L'Oise Agricole 15 mars 2019 à 11h00 | Par Actuagri

E-commerce des produits d’origine animale

Si les ventes en ligne de produits alimentaires d’origine animale ne représentent que de faibles volumes, elles sont amenées à s’accroître. Pour dresser un état des lieux de ce e-commerce et analyser les risques sanitaires qu’il peut représenter, une étude a été menée à la demande du ministère de l’Agriculture.

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En France, la vente en ligne est un phénomène non négligeable puisqu’elle a généré un chiffre d’affaires de 82 milliards de dollars en 2017.
En France, la vente en ligne est un phénomène non négligeable puisqu’elle a généré un chiffre d’affaires de 82 milliards de dollars en 2017. - © Agence de presse

En France, la vente en ligne est un phénomène non négligeable puisqu’elle a généré un chiffre d’affaires de 82 milliards de dollars en 2017. L’apparition des «géants du Web», ainsi que les innovations, ont donc bouleversé l’économie des entreprises. Le secteur alimentaire ne fait pas exception. Entre 2013 et 2017 quatre cents start-ups ont été créées en France dans la FoodTech avec des levées de fonds pouvant atteindre 317 millions.

Si ces start-ups et ces innovations concernent l’ensemble de la chaîne, de l’agriculture de précision à la distribution, le commerce et l’achat de produits alimentaires sont directement concernés par ces évolutions. Bien que les parts de marché du commerce alimentaire en ligne soient encore modestes, la livraison de produits commandés en ligne prend de l’ampleur et les modalités d’offres se multiplient (drive fermier, marketplace, paniers de produits…).

Le ministère de l’Agriculture a commandé une étude, réalisée par BLE Consulting et ABCIS, afin de dresser un état des lieux de leur vente en ligne et d’identifier qualitativement les éventuels risques sanitaires. Du fait de leur sensibilité sanitaire, les produits d’origine animale (DAOA) ont été ciblés dans cette étude.

1,3 milliard d’euros de produits d’origine animale vendus en ligne

La vente en ligne de produits carnés, laitiers et de la mer représenterait 1,3 milliard d’euros, soit 3 à 3,5 % du total des ventes de produits de grande consommation (PGC), tous circuits confondus. En 2017, environ 20 % des ménages français ont acheté sur Internet du fromage ou des produits ultra-frais.

Le développement de la vente en ligne varie fortement selon la nature du produit. En effet, les produits frais sont soumis à de fortes contraintes logistiques. Les auteurs indiquent que les drives de la grande distribution représentent plus de 80% des achats de produits alimentaires en ligne. Pourtant, leur organisation s’apparente à la logistique classique de la grande distribution. L’étude se concentre donc sur les autres canaux de distribution ; les opérateurs vendant leur production avec remise «directe au consommateur».

Parmi les opérateurs relevés par les auteurs, plusieurs types de vendeurs ont été distingués. On retrouve ainsi, des distributeurs classiques de PGC (grande distribution, grandes enseignes et marketplaces généralistes et, de manière plus marginale, des start-ups de courses à domicile), des vendeurs spécialisés en distribution alimentaire (enseignes spécialistes du surgelé, nombreux sites de vente en ligne en propre, appartenant à des commerçants, des artisans, des agriculteurs, voire des industriels), des vendeurs spécialisés en restauration (livraison ultra-rapide) et, enfin, des structures de mise en relation directe avec le consommateur (map, drive fermier, etc.).

Des risques sanitaires limités en raison des faibles volumes

L’immense majorité des sites analysés propose un service de livraison à domicile, et un tiers le dépôt en point relais. En dehors de cette «constante», les auteurs estiment que les modèles de vente en ligne sont très divers, tant en matière de produits que de services. En dépit de cette diversité, ils ont aussi réussi à dégager des grandes lignes pour analyser les risques sanitaires «spécifiques» liés à cette activité. Ils concluent d’ailleurs leur étude en indiquant que ces risques sont limités, d’autant plus que «les volumes de produits frais vendus par Internet sont encore très réduits et le taux d’exposition du consommateur est donc faible». Ils n’excluent pas, cependant, que ces risques s’accroissent avec l’augmentation des flux de commerce numérique, mais les risques pourraient s’accroître demain avec l’augmentation des flux de commerce numérique.

Sur la base des risques identifiés et des attentes exprimées par les opérateurs, ils proposent d’ailleurs aux acteurs publics, en particulier au ministre de l’Agriculture et de l’alimentation, trois axes de recommandation. En premier lieu, ils conseillent de mieux suivre et anticiper les évolutions de ce secteur, mais aussi de clarifier les règles qui s’y appliquent. Dans un deuxième temps, ils proposent de réduire les risques aux étapes les plus critiques (identification par les services de contrôle de l’ensemble des opérateurs de la commercialisation des DAOA, amélioration de l’encadrement du transport en froid autoporté). Enfin, les auteurs recommandent de mieux communiquer pour sensibiliser les professionnels et les consommateurs aux spécificités du e-commerce de ces produits.

Vente en ligne

La vente en ligne de produits et de services prend de l’ampleur en France puisqu’elle a généré un chiffre d’affaires de 82 milliards d’euros en 2017. Il devrait être de 90 milliards d’euros en 2018. Concernant les produits de grande consommation (PGC), les ventes étaient estimées à 7,5 milliards d’euros en 2017, soit environ 8,3 % des dépenses de PGC, tous circuits confondus. 4,9 milliards d’euros ont été retirés dans un drive et 2,6 milliards livrés à domicile.

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