L'Oise Agricole 09 mars 2020 à 10h00 | Par Agence de presse

Derniers arbitrages pour la stratégie «de la ferme à la fourchette»

À quelques semaines de la publication de sa très attendue stratégie «de la fourche à la fourchette», la Commission européenne en peaufine les ultimes – et pour certains les plus sensibles – détails (lire l'article concernant le nouveau commissaire européen à l'agriculture, Janusz Wojciechowski).

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- © Commission européenne

Dans la dernière version de son projet de stratégie «de la fourche à la fourchette», qui doit être présenté fin mars (le 25 ou plus vraisemblablement le 31), la Commission européenne n’a toujours pas fixé d’objectifs chiffrés de réduction d’usage des produits phytosanitaires entre 2017 et 2030, de recours aux antibiotiques et de surfaces en agriculture biologique à atteindre. Ces trois objectifs restent pour l’instant crédités d’un «X %». Le document, toujours en discussion au sein de la Commission européenne, précise néanmoins un certain nombre des initiatives qui seront prises dans les prochains mois dans le cadre de cette stratégie dont les grandes lignes sont connues : assurer la sûreté alimentaire, réduire la consommation de pesticides et d’engrais, lutter contre l’antibiorésistance, soutenir l’innovation et améliorer l’information des consommateurs.

Plans stratégiques de la Pac «ambitieux»

La proposition de réforme de la Pac vise à soutenir un modèle agricole davantage axé sur les résultats, avec une meilleure utilisation des données, des normes de durabilité obligatoires améliorées, un meilleur suivi, et davantage de mesures volontaires, rappelle le projet de stratégie. Et de préciser que, dans ce cadre, «la Commission collaborera avec les États membres pour veiller à ce que les plans stratégiques nationaux de la Pac pour l’après-2020 s’inscrivent dans une approche concertée et ambitieuse, notamment en ce qui concerne les pesticides, les engrais et les antibiotiques». Le texte confirme que Bruxelles prépare une révision de la directive sur l’utilisation durable des pesticides pour réduire la dépendance aux molécules de synthèse (la direction générale de la Santé en aura la charge) ainsi qu’une stratégie pour diminuer la surfertilisation des sols (préparée en collaboration entre les directions générales de l’environnement et de l’agriculture).

Bien-être et protéines animales transformées

En ce qui concerne le bien-être des animaux, la Commission évaluera la législation communautaire existante en vue de la réviser. «Elle renforcera ses contrôles dans les États membres et désignera deux centres de référence communautaires supplémentaires pour améliorer l’application de la législation. En outre, afin de mieux contrôler la mise en oeuvre des règles communautaires, une base de référence et des indicateurs sur les principales dispositions en matière de bien-être animal seront définis», indique le projet de stratégie. Les règles interdisant les protéines animales transformées pour l’alimentation des non-ruminants devraient bien être révisées «pour promouvoir la circularité, tout en garantissant la sécurité alimentaire et la santé animale». Et afin de réduire l’impact environnemental de la production animale, la Commission annonce qu’elle «facilitera la mise sur le marché d’additifs innovants pour l’alimentation animale qui contribuent à réduire l’empreinte carbone, la pollution de l’eau et les émissions de méthane du bétail». La Commission européenne assure être prête à soumettre une proposition, le cas échéant, sur les nouvelles techniques de sélection génomiques, une fois que leur statut aura été évalué au regard du droit de l’Union.

Règles de concurrence

Avec sa stratégie «de la ferme à la fourchette» Bruxelles prévoit par ailleurs de stimuler la production et l’utilisation de matières premières et de denrées alimentaires durables et nouvelles, telles que les insectes et les algues grâce à la révision de la législation ainsi qu’une stratégie sur les algues.

Autre engagement : le soutien des producteurs dans leur transition environnement, notamment en clarifiant les règles de concurrence relatives aux initiatives collectives promouvant la durabilité dans les chaînes d’approvisionnement et «en aidant les producteurs à s’approprier une part équitable de la valeur ajoutée des produits durables». Un plan d’action sur la fraude alimentaire sera également proposé, ainsi que des objectifs européens de réduction du gaspillage alimentaire, suite à la mise en place d’un contrôle communautaire harmonisé des niveaux de déchets alimentaires. Enfin, l’exécutif européen pourrait proposer de nouvelles mesures réglementaires «pour minimiser le risque de déforestation et de dégradation des forêts associé aux produits alimentaires» importés sur le marché de l’UE. Sur l’ensemble de ces points, et, notamment les objectifs de réduction de l’usage des produits phytosanitaires, les derniers arbitrages sont en cours. Verdict attendu fin mars.

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