximité. Nos agences d’accueil, le travail de nos conseillers s’adressent à un public qui n’est plus seulement agricole, mais rural, et nous devons développer cet axe. Nous allons à ce titre contribuer à l’animation de Maison France Service sur le territoire picard. Ces structures doivent permettre de répondre globalement aux questions que se posent nos concitoyens sur leurs relations avec les services publics. Dans tous les cas, la MSA doit rester une entité à visage humain, à l’écoute de ses ressortissants, proche de leurs besoins afin de leur rendre le meilleur service. C’est d’autant plus vrai en cette période de crise sanitaire et économique où nous devons être en veille sur les territoires.

Le député Olivier Damaisin s’est vu confier une mission parlementaire sur le suicide en agriculture dont il doit remettre le rapport courant septembre. Qu’en attendez-vous ?

Nous n’avons pas attendu la mission parlementaire pour agir. Dès 2016, année de mauvaises récoltes, nous avons constaté des difficultés économiques et des licenciements sur les exploitations agricoles. Exploitants et salariés subissaient une surcharge de travail, des ennuis de santé sont apparus et nous avons mis en place au niveau Picardie la cellule Horizon, composée d’un médecin du travail, d’un assistant social et d’un expert en protection sociale. Les personnes en difficulté peuvent contacter le 03 22 80 60 02 pour se faire entendre et un plan d’action peut être mis en place pour les aider. Par exemple, cela peut être une prise en charge par des psychologues locaux. En 2019, 77 personnes supplémentaires ont été suivies par la cellule Horizon, dont une majorité d’exploitants agricoles.

Par ailleurs, au niveau national, le numéro d’appel Stress assistance, le 0 810 005 505, assure 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 l’écoute des personnes en grandes difficultés psychologiques. Malheureusement, avec la crise sanitaire et économique, nous devons nous attendre à voir plus de personnes dans ce cas. Actuellement, en Picardie, nous déplorons un suicide par mois, dont les causes sont multifactorielles, mais qui touche des personnes de plus en plus jeunes.

J’attends de cette mission parlementaire qu’elle conforte notre analyse et nos actions, mais surtout, qu’elle prenne en compte de façon plus globale le suicide en agriculture par une prise en charge globale des personnes en détresse. Il serait souhaitable que des moyens financiers supplémentaires soient dégagés, au-delà de ceux que nous allouons en interne.

La MSA lance des ateliers collectifs seniors en ligne

Dans un communiqué du 15 septembre, la Mutualité sociale agricole (MSA) annonce le lancement d’ateliers collectifs seniors en ligne. Ils permettent aux adhérents de soixante ans et plus de «disposer d’une offre de prévention au plus près de leurs besoins et de renforcer leur capacité d’agir sur leur santé», indique le communiqué. Informations et conseils sont délivrés en ligne pour permettre aux assurés sociaux de «rester en forme et [d’] adopter des comportements favorables au bien-être». Trois ateliers sont proposés : «Ateliers Vitalité», «Cap Bien-être» et «Covid-19 : votre vécu hier et aujourd’hui». Les ateliers sont composés de deux à trois modules d’1h30 chacun. Un animateur accompagne les participants, par groupe de huit à dix personnes au maximum dans chaque atelier tout au long des modules. «Avec le lancement des nouveaux services santé, dont font partie les ateliers collectifs en ligne pour les seniors, nous confortons notre ambition et notre force d’innovation pour les actions de prévention et de promotion de la santé dans les territoires ruraux», a indiqué François-Emmanuel Blanc, Directeur général de la Caisse centrale de la MSA. Pour en savoir plus : www.msa.fr.

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