L'Oise Agricole 07 février 2019 à 09h00 | Par AGPB

«Les céréaliers sont tournés vers l’avenir et ont des solutions»

À quelques jours du congrès de l’AGPB (Association générale des producteurs de blé), Philippe Pinta, son président, évoque avec nous les enjeux auxquels les céréaliers font face aujourd’hui, ainsi que la stratégie à adopter pour y répondre. L’occasion pour lui de présenter le Congrès des céréaliers qui se déroulera les 13 et 14 février prochains, à Compiègne.

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Philippe Pinta, président de l’AGPB.
Philippe Pinta, président de l’AGPB. - © Agence de presse

Quelles sont les contraintes qui pèsent aujourd’hui sur les céréaliers ?

Nous sommes à un tournant de notre histoire. Nous sommes de plus en plus concurrencés sur le marché international, notamment par les pays de la mer Noire. Sur le plan national, notre métier est mis sous le feu des critiques et nos concitoyens nous demandent de faire évoluer nos méthodes de production.

Cette exigence sociétale se traduit politiquement par des contraintes, des interdictions et des charges supplémentaires, notamment en ce qui concerne notre utilisation de produits phytosanitaires. Et je l’affirme : aujourd’hui, cette règlementation est décidée en dépit du bon sens. Elle ignore notre métier et la réalité même du terrain.

Cela veut-il dire que les céréaliers ne sont pas encore prêts pour la transition agroécologique ?

Les céréaliers évoluent en permanence. Dans leurs pratiques, ils prennent déjà en compte certaines demandes sociétales : protection des pollinisateurs avec les bandes fleuries, protection de la terre avec l’agriculture de conservation, la diversification des assolements et réduction de l’usage des produits phytosanitaires…La transition est réelle, nous la faisons ! Mais d‘un certain sens, nous la subissons également, car les céréaliers ont du mal à s’y retrouver tant économiquement, que face aux critiques infondées. Ne maîtrisant pas tous les enjeux techniques, les Français ne peuvent voir l’ensemble des pratiques vertueuses que nous mettons en place. Subissant une désinformation importante, ils se focalisent sur des points très précis comme le glyphosate. Nous devons reprendre la main sur notre avenir et porter cette transition pour ne pas la subir.

Les céréaliers peuvent-ils assumer seuls cette transition ?

Non, si les céréaliers doivent la porter, les pouvoirs publics doivent l’accompagner, économiquement et politiquement. Elle ne se fera pas d’un claquement de doigts, et certainement pas à travers des mesures punitives et dénuées de sens, tant sur le plan environnemental qu’économique.

Avec 14.000 euros de revenus annuels en 2017 après prélèvement des cotisations sociales, la situation des céréaliers est très fragile. Il s’agit donc d’inciter économiquement les producteurs à s’engager dans une démarche de progrès, et pas de les sanctionner abusivement.

Comment souhaitez-vous mobiliser les pouvoirs publics ?

Nous devons pour cela afficher notre détermination à avancer et communiquer largement sur notre engagement, comme nous l’avons fait avec le contrat de solutions. Nous saluons les propos du Président de la République qui a reconnu que l’interdiction du glyphosate sans solution alternative adaptée et crédible engendrerait des distorsions de concurrence.

Cette stratégie porte ses fruits, nous devons persévérer dans cette voie. L’AGPB va prendre un nouveau cap en ce sens, afin de créer un nouveau pacte avec la société. Il sera détaillé lors du congrès des céréaliers les 13 et 14 février prochains.

 

Pouvez-vous nous en dire plus sur le Congrès des céréaliers ?

L’après-midi du mercredi 13 février sera centrée sur le bouleversement que connaît aujourd’hui l’ensemble des filières agricoles. Comme évoqué précédemment, les consommateurs exigent davantage de transparence sur leur alimentation et sur nos façons de produire. Des experts et des personnalités telles que Rémi Rocca, directeur Achats-qualité-logistique et environnement chez Mc Donald´s France, ou Éric Birlouez, sociologue de l’alimentation, viendront débattre de ces enjeux essentiels.

