L'Oise Agricole 25 octobre 2018 à 09h00 | Par Dorian Alinaghi

Les insectes, c’est bon pour le moral... des animaux !

Antoine Garault, au Gallet, près de Crèvecœur-le-Grand, est gérant de l’entreprise France Insectes, il est producteur et grossiste en insectes : vers de farine, criquets, grillons. Ces derniers sont destinés aux reptiles, oiseaux et nouveaux animaux de compagnie des parcs animaliers et zoos ou appartenant à des particuliers.

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En 2019, l’entreprise fêtera ses 10 ans d’existence, composée de Cassandra Brays (préparatrice de commandes et employée Administratif), Antoine Garault (gérant), Manon Gioland (préparatrice de commandes) et Marie Allinaud (responsable d’agence/capacitaire).
En 2019, l’entreprise fêtera ses 10 ans d’existence, composée de Cassandra Brays (préparatrice de commandes et employée Administratif), Antoine Garault (gérant), Manon Gioland (préparatrice de commandes) et Marie Allinaud (responsable d’agence/capacitaire). - © Dorian Alinaghi

Les insectes sont une grande histoire de famille depuis 3 générations. L’univers était déjà familier pour ce fils, petit-fils et arrière-petit-fils d’équarrisseurs (traitement des cadavres d’animaux non utilisés en boucherie pour en tirer la peau, les os, les graisses, etc. afin de les transformer en aliments pour le bétail, en engrais et en graisses industrielles pour la savonnerie), spécialisés dans les verminières. «En 1960, mon grand-père lance la production d’asticots pour la pêche sur le site historique du Gallet ; depuis cette date, nous n’avons cessé de produire et revendre des insectes et chaque génération a apporté sa pierre à l’édifice.» explique Antoine Garault, gérant de l’entreprise France Insectes.

Ce passionné d’insectes a donc créé une entreprise, de 1.500 m2, sur la vente d’insectes destinés aux oiseaux, reptiles, aux nouveaux animaux de compagnies (Nac)... pour les nourrir et mais aussi les divertir. «Notre gamme regroupe une des plus larges gammes de produits alimentaires pour les animaux de compagnie et Nac. On a des insectes, des plantes comestibles, des rongeurs vivants ou surgelés, des poussins surgelés, de la nourriture pour aquariophilie surgelée, des appâts pour la pêche. Mais certains ne les utilisent pas que pour l’alimentation. Dans les zoos, on envoie des grillons vivants dans les cages des lions ou des tigres afin qu’ils puissent faire leur sport. Ce sont des félins et des prédateurs, ils doivent bouger et faire du sport.» énumère-t-il.

On découvre donc dans cette caverne d’Ali Baba de l’insecte des grillons domestiques, grillons Bimaculatus, grillons des steppes, criquets migrateurs, blattes dubias, blattes fuscas, des vers de farine, des rongeurs vivants pour l’alimentation des reptiles et rapaces, les Rolls-Royce des plantes comestibles (l’herbe à chat et la Vit’Anim), et bien d’autres produits appétissants pour les animaux. On trouve même un petit insecte microscopique qui va tuer les poux sur les reptiles et rongeurs. Et dès qu’il n’a plus de proies, cet insecte meurt sans parasiter d’autres espèces.

Un travail de fourmi

Tout est presque millimétré, les marchandises sont réceptionnées le lundi. Toute la semaine, l’équipe de France Insectes s’occupe des petites bêtes. Et les produits sont écoulés le vendredi au plus tard. Pas de stock ! Le but est de fournir un produit frais. De plus, les produits surgelés sont envoyés avec un système de carboglace pour garantir la chaîne du froid.

Chaque boîte d’insectes est repertoriée par un code couleur : jaune pour les bébés, rouge pour les jeunes, vert pour les adultes et bleu pour les plus âgés. «En général, nous achetons nos marchandises au Bénélux et en Allemagne, et vendons, chaque année, 2,5 millions de sauterelles et plusieurs milliards de grillons. Ce dernier fait pratiquement la moitié de notre chiffre d’affaires. Nous expédions nos produits dans toute la France et non à l’étranger. Dans notre pays, ce n’est pas possible de transporter des animaux vivants à l’étranger, mais l’inverse est possible, bizarrement. Nous principaux acheteurs sont essentiellement des grandes enseignes de Jardineries et Animaleries... On peut aussi visualiser et acheter nos produits sur notre site internet» souligne-t-il.

Mais Antoine Garault cache bien son jeu car il vend également des fourmis. En 2013, il rachète Fourmis.fr, qui était en faillite. Désormais, les fourmis deviennent un phénomène de mode, mais aussi un produit éducatif. «Nous vendons entre 3.000 et 5.000 colonies de 20 espèces locales, dans des fourmivariums très design, pour les écoles, les collectionneurs ou pour décorer les bureaux dans les entreprises. Cela peut même servir de cadeaux d’anniversaires pour les enfants. Il y a un véritable univers microscopique avec les nids, les reines, les ouvrières, les soldats» affirme Antoine Garault.

Pas fou l’insecte !

L’objectif de ce jeune entrepeneur est de produire des insectes car il n’existe aucun marché de la sorte en France. Pour le moment, la salle pour l’élevage d’insectes est dédiée aux vers de farine.

Sans vouloir révéler le secret d’Antoine Garault, son élevage est alimenté par une recette spéciale. Différents composants sont mélangés dans le malaxeur et le résultat donne un aliment qui permet de diviser par trois le temps de grossissement de l’insecte par rapport aux concurrents étrangers. Au lieu d’attendre 3 mois pour le grossissement de l’insecte, France Insectes met 4 semaines.

Cette petite entreprise commence à devenir un géant et veut se faire une place dans l’Hexagone. «La France a beaucoup trop de normes mais je pense que maintenant, on a une certaine légitimité pour pouvoir produire nos insectes. On a relativisé un bassin d’emploi sur un secteur atypique. De plus, nous souhaitons maintenant contacter des agriculteurs des Hauts-de-France.

Nous avons déjà commencé à faire une écloserie à Le Gallet et nous voulons faire engraisser tous les insectes chez les agriculteurs. Le but est de créer un partenariat avec l’éco-système local. Il s’agit d’utiliser des vieux bâtiments de ferme pour engraisser les insectes et ainsi nous pourrons donner une rémunération à l’agriculteur. Pour nous, cela nous permet de développer et d’agrandir nos gammes et nos produits. C’est du gagnant-gagnant !» stipule-t-il.

Pour Antoine Garault, il souhaite «vendre les insectes pour toutes leurs applications» et, pour le coup, cela fonctionne.

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