L'Oise Agricole 12 janvier 2017 à 08h00 | Par Florence Guilhem

«S’il y a bien un domaine dans laquelle la fusion des régions fait sens, c’est dans l’agriculture»

Interview d'Anne-Sophie Lesne, vice-présidente en charge de l’agriculture au Conseil régional des Hauts-de-France.

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Marie-Sophie Lesne.
Marie-Sophie Lesne. - © Florence Guilhem

Quel est le budget 2017 alloué à l'agriculture et quelles sont ses grandes orientations?

Le budget est de 22,4 millions d’euros, dont 9,8 millions pour l’investissement et 12,6 millions pour le fonctionnement. C’est un budget qui reste stable en dépit d’un contexte budgétaire contraint pour la Région. Ce budget aura un effet levier plus important que ce qu’il représente, car on lève 28 millions d’euros de fonds européens.

En ce qui concerne les orientations, parmi les nouveautés, on va lancer un plan ambitieux pour le développement de l’approvisionnement local dans les lycées et la restauration hors foyer. L’objectif est de passer à 70% d’approvisionnement local dans ces structures d’ici 2021.

La politique sera déterminée en fonction des projets reçus. Par ailleurs, nous nous étions engagés à maintenir les abattoirs de proximité sur notre territoire. Dans ce budget, une somme sera donc dédiée, soit environ un million d’euros, pour l’abattoir de Fruges. Nous aurons aussi un budget pour soutenir la diversification des exploitations. Nous apporterons notre soutien, par exemple, aux projets de méthanisation, nombreux sur notre territoire, mais aussi à des structures associatives telles que l’ARVD.

Et, l’on poursuit, bien entendu, notre politique d’auditsconseils.

Alors que votre mandature a débuté dans un contexte particulièrement difficile pour l’agriculture, quel est le bilan que vous tirez de votre première année de mandat?

S’il y a bien un domaine dans lequel la fusion des régions fait sens, c’est dans l’agriculture. Notre rôle a été d’être à l’écoute de tous et de commencer à définir des stratégies dans les filières de l’élevage et du végétal, pour ne citer que ces deux exemples. Je pense que nous avons commencé à répondre aux attentes.

Plus encore, nous avons mis tout le monde autour de la table pour fixer des priorités. Il faut vraiment que tout le monde se parle pour avancer plus vite. On a fait le tour des problématiques. Il faut à présent les synthétiser pour élaborer une stratégie, soit au travers de mesures qui ne coûtent pas cher telles que la mise en réseaux, soit au travers de mesures plus coûteuses telles que la consommation locale.

Enfin, on a joué le rôle d’avocat et de lobbyiste que l’on attend de nous, notamment par rapport à l’Etat.

Pensez-vous avoir été utile dans l’aide apportée? En quoi?

Je pense que nous l’avons été. Trois semaines après notre installation à la Région, on lançait le Plan d’urgence de l’élevage. Par ailleurs, suite aux moissons catastrophiques de cet été, on a apporté des aides financières aux polyculteurs. Certes, ce n’est pas beaucoup au vu des difficultés de leur trésorerie, mais notre effort est significatif.

Notre volonté était d’être à la fois sur le front de la solidarité, mais aussi sur celui de la prospective et de la stratégie. C’est pour cela que l’on a lancé les audits-conseils et que l’on développe les réunions avec les agriculteurs et les acteurs de l’export.

Point d’étape sur les Etats généraux de l’élevage et sur le végétal.

Il faut une suite aux audits, en aidant les agriculteurs à mieux piloter leur exploitation et en soutenant leur formation continue. Il faut aussi structurer les parcours, les filières d’énergies renouvelables, la diversification, l’agriculture biologique et développer une marque Hauts-de-France. Quant aux Etats généraux du végétal, s’il ne fallait évoquer qu’une piste sur laquelle on travaille, c’est sur un plan de protéines végétales afin de diffuser l’innovation le plus vite possible et permettre à la filière de garder un coup d’avance.

Comment définiriez-vous l'agriculture dans les Hauts-de-France? Quels sont les enjeux auxquels celle-ci sera confrontée à l'avenir?

C’est une agriculture qui se caractérise par sa qualité de production dans les filières végétales et par ses beaux bassins d’élevage. C’est vraiment un bastion de grandes productions, qui fait que l’agriculture reste forte malgré les difficultés actuelles qu’elle traverse. Mais il faut veiller à ce qu’elle reste forte car le paysage change très vite. Pour ce faire, il faut travailler sur la recherche et l’innovation.

Un des enjeux dans les années à venir sera la protéine végétale. Grâce à celle-ci, au vu des fleurons de recherche que nous avons chez nous, on pourra accéder à une économie mondiale dans ce domaine. Mais il faut aller vite.

Finalement, l’agriculture de demain dans les Hauts-de-France, c’est quoi et c’est quand?

L’agriculture de demain, c’est une agriculture toujours qualitative, en phase avec les besoins des consommateurs et moins dépendante des industries de transformation. Pour ce faire, les agriculteurs doivent reprendre leur destin en main. Certaines initiatives fleurissent déjà sur notre territoire. De fait, l’agriculture de demain, c’est déjà en cours.

Dans peu de temps, une nouvelle économie émergera. Notre rôle est d’accompagner les agriculteurs pour qu’ils puissent répondre aux besoins de proximité et à l’export, de fixer des caps tangibles et de mettre en route des énergies dans le même sens.

Bio express

- 1996: assistante de Claude Larcanché, vice-président en charge des transports et des routes du Département du Nord

- 2002: entrée au cabinet ministériel de Jean-Paul Delevoye

- mars 2014: maire de Quesnoy

- janvier 2016: vice-présidente en charge de l’agriculture à la Région des Hauts-de-France

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