L'Oise Agricole 24 septembre 2020 à 09h00 | Par Dominique Lapeyre-Cavé

Les élus de Clermont à l’écoute des doléances agricoles

À l’initiative de Roger Vannier, président FDSEA de l’arrondissement de Clermont, député, sénateur et conseillère régionale sont venus sur l’exploitation d’Yves Bollé, à Cambronne-lès-Clermont, le 17 septembre, pour faire le point sur le contexte agricole.

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De gauche à droite, au premier plan : Yves Bollé, Christophe Beeuwsaert, penché, Roger Vannier, Édouard Courtial, Maxime Minot et Claire Marais-Beuil. La terre est impossible à travailler tant elle est sèche.
De gauche à droite, au premier plan : Yves Bollé, Christophe Beeuwsaert, penché, Roger Vannier, Édouard Courtial, Maxime Minot et Claire Marais-Beuil. La terre est impossible à travailler tant elle est sèche. - © Dominique Lapeyre-Cave

Le comité d’accueil était impressionnant pour accueillir Maxime Minot, député de la 7e circonscription de l’Oise, Édouard Courtial, sénateur de l’Oise, et Claire Marais-Beuil, conseillère régionale du secteur. En effet, une trentaine d’agriculteurs, dont Régis Desrumaux, le président de la FDSEA, et Christophe Beeuwsaert, ancien secrétaire général, avaient fait le déplacement.

D’emblée, Roger Vannier a brossé un douloureux bilan de la moisson 2020 sur le secteur : des blés entre 65 et 75 q/ha, des pois de printemps à 25 q/ha, de l’orge de printemps à 40 q/ha et des cours toujours pas à la hausse à cause d’une bonne récolte en Russie. «La sécheresse perdure sur le canton et cela devient très difficile de vivre de son métier», se désole Roger Vannier. De plus, les mauvaises nouvelles s’accumulent : des betteraves touchées par la jaunisse, des maïs qui ne donneront rien, des jeunes installés en difficultés et l’épineux dossier des SIE-Cipan impossibles à semer tant la terre est dure.

En témoigne Yves Bollé qui invite tous les présents à se déplacer sur une parcelle où il a vainement essayé de travailler le sol, ne créant que de grosses mottes dures dans lesquelles les graines de couverts, qu’il a pourtant achetées, n’ont aucune chance de germer. Face à ces difficultés, il se sent impuissant et se rappelle que d’anciens responsables agricoles sont devenus des hommes politiques de premier plan : «Je n’entends pas beaucoup Christian Jacob défendre l’agriculture», constate-t-il, amer.

De la réactivité

Pourtant, pressentant les difficultés à venir à cause de la sécheresse persistante, la FDSEA avait alerté les services de l’État dès la mi-mai, demandant la possibilité d’utiliser les jachère pour nourrir les animaux. «La réponse n’est venue que fin juillet, à une période où leur valeur alimentaire était descendue à zéro», déplore Régis Desrumaux. «Ce que nous demandons, c’est de la réactivité et du bon sens et qu’on nous fasse confiance. Et surtout que les décisions soient prises en fonction des données scientifiques et non pas des intérêts partisans ou des visions dogmatiques.»

Christophe Beeuwsaert rebondir sur le sujet : «l’agriculture sait s’adapter à tout depuis des décennies, mais elle ne sait pas s’adapter aux réglementations idiotes, comme celle qui ne reconnaît pas comme SIE un méteil semé en octobre, qui aurait pourtant un réel intérêt alimentaire et agronomique. Désolé de le dire aux ministres Denormandie et Pompili qui ont signé la pétition des partisans des coquelicots : on ne nourrira pas la planète avec du bio !», assène-t-il.

D’autres sujets sont soulevés par les agriculteurs présents : les ZNT qui valent parfois aux agriculteurs des insultes de la part des habitants ou qui deviennent vite des lieux d’abandons de détritus ou de déchets verts, les vétérinaires qui délaissent le monde rural au profit des chiens et des chats et enfin, le fameux Rip (référendum d’initiative partagée) en faveur du bien-être animal, mené par des grands patrons.

Édouard Courtial et Maxime Minot témoignent à ce sujet du lobbying intense des organisations environnementales qui les pressent de signer, ce qu’ils se refusent à faire. Tout comme ils affirment, et leur présence à cette invitation en est la preuve, qu’ils sont à l’écoute des agriculteurs de leur secteur. D’ailleurs, organiser des rencontres comme celle-ci leur est utile car elles leur permettent d’être alertés de la position des agriculteurs en amont des lois soumises au vote.

Claire Marais-Beuil, en tant que conseillère régionale, s’estime bien au fait des combats agricoles mais déplore que ses courriers ou initiatives ne soient pas considérés par le président de la Région.

Ce qui est sûr, c’est que cette rencontre aura permis aux producteurs de faire entendre leur voix auprès de ceux qui doivent la relayer au niveau national. Plus que jamais, agriculteurs et élus doivent travailler en concertation pour que les territoires ruraux soient entendus à Paris et puissent continuer à exister.

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