L'Oise Agricole 14 février 2020 à 15h00 | Par Dominique Lapeyre-Cavé

ACE : le travail, une vraie réflexion

La réunion Hivernale d’Avenir Conseil Élevage de l’Oise s’est déroulée à Quicampoix-Fleuzy le 11 février dernier avec le travail comme ligne directrice.

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Une réflexion sur le travail en élevage qui va au-delà du matériel et du factuel : on touche à des croyances, des représentations, au relationnel...
Une réflexion sur le travail en élevage qui va au-delà du matériel et du factuel : on touche à des croyances, des représentations, au relationnel... - © Dominique Lapeyre-Cave

Une dizaine d’éleveurs avaient fait le déplacement, certains étant empêchés par des dégâts de la tempête Ciara. Le sujet des Hivernales 2020 était centré sur le travail en élevage. Pour ce faire, une enquête, dont les résultats ont été présentés par Dominique Gavillon, avait été effectuée auprès des adhérents ACE. 335 d’entre eux ont répondu, représentant 240 exploitations dont 87 % ont une salle de traite, 10 % un robot et 3 % sont en bio. Il était rappelé que ce questionnaire ne vise nullement à porter un jugement sur le travail, mais juste permettre de mettre des chiffres sur le ressenti exprimé par les éleveurs enquêtés.

Il s’est avéré que l’éleveur moyen ACE enquêté a 44 ans, produit 732.000 l avec 2,6 UMO, a 13 postes de traite, a une amplitude horaire de travail de 13 h 18 et prend 14 jours de congés par an. Néanmoins, 63 % sont satisfaits de l’amplitude horaire et seulement 43 % du nombre de jours de congés. À ces chiffres, les réactions dans la salle ont été diverses, mais beaucoup ont souligné l’énorme décalage avec le reste de la société !

Plus dans le détail, des différences apparaissent pour les exploitations dotées d’un robot de traite. Les jours de congés sont plus nombreux, 23, ce qui ne satisfait que 38 % des éleveurs. Sans doute est-ce dû aux alarmes reçues sur les téléphones ! Il semble que l’amplitude de travail soit relativement homogène, autour de 13 heures. Pourtant, si l’intervalle entre les deux traites est raccourci, la baisse de production ne dure qu’un mois et demi. Au delà, les vaches s’habituent et retrouvent leur courbe de production ! Seul le taux protéique baisse.

Pour aller plus loin, l’enquête a sondé des aspects plus personnels qui touchent au lien intime au travail. Les multiples solutions qui peuvent améliorer le travail touchent aussi la partie immergée de l’iceberg, qui va au delà des simples aspects matériels, des nécessaires investissements et de l’organisation du travail.

ACE propose aux éleveurs de prendre du recul sur cette problématique : je clarifie le problème, je clarifie mes objectifs, j’identifie et l’explore les idées et les actions d’amélioration, je mets en place mon projet, puis je l’évalue et le réajuste.

Les solutions qui seront mises en œuvre auront un impact technique, économique, sur l’environnement de l’exploitation mais toucheront aussi le travail en lui-même, son organisation et donc les personnes sur l’exploitation : éleveur, conjoint, salarié, associé.

Dans tous les cas, la réflexion devra veiller à ne plus considérer le travail comme une valeur (il faut beaucoup travailler), changement générationnel et rupture de modèle agricole obligent. Le travail doit être réfléchi comme un moyen de production auquel il faut accorder une valeur économique.

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