L'Oise Agricole 14 janvier 2019 à 13h00 | Par Gaëtane Trichet

Expandis : «nous regardons l’avenir sereinement»

Cette année, Expandis aura commercialisé 239.731 tonnes de productions totales qui se composent ainsi : 168.000 t de pommes de terre, soit 70 % des volumes de la coopérative, 6.300 t de plants (3 % des volumes) et 65.000 t de légumes.

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Bruno Demory. Les comptes clos le 30 juin 2018 montrent une augmentation du chiffre d’affaires de 10,7 % et du résultat net de 53,2 %. Les excellents résultats permettent de verser un montant de ristournes aux associés coopérateurs plus important que l’an passé (565.843 € contre 306.771 €).
Bruno Demory. Les comptes clos le 30 juin 2018 montrent une augmentation du chiffre d’affaires de 10,7 % et du résultat net de 53,2 %. Les excellents résultats permettent de verser un montant de ristournes aux associés coopérateurs plus important que l’an passé (565.843 € contre 306.771 €). - © Agence de presse

Les légumes représentent 41 % des surfaces emblavées, 27 % des volumes et on note un fort développement du légume vert en hausse de 73 % en 4 ans. «Les chiffres montrent qu’Expandis dynamise bien vos légumes». Et le dynamisme, ce n’est pas ce qui manque à la coopérative légumière. «La hausse des surfaces emblavées et celle des chiffres d’affaires par hectare de la plupart de nos cultures confirment à la fois l’intérêt de ces productions dans nos assolements et valide la position de metteur en marché d’Expandis. Ces bons résultats ont été obtenus notamment grâce à la rigueur et à la bonne gestion. Cela nous permet de regarder sereinement l’avenir» a confirmé Bruno Demory, le président.

Des perspectives d’avenir

Face aux évolutions économiques, techniques, réglementaires, sociétales et climatiques, les responsables de la coopérative entendent diversifier leurs débouchés, innover dans les techniques de production pour toujours plus de qualité, plus de rendements, renforcer leurs offres de services pour répondre aux attentes de leurs clients, et réfléchir dans la gestion à long terme pour maîtriser encore mieux les coûts d’intermédiation. Face à ces enjeux, le conseil d’administration et les cadres d’Expandis ont mené une réflexion stratégique sur les priorités à donner à notre développement. Il ressort 3 axes de développement. «Si nous voulons toujours être là demain, nous devons continuer à servir les intérêts agricoles de nos adhérents, faire des choix économiques et rentables qui permettent de maintenir la stabilité et la rentabilité de nos productions et s’ouvrir à de nouveaux marchés, à de nouvelles techniques de production ou de gestion. Nous souhaitons bâtir des projets adaptés avec nos clients et nos sociétaires, rester à l’écoute et savoir répondre aux attentes, ne pas s’enfermer uniquement dans ce que l’on sait faire et ce que l’on a déjà fait. Il nous faut innover et faire partager nos valeurs agricoles et de coopération que sont la transparence, l’équité, la solidarité commerciale. Ces valeurs nous ont permis d’être toujours présents 18 ans après la création d’Expandis. Sachons les faire partager».

Partager en interne, porter en externe

Pour dynamiser les légumes, les responsables de la coopérative ont mis en place différentes mesures. La première, la mise en place d’une commission pérenne sur la recherche de nouveaux débouchés, aura pour objectif une diversification de l’offre aux clients et aux producteurs et éventuellement aussi, une diversification des rotations. Cela peut se faire par de nouvelles productions (exemple : les patates douces) ou en cherchant de la valeur dans la segmentation des marchés. «On le fait à travers le calibrage des carottes et demain celui des pommes de terre à chips. L’un des objectifs sous-jacents est aussi d’apporter un regain de motivation aux producteurs» a expliqué le président.

Deuxième axe de développement : apporter une solution de stockage en palox à la coopérative ou chez l’adhérent. Cela pourrait constituer un service aux associés coopérateurs qui sont peu ou pas équipés en stockage. Pour la coopérative, le stockage en palox pourrait apporter une meilleure traçabilité des lots, la possibilité de répondre à des demandes de produits calibrés, d’assurer la jonction entre le déstockage de deux bâtiments ou pallier à une livraison d’urgence sans avoir à ouvrir un bâtiment de 1.000 ou 2.000 tonnes.

Enfin, pour répondre à la demande sociétale et pour prendre un part active à la construction d’un modèle agricole plus vertueux, en phase avec ses valeurs, Expandis va engager de grands moyens en agronomie pour pouvoir fournir une offre 0 résidu à ses clients à l’horizon 2025. «L’enjeu, en dehors de l’image positive, c’est tout simplement le maintien et le développement de nos débouchés. Cela passera par l’amélioration de notre technique et demandera l’implication de tous. Sur chacun de ces trois axes, une commission a déjà été constituée et nous vous invitons tous à y participer» a encouragé le président. Et de poursuivre : «toutes ces perspectives de développement ne seront efficaces que si nous arrivons à les faire partager à nos adhérents et à nos partenaires dans les filières. Partager en interne, porter en externe», a t-il conclu en insistant sur le besoin de communiquer sur les objectifs de la coopérative. «Il faut allier le savoir-faire et le faire savoir. Or, si nous avons une communication opérationnelle efficace en interne grâce au site extranet, force est de constater que notre savoir faire est limité en termes de communication extérieure» a regretté Bruno Demory.

