L'Oise Agricole 30 mars 2020 à 10h00 | Par agence de presse

Le sud est européen sous la menace de la PPA

Selon l’agence européenne pour la sécurité alimentaire (Efsa), l’amélioration de la surveillance, de la communication et de la collaboration, est déterminante pour maitriser la peste porcine africaine (PPA) en Europe.

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Un accent doit être particulièrement mis sur un diagnostic précoce de la maladie et les mesures de prévention.
Un accent doit être particulièrement mis sur un diagnostic précoce de la maladie et les mesures de prévention. - © Pixabay

C’est le résumé du rapport d’analyse des risques que l’Efsa vient de remettre à la Commission européenne. L’agence évalue les risques de propagation de la maladie dans les pays du Sud-Est européen qui étaient au moment de l’élaboration du rapport encore épargnés par l’épizootie. Il s’agit de l’Albanie, de la Bosnie-Herzégovine, de la Croatie, de la Grèce, du Kosovo, de Monténégro, de la Macédoine du Nord, de la Serbie et de la Slovénie. La probabilité de l’extension de la maladie dans ces pays, un an après l’apparition du premier cas, se situe selon les pays entre 66 % et 100 %. Dans le même temps le risque d’une propagation vers l’Ouest dans d’autres pays UE est considéré comme faible se situant entre 0 % et 15 %.

Surveillance des porcs et des sangliers

Pour éviter la propagation de l’épizootie l’agence conseille de mettre l’accent particulièrement sur le diagnostic précoce et sur les mesures de prévention avec une observation rigoureuse des sangliers et des porcs d’élevage. L’accès à la nourriture pour les sangliers doit être limité et le nombre de sangliers doit être réduit par la chasse, conseille-t-elle.

L’Efsa demande en outre une campagne d’information visant les chasseurs, les voyageurs et les agriculteurs pour diminuer les risques liés au déplacement des personnes et pour favoriser une détection précoce. L’agence insiste aussi sur les communications et la collaboration entre les services nationaux et les représentants de divers intérêts en jeu ainsi que sur la formation permanente

Ceva travaille sur un vaccin mais mise plutôt sur la biosécurité

«Nous travaillons sur un vaccin contre la peste porcine africaine (PPA) avec l’institut Harbin», a déclaré le Dr Marc Prikazsky, p.-d.g. du laboratoire vétérinaire français Ceva, lors d’une conférence de presse le 12 mars. «Notre pari, c’est que l’innovation viendra de Chine», a-t-il précisé. Dans un récent article publié dans la revue Science China Life Sciences, une équipe de cet institut affirmait avoir trouvé un «vaccin sûr et efficace contre la PPA».

Les scientifiques d’Harbin ont utilisé comme support le premier isolat de virus apparu en Chine, auquel ils ont effacé sept segments de gènes. En empêchant sa réplication, cette modification l’aurait rendu compatible avec les standards de sécurité des vaccins vivants atténués utilisables en élevages de porcs, explique le site spécialisé PigProgress. Les chercheurs chinois estiment que leur vaccin serait «actuellement le plus prometteur pour une application industrielle», sans préciser une éventuelle date de disponibilité. Les Chinois ne sont pas les seuls à affirmer disposer d’un vaccin : d’après Bloomberg, le gouvernement et des experts académiques américains «ont développé un vaccin contre la PPA dont l’efficacité a été prouvée à 100 %». Mais il serait «encore à des années d’être disponible pour les agriculteurs», précise l’agence de presse. «Il y aura peut-être un vaccin, mais est-ce qu’il sera utile ?», s’est interrogé, le 12 mars, le p.-d.g. de Ceva, soulignant que l’épizootie accélère la restructuration de l’élevage chinois. «La mutation de l’élevage va régler une partie du problème», estime le Dr Prikazsky : «Les mesures de biosécurité marchent bien, la PPA est une maladie qui se contrôle, voire qui s’éradique.»

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