L'Oise Agricole 08 janvier 2015 à 08h00 | Par L'Oise Agricole

2015 s'ouvre sur une conjoncture laitière difficile

La fin des quotas laitiers européens prévue le 1er avril prochain approche à grands pas, entraînant une incertitude quant à l’avenir du secteur. Qu’en est-il de la production en Europe et dans le monde à l’aune de 2015 ?

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Un retournement de tendance est tout à fait envisageable sachant que la demande mondiale reste forte.
Un retournement de tendance est tout à fait envisageable sachant que la demande mondiale reste forte. - © Jérôme Chabanne

Sur les dix premiers mois de 2014, l’augmentation de la production s’est montrée très soutenue chez les principaux producteurs : +10,5% en Nouvelle-Zélande, +5,1% dans l’Union européenne, +4,3% en Australie. L’Union européenne dépasse de 1,43 milliard de litres les quotas prévus pour l’année, les prix incitatifs ayant conduit huit pays (Allemagne, Pays-Bas, Pologne, Danemark, Autriche, Irlande, Luxembourg et Chypre) à ne pas respecter leur quota contre 409 millions d’euros de pénalités.

Pour 2015, la menace de pénalités records se profile, alors même que les prix sont moins favorables. Certains pays européens ont déjà amorcé une baisse de production. En Allemagne, les derniers sondages font état d’une croissance de 0,05% seulement en novembre dernier.

La France a connu en 2014 une progression très nette de sa collecte avec +6,5% sur les dix premiers mois, mais suit une tendance similaire à celle de l’Allemagne et semble rejoindre le niveau moins élevé de 2013.Si France AgriMer évalue le prix standard du lait de vache à 358€/1.000 l en octobre, soit 7% de plus qu’en 2013, 2015 devrait connaître des prix un cran en dessous.

Perspectives

Au niveau mondial, si des prix plus bas annoncent une perspective difficile pour 2015, pour Benoit Rouyer, économiste au Cniel, il reste «difficile d’estimer l’ampleur et la durée du flottement».

Les poudres de lait sont actuellement impactées par la chute des cours, avec des niveaux de prix inférieurs au minimum atteint en 2012, mais le beurre connaît une perspective plus favorable. «Un retournement de tendance est tout à fait envisageable », ajoute Benoit Rouyer puisque la demande mondiale reste forte.

Pour tirer profit de ces opportunités, la France a d’ailleurs demandé à la Commission européenne d’améliorer l’observatoire européen pour anticiper davantage les fluctuations du marché aggravées par l’embargo russe, de développer un suivi des marchés mondiaux, et un suivi conjoint du secteur laitier et de celui des marchés de la viande bovine qui y est corrélé. La fin des quotas laitiers est également un défi quant au maintien des exploitations laitières dans les zones défavorisées. La France doit convaincre un certain nombre d’Etats membres (Pays-Bas, Danemark, Suède…) de la nécessité de renforcer les outils en place.

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