L'Oise Agricole 10 octobre 2019 à 09h00 | Par Vincent Fermon

Le Cerfrance Picardie Nord de Seine dévoile ses ambitions

Les 19 et 20 septembre, les assemblées générales extraordinaires des Cerfrance de la Somme et de l’Oise ont validé le projet de fusion des deux entreprises pour donner naissance au Cerfrance Picardie-Nord de Seine. Rencontre avec son président, Hervé Demalle et son président délégué, Jean-Michel Decherf.

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De gauche à droite : Jean-Michel Decherf, président délégué de Cerfrance Picardie-Nord de Seine et Hervé Demalle, président.
De gauche à droite : Jean-Michel Decherf, président délégué de Cerfrance Picardie-Nord de Seine et Hervé Demalle, président. - © Dorian Alinaghi

Que se passe-t-il lorsque deux Cerfrance voisins décident de fusionner et quelles sont les conséquences pour son organisation ?

Hervé Demalle : La première réunion du conseil d’administration du Cerfrance Picardie-Nord de Seine – elle s’est tenue le vendredi 3 octobre à Beauvais -, a été l’occasion de désigner les membres de son bureau. Celui-ci se compose d’un président, d’un président délégué, de quatre vice-présidents, d’un trésorier, d’un trésorier adjoint et de quatre membres du conseil d’administration. Celui-ci compte en tout 28 membres puisque nous avons souhaité maintenir chacun des administrateurs des Cerfrance 80 et 60 dans leur fonction jusqu’au renouvellement de leur mandat.

Jean-Michel Decherf : Le Cerfrance Picardie-Nord de Seine conserve les vingt et une agences qui étaient auparavant gérées par les Cerfrance 80 et 60 dans les départements de la Somme, de l’Oise et du Val d’Oise. Le principal changement, c’est que nous avons désormais un siège social à Beauvais et un siège administratif à Amiens.

Quelle est la répartition des tâches entre un président qui occupe encore aujourd’hui des fonctions nationales et un président délégué ?

HD : Cette répartition s’est faite d’un commun accord. Le fait d’être président du réseau national est très prenant. Le rôle du président délégué est de suppléer le président. Mais cette organisation tient aussi compte du fait que nous travaillons ensemble, Jean-Michel Decherf et moi, depuis longtemps. La connaissance du territoire de l’Oise et du Val d’Oise qu’il a est précieuse.

Qu’est ce que va changer la fusion des Cerfrance de la Somme et de l’Oise dans leur fonctionnement quotidien ?

H.D : Nous avions déjà des collaborations entre nos deux entreprises et une direction partagée depuis six ans. Nos deux Cerfrance ont des ressemblances à bien des égards, tant dans le type de clientèle que dans l’offre de services. La question d’aller plus loin dans notre collaboration a donc fini par se poser avant de se concrétiser par une fusion.

JMD : Depuis 2015, nous avons mutualisé un certain nombre de services. Nous avons créé un GIE que l’on a appelé Opticer pour réaliser des investissements communs et éviter les doublons comme, par exemple, dans le domaine informatique. Cela nous a appris à travailler en commun.

La fusion entre deux Cerfrance dans l’ex-région Picardie s’inscrit-elle dans un mouvement plus large de rapprochement d’autres Cerfrance à l’échelle nationale ?

H.D : Nous ne sommes pas les premiers à le faire, et sûrement pas les derniers. À une certaine époque, le réseau national comptait un Cerfrance dans chaque département. Aujourd’hui, nous en comptons 62. L’écart s’explique donc par des fusions, mais cela s’est fait au profit du service que l’on peut apporter aux adhérents. En raison de notre statut associatif, nous ne sommes pas à la recherche coûte que coûte d’un bénéfice, même si nous devons être rentables pour nous développer et préparer l’avenir.

La fusion peut-elle favoriser l’ouverture à de nouveaux profils d’adhérents et de nouveaux secteurs d’activités ?

JMD : Les énergies renouvelables sont un sujet émergent. Nous sommes régulièrement interrogés sur ce sujet. En fusionnant, nous pouvons développer des compétences dans ce domaine, ou dans d’autres comme la certification des entreprises, les démarches RSE...

HD : Nous sommes déjà présents dans de nombreux secteurs d’activités et nous restons des spécialistes du monde rural, même si nous n’excluons pas une clientèle plus urbaine.

De quelle manière le Cerfrance Picardie-Nord de Seine aborde la digitalisation de sa relation avec ses adhérents ? Et qu’est ce que cela change ?

JMD : Le degré d’exigence de nos adhérents s’élève en la matière avec les années et c’est pour cela que nous avons déjà développé un certain nombre d’outils.

HD : Nous sommes déjà engagés dans un processus de digitalisation et l’idée générale reste de pouvoir proposer plus, de faire mieux, au même prix. Avoir une taille critique nous permet d’envisager de nouveaux développements. Le numérique est un outil qui doit faciliter la circulation de l’information et permettre une relation plus rapide avec les adhérents. Cela ne veut pas dire pour autant que le contact humain est coupé.

Existe-t-il une taille minimale d’entreprise pour bénéficier des services des Cerfrance ?

HD : Nous avons parmi nos adhérents différents types d’entreprises, y compris des auto-entrepreneurs et des particuliers. Nous avons également des associations, des professions libérales... Toute structure qui a besoin de conseil, de prestations de gestion ou de comptabilité peut faire appel à nous. À l’avenir, nous sommes convaincus qu’il y aura encore plus de diversité dans les profils d’entreprises, qu’elles soient agricoles ou autres.

Quel regard portez-vous sur l’évolution du monde agricole ? Ce secteur reste-t-il pour le Cerfrance Picardie-Nord de Seine un relais de croissance ?

JMD : Avec la pyramide des âges qui caractérise le monde agricole, on doit s’attendre à ce qu’il y ait de moins en moins d’agriculteurs, mais les surfaces cultivées restent les mêmes. Cette concentration entraîne des besoins de services et de conseil plus importants et nous faisons en sorte d’être au rendez-vous.

HD : Le monde agricole évolue, avec moins d’actifs, c’est un fait. C’est pour cela que nous avons engagé un questionnement sur son évolution et que nous avons établit trois scénarios pour accompagner les entreprises agricoles à l’horizon 2030. Nous prenons ainsi compte dans nos recommandations une remise en cause du modèle actuel, des réglementations différentes. Il est clair qu’il faudra encore que le monde agricole s’adapte et nous pensons avoir un rôle à jouer en la matière. Nous sommes une organisation professionnelle agricole reconnue et l’agriculture fait partie de notre ADN. Nos origines sont agricoles.

En cherchant à développer l’activité de conseil, ne craignez-vous pas la concurrence avec d’autres organisations professionnelles agricoles ?

JMD : Nos conseillers travaillent en relation avec les conseillers et techniciens d’autres OPA. Ce n’est pas une concurrence, mais une complémentarité. Nous sommes attachés à cette notion.

HD : Grâce à notre présence sur le terrain, nous sommes en mesure d’apporter un certain nombre de réflexions et de points de vue utiles au développement agricole de notre territoire. La taille de notre réseau fait que nous sommes en mesure de fournir, nous aussi, un certain nombre de références et d’indicateurs.

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