L'Oise Agricole 10 janvier 2019 à 09h00 | Par Agence de presse

Renouvellement des générations : différents leviers à actionner

Un exploitant sur trois prendra sa retraite dans les cinq prochaines années. L’installation des jeunes et la transmission des exploitations sont donc des sujets clé pour l’avenir de l’agriculture française.

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Parallèlement à l’amélioration des conditions de départ, la profession agricole travaille à faciliter l’installation des jeunes.
Parallèlement à l’amélioration des conditions de départ, la profession agricole travaille à faciliter l’installation des jeunes. - © Emilie Durand

Avec plus de cinquante ans d’âge moyen pour les chefs d’exploitation ou d’entreprises agricoles, la pyramide des âges est une menace pour la dynamique du secteur agricole et, plus globalement, pour la vie des territoires ruraux. Un exploitant sur trois prendra ainsi sa retraite dans les cinq ans à venir, ce qui amplifie le défi de la transmission des exploitations et de l’installation des jeunes.

Parmi les difficultés principales, on relève «l’accès limité au foncier, car ce dernier se renchérit de plus en plus, les capitaux qui ne sont pas rentables, et le problème des retraites agricoles qui sont très faibles et qui incitent les aînés à rester actifs le plus longtemps possible», explique Loïc Quellec, vice-président de Jeunes agriculteurs (JA), responsable du dossier Installation. Depuis toujours, JA et la FNSEA sont mobilisés pour maintenir la dynamique du renouvellement des générations en agriculture, malgré les difficultés croissantes.

La question du niveau des retraites agricoles est primordiale, puisqu’avec 600-800 € par mois en moyenne, il reste inférieur de moitié à celui de la retraite moyenne des Français (1 300 €).

Néanmoins, la situation a progressé grâce à l’action de la FNSEA et de JA qui ont obtenu, ces dernières années, l’attribution de points gratuits de retraite complémentaire obligatoire (RCO) aux membres de la famille et aux chefs d’exploitation à carrière courte (477 000 bénéficiaires pour 150 M€ par an), la revalorisation, à hauteur de 75 % du Smic, de la retraite des chefs d’exploitation à carrière complète (238 000 bénéficiaires), la réversion des points gratuits de RCO aux conjoints et conjointes d’exploitants décédés avant la retraite, et la possibilité de s’assurer à titre personnel à l’assurance volontaire vieillesse pour les conjoints collaborateurs.

Faciliter la transmission et l’installation

Parallèlement à l’amélioration des conditions de départ, la profession agricole travaille à faciliter l’installation des jeunes, dans un contexte ou la transmission dans le cadre familial est moins systématique. «Chez JA, nous menons un gros travail de promotion pour donner aux jeunes l’envie d’entrer dans le métier», indique Loïc Quellec, qui poursuit : «Il faut élargir aux hors-cadres familiaux, sinon on manque de candidats potentiels à l’installation.»

Plusieurs défis sont à relever en ce qui concerne l’attractivité du métier. Par exemple, le manque de services en milieu rural, la financiarisation de l’agriculture qui augmente le coût de l’installation, ou l’accès au foncier. Néanmoins, le syndicalisme agricole majoritaire a obtenu, depuis 2013, un certain nombre d’avancées : véritable statut et protection sociale assurés au porteur de projet dans le dispositif de l’installation, révision du seuil d’assujettissement permettant une reconnaissance de l’activité agricole, ce qui a permis de prendre en compte la diversité des installations, renforcement des financements pour accompagner le porteur de projet tout au long de son installation, majoration des paiements directs pour tous les jeunes installés, ouverture à tous du dispositif à l’installation, assouplissement des sanctions liées aux engagements sur la Dotation jeunes agriculteurs (DJA). Dernier acquis en 2017, la réforme des prêts bonifiés et la revalorisation des enveloppes de DJA pour un meilleur accompagnement financier des projets.

«Les résultats montrent clairement une dynamique qui repart à la hausse, avec + 20 % de jeunes ayant bénéficié du dispositif à d’installation aidée entre 2015 et 2017», souligne Loïc Quellec. JA et la FNSEA souhaitent renforcer l’accompagnement des jeunes qui s’installent, à travers des plans de professionnalisation, le développement des formations et de l’apprentissage. Enfin, la transmission a été améliorée grâce à plusieurs acquis obtenus par JA et la FNSEA, comme l’augmentation du plafond d’exonération des droits de mutation pour les baux à long terme, la simplification du Pacte Dutreil, la généralisation des actions de repérage des exploitations sans successeur (les déclarations d’intention de céder étant à envoyer trois ans avant la retraite au lieu de deux ans auparavant).

Dans ce défi, la profession agricole entend cependant jouer sur tous les leviers pour faciliter l’installation, en améliorant aussi l’investissement et la capacité à entreprendre, via le financement participatif, le partage d’expérience ou les outils collectifs.

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