L'Oise Agricole 19 décembre 2019 à 09h00 | Par Dominique Lapeyre-Cavé

Présentation des délégués pour les élections MSA

En janvier 2020, les adhérents seront appelés à élire vos délégués au sein de votre MSA. Présentation de certains délégués de l'Oise.

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- © Dominique Lapeyre-Cave

Danièle Depierre, agricultrice retraitée à Fréniches, dans le Noyonnais, s'est engagée depuis de nombreuses années à la MSA pour une seule raison : «j'ai la fibre sociale»

Après avoir élevé sept enfants avec son époux engagé professionnellement, elle lui a succédé à la MSA comme déléguée cantonale, puis administratrice à la MSA de l'Oise avant la fusion en caisse de Picardie. «Dès le départ, je me suis impliquée dans l'action sanitaire et sociale au travers de plusieurs commissions où nous attribuons, sous anonymat, des aides à des personnes en difficultés», confesse-t-elle. Car Danièle Depierre aime se rendre utile et pouvoir participer à donner un coup de pouce aux autres. «Les demandes sont malheureusement de plus en plus nombreuses et concernent les dépenses vitales comme le chauffage ou l'eau. Parfois, elles touchent les enfants et notre intervention prend vraiment toute sa mesure.»

Mais l'action qui l'a particulièrement marquée s'est faite à l'échelle de la vallée des Sources, qui regroupe les secteurs de Compiègne, Estrées-Saint-Denis, Attichy et le Noyonnais. «Le point de départ de la réflexion était le triste constat du suicide d'agriculteur tous les deux jours et du fait que les situations financières difficiles concernent aussi maintenant des régions de grandes cultures comme les nôtres», explique la déléguée. La MSA avait déjà mis à disposition un numéro d'appel d'urgence et une cellule pour suivre les personnes en difficultés financières et humaines, avec notamment l'aide au répit.

«En juin, le film Au nom de la terre est sorti et il traitait de ce sujet qui nous tenait à coeur. Le groupe d'élus MSA du secteur a voulu saisir cette opportunité pour mettre en place une action qui s'est concrétisée par la projection du film au Paradiso de Noyon, suivie d'un débat animé par la médecin chef du travail de Picardie et un sociologue», détaille Danièle Depierre. La projection un dimanche après-midi de novembre à 14 heures et de nombreuses invitations envoyées ont permis de réunir 130 agriculteurs. «Ce film a permis de libérer la parole si l'on en juge par les échanges qui ont suivi la projection. Les deux animateurs et le personnel de la MSA ont apporté des réponses et ont surtout pu présenter toutes les aides qui peuvent être accordées aux personnes en difficultés. Ce jour-là, sur chaque siège, il y avait un questionnaire pour permettre aux personnes de se faire connaître. Je pense qu'il y aura des suites positives», espère Danièle Depierre.Et puis cette action a donné aux délégués l'occasion de mieux se connaître et l'envie de continuer à travailler ensemble pour le bien des ressortissants de la MSA.

«Je reste marquée par ce qu'a dit la médecin chef : les agriculteurs qui se suicident ne veulent en réalité pas mourir, ils veulent juste que leurs difficultés s'arrêtent. Ce n'est pas la même chose», exprime-t-elle. De quoi espérer et lui donner encore plus envie d'apporter son aide au travers son engagement à la MSA.

- © Dominique Lapeyre-Cave

Jean-Michel Heu, agriculteur à Sommereux, près de Grandvilliers, est délégué cantonal et administrateur MSA de Picardie. Il rappelle le rôle de la MSA dans l'animation du milieu rural

«C'est la MSA de l'Oise qui est à l'origine de la création des centres sociaux ruraux», tient à rappeler en préambule Jean-Michel Heu. C'est cette implication territoriale au service des autres qui a motivé l'agriculteur à s'engager, tout comme le travail au sein d'une équipe de délégués.

«Depuis, les centres sociaux ruraux ont évolué, celui de Formerie a fermé, et la MSA s'est associée à d'autres partenaires que sont la Caf (Caisse d'allocations familiales), le plus gros financeur, le Département, en charge de l'action sociale, et la communauté de communes de Picardie verte», explique Jean-Michel Heu.

La population agricole est en baisse, mais la MSA reste le partenaire privilégié du centre social rural de Grandvilliers. «D'ailleurs, nous sommes deux membres de droit, Françoise Liebe et moi, à représenter la MSA au sein du conseil d'administration.»

Pour Jean-Michel Heu, le centre social rural de Grandvilliers est un acteur essentiel de l'action sociale en milieu rural. «La MSA, guichet unique pour la santé, l'action sanitaire et sociale, la prévention, les retraites et l'emploi, a des bureaux au centre social et reçoit agriculteurs et salariés, notamment ceux de Lin 2000, l'un des plus gros employeurs de main-d'oeuvre locale.»

Le financement qu'apporte la MSA aux actions du CSR de Grandvilliers se fait au travers d'appels à projet auquel répond le CSR. «Pour 2019, nous avons ainsi identifié des thématiques auxquelles il nous semble important d'apporter une réponse. Par exemple : l'itinérance de l'épicerie solidaire, l'ouverture culturelle des jeunes en milieu rural, la prévention des addictions, l'accompagnement des personnes fragiles vers de meilleurs déterminants de santé, sont des actions auxquelles nous participons.»

La MSA a une connaissance du terrain et du monde agricole, sur laquelle l'État serait bien inspiré de s'appuyer s'il veut réduire la fracture entre milieu urbain et monde rural, d'après Jean-Michel Heu. «Les compétences de nos services vont au-delà du seul monde agricole, que ce soient les agriculteurs, les salariés et les employeurs de main-d'oeuvre. C'est vraiment notre force de travailler en guichet unique», souligne Jean-Michel Heu.

Pour preuve, la signature du contrat local de santé entre la MSA, l'ARS (Agence régionale de santé) et la communauté de communes de Picardie verte qui, après l'établissement d'un diagnostic grâce aux chiffres de la MSA, va permettre de recenser les besoins de la population en matière de santé et de prioriser des actions à mettre en place.

«Plus que jamais, la MSA doit poursuivre le travail engagé au niveau local. Je suis particulièrement attentif aux actions de prévention visant à réduire les accidents du travail, que ce soit au niveau des salariés ou des agriculteurs. Nous devons accompagner les entreprises dans l'amélioration des conditions de travail», conclut Jean-Michel Heu.

 

Les élections à la MSA

Depuis 1949, les adhérents de la MSA élisent tous les cinq ans leurs délégués. Ces derniers, qui reflètent la diversité du monde agricole, portent la voix des adhérents. Les délégués participent aux actions de la caisse, notamment celles concernant la prévention de la santé au travail et l'action sanitaire au sociale. Trois collèges existent :

- le premier collège regroupe les exploitants ou chefs d'entreprise agricole non employeurs de main-d'oeuvre

- le deuxième collège regroupe les salariés de l'agriculture et des entreprises agricoles

- le troisième collège réunit les chefs d'exploitation et d'entreprises agricoles employeurs de main-d'oeuvre.

Les prochaines élections auront lieu du 20 au 31 janvier 2020 : votez pour désigner vos délégués MSA !

Pour connaître votre candidat : https://picardie.msa.fr/lfy/web/msa-picardie/elections-msa-2020/liste-des-candidats

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