Mais ces attentes sociétales ne constituent pas les seules problématiques affrontées par les céréaliers. Outre la transition écologique et énergétique, les défis sont nombreux : le changement climatique, le défi démographique, et l’enjeu de la sécurité alimentaire mondiale ou encore l’augmentation de la fréquence des aléas économiques. Les céréaliers sont tournés vers l’avenir et exposeront le jeudi 14 février leurs propositions de solutions pour réconcilier les consommateurs et retrouver le chemin de la confiance.

Le monde politique que vous souhaitez mobiliser sera-t-il présent lors du congrès ?

Absolument, de nombreux élus feront le déplacement ! Nous sommes fiers d’annoncer que le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, conclura notre congrès. Xavier Bertrand, président de la Région Hauts-de-France, interviendra au cours de cette même journée. Nadège Lefebvre, présidente du Conseil départemental de l’Oise, sera également des nôtres.

MERCREDI 13 FÉVRIER ASSEMBLÉE GÉNÉRALE

  • 9 h Accueil des congressistes
  • 9 h 30 Assemblée générale statutaire (à huis clos)
  • 10 h 15 Assemblée générale, présentation du projet stratégique AGPB 2019 et débat
  • 13 h Conclusion par le Président Philippe Pinta
  • 13 h 15 Cocktail déjeunatoire

CONGRÈS DES CÉRÉALIERS

  • 15 h Ouverture du congrès par Philippe Pinta, Président de l’AGPB. Premièreère séquence : L’alimentation et l’agriculture au carrefour des nouvelles attentes de la société.

Partout dans le monde, l’émergence de multiples demandes de la société bouleverse les équilibres au sein des filières agricoles et alimentaires. En perte de repères et de confiance, le consommateur n’a jamais eu autant besoin de transparence sur ce qu’il mange et sur la façon de le produire. Si la société a toujours un regard globalement positif à l’égard des céréaliers, cette bienveillance a son revers, celui de l’exigence environnementale et de la qualité des produits. Des experts et des personnalités viendront débattre de ces enjeux essentiels pour l’avenir de la production.

  • 16 h 45 Grand témoin
  • 17 h Interventions politiques

JEUDI 14 FÉVRIER

  • 8 h 45 Accueil par le président de la FDSEA de l’Oise
  • 9 h 15 Intervention du président du Conseil régional Xavier Bertrand
  • 9 h 30 2e séquence : Les céréaliers, responsables et engagés, se projettent dans l’avenir.

Retrouver l’équilibre entre compétitivité, performance, fierté et responsabilité est une priorité pour relever les défis de l’agriculture, qui n’ont jamais été aussi nombreux : l’évolution du climat, la nécessité de nourrir le plus grand nombre en France et dans le monde, l’augmentation de la fréquence des aléas climatiques et économiques, sans oublier la transition écologique et énergétique. Les céréaliers français, résolument tournés vers l’avenir, présenteront leurs propositions de solutions pour réconcilier les consommateurs et l’agriculture et retrouver le chemin de la confiance.

  • 11 h 45 Discours de clôture

Intervention de la Présidente de la FNSEA - Christiane Lambert

Intervention du Président de l’AGPB, Philippe Pinta

Intervention du ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Didier Guillaume

  • 13 h 30 Clôture du congrès et cocktail déjeunatoire

Après le cocktail déjeunatoire, Christianne Lambert, Eric Thirouin et Philippe Pinta invitent les adhérents de la FDSEA60 pour un temps d’échange.

 

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BERTRAND (40) | 07 février 2019 à 11:55:43

Ce n'est pas la présence des politiques et de leurs discours qui changent les choses..la palabre dure depuis des décennies et les paysans sont toujours aussi en difficultés. Se prendre en charge et ne compter que sur soi. Nos structures d'exploitation sont dépassées d'un demi siècle..des tracteurs de 200 cv sur des parcelles de quelques hectares, des mouchoirs de poche.. Il faut une agriculture performante sortie du bricolage. Il n'y a pas lieu de cocorico sur l'installation.. pas besoin de s'installer dans la misère. Il faut des structures performantes et autonomes. Il y a trop de charges en France.

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