L'Oise Agricole 08 mars 2019 à 09h00 | Par Alix Penichou

La Cobevial veut booster ses filières rémunératrices

La coopérative Cobevial invitait les éleveurs de vaches allaitantes pour un point d’actualité de la filière et du groupement, ce 5 mars.

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- © F. d'Alteroche

Avec 26 403 bovins de boucheries, et 8 079 bovins maigres en 2018, la Cobevial a augmenté son volume en termes de nombre de bêtes abattues (respectivement + 3,79 % et + 21,52 %) par rapport à 2017. Dans les deux catégories, seules les génisses (2 187 de boucherie, soit - 5,98 %, et 1 110 maigres, soit - 6,17 %) sont en recul. Mais ce qui intéresse la coopérative, «c’est surtout de pouvoir valoriser au mieux chaque carcasse», affirme Eric Bettens, le directeur. «On doit bien le dire, la laitière de réforme est notre monnaie d’échange.» Les laitières représentent plus de la moitié des volumes, avec 6 396 vaches abattues, pour un poids carcasse moyen de 315 kg. «Les français consomment avant tout du hâché. Et les Prim’Holstein répondent à cette demande», précise Hervé Drouvin, de la Cobevial. Suivent les Charolaises (1 579 vaches et un poids carcasse moyen de 426 kg) et les Blondes d’Aquitaine (1 191 vaches et un poids carcasse moyen de 471 kg). 95 % de ces bêtes sont abattues en Hauts-de-France, principalement aux abattoirs de Feignies (59) et de Formerie (60).

Pour les adhérents, des compléments de prix sont versés. Pour 2018, ils s’élèvent à 15 € par taurillon (hors Mc Key), et 10 € par vache, génisse, boeuf et broutard. Ceux à jour de cotisation sociale, et qui livrent la totalité de leurs bêtes à la coopérative bénéficient aussi d’une rémunération du capital social, qui s’élève à 30 %. Par exemple : pour un chiffre d’affaires de 1 500 € pour des jeunes bovins (JB), les dividendes par bovin pour un adhérent à 2 % de capital social s’élève à 10,20 € et à 25,50 € s’il est à 5 % de capital social.

Voilà plusieurs années que la Cobevial mise sur le développement des filières pour rémunérer au mieux les éleveurs. Parmi elles, McKey (viande à destination de McDonald’s), offre un prix garanti de reprise pour les JB laitiers. En 2019, 2 242 JB sont en contrat, avec un prix moyen attendu de 3,23 €/kg pour ceux nés en exploitation et 3,31 €/kg pour ceux achetés. «Environ mille JB sont en fait vendus au prix du marché, mais nous valorisons tout. C’est ce qui explique que nous ne versons pas de complément de prix», précise Hervé Drouvin.

La filière Bleu blanc coeur, même si elle a «du mal à se vendre», permet une plus-value de 0,15 €/kg de carcasse, pour les réformes laitières et les Bondes d’Aquitaine. La Coeur de gamme, pour les Charolaises, Bondes d’Aquitaine et Limousines, a, elle, permis une plus-value de 60 488 € pour 226 bêtes. «Mais c’est un peu la roulette russe. C’est l’abattoir qui décide de quelle bête elle va passer en Coeur de gamme», relativise-t-on à la Cobevial.

Deux nouveautés

Cette année, Cobevial lance un nouveau «contrat 38 prix minimum garanti», uniquement pour les broutards de race Charolaise et croisés de Charolaise à une autre race à viande. D’avril à décembre inclus, un prix de 3,75 €/kg est garanti. La marge brute est estimée entre 250 et 300 € par bête. Des conditions toutefois : «les taurillons doivent être âgés de moins de vingt-quatre mois, un poids carcasse compris entre 400 et 480 kg, une conformation R+ minimum, et un état d’engraissement de 2 ou 3...»

Autre filière développée cette année : celle du «croisement terminal sur les vaches 66», soit les réformes laitières. «C’est une demande de Charal, qui permettrait de résoudre en partie le problème du veau laitier qui ne vaut rien en fin d’année.» Il s’agit de croiser une Prim’Holstein avec un taureau Hereford, «une race qui garde la couverture de gras facilement». Les veaux devront être engraissés en jeunes génisses et boeufs jusqu’à 300 kg de poids carcasse. L’objectif du prix de vente est affiché à 3,50 €/kg. L’essai est pour l’instant en cours.

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