La transition était toute trouvée pour l’intervenant, M. Legay, spécialiste de la communication. Ce dernier est largement revenu sur l’influence et le pouvoir des réseaux sociaux. «Il faut d’abord y trouver votre intérêt à publier et à utiliser les différents canaux pour ne pas perdre de temps et cibler correctement vos messages». Facebook, twitter, instagram, YouTube… aujourd’hui, pour communiquer juste et bien, être on line est obligatoire.

Retour sur la campagne légumière 2017-2018

Les conditions météorologiques ont bien sûr impacté les cultures légumières. À la hausse pour certaines, à la baisse pour d’autres. «L’impact sur les moyennes globales est fort. Encore plus qu’a l’accoutumée, il a fallu anticiper, expliquer en permanence les choix faits pour mettre en adéquation les productions et les besoins de nos clients» a expliqué François Bobin, directeur d’Expandis.

Pois : avec plus de 1.000 ha, Expandis est devenu un acteur important. Le chiffre d’affaires est de 1.620 euros en prévisionnel, «pas satisfaisant», la disparité des résultats est flagrante. En effet, l’amplitude de chiffre d’affaires s’établit entre 700 et 2.500 €/ha.

Haricots verts : 100 % de la surface est produite en seconde culture pour plus de 600 ha. Le chiffre d’affaires moyen dépassera les 2.000 euros, soit 3.600 euros à la moyenne pour la double culture pois + haricots.

Flageolets : 100 % des 300 ha sont conduits en seconde culture. La moyenne de rendement pour 2018 est de 4,28 t, en léger recul par rapport à 2017. Elle cache une amplitude du simple au quadruple et fait apparaître un chiffre d’affaires en progression de 10 % en comparaison à 2017.

En oignons blancs, face à une concurrence conjoncturelle de pays comme l’Inde et la Chine, et structurelle avec l’augmentation des coûts de l’énergie et des transports, les clients ont réduit leurs besoins en surface. C’est donc un peu moins de 180 ha qui ont été ensemencés. «Le rendement de 34 t à la moyenne s’explique en partie par une relocalisation chez les adhérents de la Somme qui proposent des terres vierges avec de bonnes réserves hydriques». Le chiffre d’affaires s’en trouve mathématiquement amélioré pour une prévision s’approchant des 4.900 euros.

Les jeunes carottes présentent une surface stable avec 641 ha. Le rendement objectif moyen final de 42 t n’est pas atteint suite à plusieurs facteurs : précocité des pois, météo avec des semis tardifs et irrigation très insuffisante dans certaines situations. L’amplitude des rendements est très importante, quelle que soit la durée de végétation. Les résultats vont du simple au triple, à minima. Dans ce contexte, avec un rendement moyen en retrait de près de 25 %, le chiffre d’affaires prévisionnel se maintiendra néanmoins aux alentours de 2.800 euros/ha.

Grosses carottes : les surfaces sont stables. Comme en betteraves, l’année est excellente en rendements. «Trop même, puisque le marché est saturé. Notre capacité à anticiper nous a néanmoins permis de vendre environ 50 % du surplus de production à un prix non bradé» s’est félicité le directeur. Le chiffre d’affaires moyen avoisine les 3.400 euros hors ristournes éventuelles.

En salsifis, «nous retrouvons une dynamique d’augmentation des surfaces qui devraient s’intensifier ces prochaines années avec une possible relocalisation des productions dans nos régions». Avec un rendement de 32 t à la moyenne, le chiffre d’affaires se situe à plus de 6.000 euros avec des pointes à plus de 8.500 euros.

Pommes de terre : 110.000 t commercialisées par Expandis pour les chips en 2017 et un peu plus de 58.000 t de pommes de terre pour les frites. De bons rendements ont été notés avec plus de 40 t/ha en chips et 45 t/ha en frites, le tout assorti de bons niveaux de matière sèche. Ces bons rendements ont apporté des surplus et les prix de revente pour les chips se sont situés entre 60 et 120 €/t, là où les frites n’ont jamais excédé 50 €/t. Qualitativement, on retrouve 95 % des livraisons en premier choix, 4 % en second choix et 1 % en flocon.

Le chiffre d’affaires moyen s’établit à 4.410 €/ha base récolte et à 5.635 €/ha au 15 avril avec les primes de stockage soit une augmentation de 5 % du chiffre d’affaires moyen par rapport à la précédente campagne.

Plants de pommes de terre : 212 ha de plants ont été produits en 2017 soit 6 % de plus qu’en 2016. 209 ha ont été certifiés ce qui correspond à 92,5 % des surfaces emblavées. Pour 2018, la tendance est à la hausse avec 239 ha soit +12 %.

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