L'Oise Agricole 27 juin 2019 à 10h00 | Par Florence Guilhem

Fluctuations importantes des prix en Hauts-de-France

La hausse des prix des terres libres ou louées se poursuit sur un marché foncier agricole fermé. Comme les années précédentes, on observe de fortes disparités entre les territoires.

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- © Florence Guilhem

Si la Safer Hauts-de-France enregistre une augmentation des surfaces vendues en 2018 de 10 %, soit 31.280 ha contre 28.358 ha en 2017, le marché des terres agricoles reste un marché fermé. Sur ces 31.280 ha, le marché non agricole en comprend 8 438 ha et le marché foncier agricole 22.842 ha (soit 73 % de la destination totale des terres).

Sur ces 22.842 ha, 13.139 ha ont été acquis par des agriculteurs locataires en place, ce qui représente une hausse de 2 %, après une forte diminution constatée au cours des deux années précédentes. C’est donc encore le marché des terres louées qui est nettement prédominant en nombre et en surface dans les Hauts-de-France. Enfin, sur ces 22.842 ha du marché foncier agricole, la Safer en a préempté 2.184 ha. Quant aux prélèvements de foncier agricole pour l’urbanisation, ils se sont stabilisés autour de 1.700 ha après deux années de hausses consécutives. La moyenne des hectares disponibles par département est autour de 5.500 ha. Une fois cela dit, «on observe, dans l’Aisne, une augmentation des ventes de grandes exploitations à la différence des autres départements de la région, qui n’enregistrent qu’une légère hausse. Seule la Somme accuse une baisse des ventes», commente Olivier de France, chef du service régional Picardie de la Safer Hauts-de-France, lors de l’assemblée générale de la Safer Hauts-de-France, le 21 juin dernier, à l’abbaye de Vaucelles, dans le Nord. Comme toujours, la pression foncière est à l’origine de la cherté des terres.

Prix des terres libres

De façon générale, le prix des terres libres a augmenté en Hauts-de-France de 1,4 % en 2018 alors qu’à l’échelle nationale l’augmentation n’est que de 0,1 %. Pour ce qui est des terres occupées, l’augmentation est de 3,4 % alors qu’elle est de 1,1 % à l’échelle nationale.

Le prix moyen triennal des terres et prés libres non bâtis en 2018, dans la Somme, est de 9.700 e/ha contre 9.470 e/ha en 2017, soit une hausse de 2 %. Mais les prix dans l’est du département enregistrent une hausse plus conséquente, dépassant les 10 000 e/ha pour le Santerre. C’est dans le Ponthieu que l’on enregistre une forte hausse du prix, qui est passé de 8.140 e/ha en 2017 à 9.650 e/ha en 2018, soit + 19 %.

Dans l’Aisne, le prix moyen triennal en 2018 est de 8.630 e/ha contre 8.820 e/ha en 2017, soit une baisse de 2 %. Seules les terres des régions du Saint-Quentinois et du Laonnais, ainsi que de la Champagne crayeuse atteignent des plafonds supérieurs, avec un prix moyen de plus de 9.500 e/ha. Une fois cela dit, dans ce secteur, les prix ont chuté de 10 %, puisqu’ils étaient en 2017 de 10 600 e/ha. A contrario, dans le Soissonnais et le Valois, le prix moyen triennal est passé de 6.700 e/ha en 2017 à 8.030 e/ha en 2018, soit + 20 %.

Dans l’Oise, le prix moyen est de 9.900 e/ha en 2018 contre 8.920 e/ha en 2017, soit une hausse de 11 %. Là encore, on observe de fortes disparités entre les territoires isariens. En effet, si dans le Vexin, le Pays de Telle et le Clermontois, le prix moyen triennal chute de 15 % (8.840 e/ha en 2018 contre 10.370 e/ha en 2017), il explose à 42 % dans le Plateau picard (9.990 e/ha en 2018 contre 7.020 e/ha en 2017). A noter toutefois que la baisse des prix des terres libres dans le Vexin n’est pas significative, selon la Safer, car les ventes portent majoritairement sur des biens loués. L’évolution des prix est donc plus proche de la réalité du terrain (+ 3 %).

Que ce soit dans l’Oise ou dans les autres départements de l’ex-Picardie, un creusement des écarts est constaté entre zones d’élevage et zones de grandes cultures. «Et le fossé se creuse entre les grosses structures avec des productions à forte valeur ajoutée et les petites ou moyennes structures», note Olivier de France.

Dans le Nord, on assiste à une baisse du prix moyen de l’ordre de 2 % (12.700 e/ha en 2018 contre 12.960 e/ha en 2017). La baisse la plus conséquente, soit 10 %, est enregistrée dans la Plaine de la Scarpe, le prix moyen triennal passant de 11.600 e/ha en 2017 à 10.460 e/ha en 2018. Le Hainaut n’est pas non plus épargné, avec une baisse de 9 %. A contrario, le Cambrésis tire son épingle du jeu, le prix moyen passant de 15.390 e/ha en 2017 à 16.240 e/ha en 2018, soit une hausse de 6 %.

Enfin, dans le Pas-de-Calais, le scénario est à l’identique de son voisin du Nord, puisque le prix moyen triennal, tous territoires confondus, baisse également de 2 %, passant de 12.470 e/ha en 2017 à 12.210 e/ha en 2018. Ce sont le Waterings et les Collines guinoises qui enregistrent la plus forte baisse, soit - 6 % entre 2017 et 2018, et le Boulonnais qui enregistre la plus forte hausse, soit + 7 %. Que ce soit pour ce département, comme pour le Nord, tous deux font toujours face à une forte distorsion entre zones d’élevage et zones de grandes cultures.

Prix des terres louées

Dans la Somme, le prix moyen triennal affiche une hausse de 3 %, passant de 6.160 e/ha en 2017 à 6 350 e/ha en 2018. Une fois encore, c’est dans le Santerre que la hausse est la plus importante, soit de 6 %, avec un prix passant de 6.680 e/ha en 2017 à 7.100 e/ha en 2018.

Dans l’Aisne, la hausse est de même niveau que dans la Somme, avec un prix moyen de 6 560 e/ha en 2017 à 6 770 e/ha en 2018. Seul le Soissonnais «explose les compteurs», avec un prix de 6 110 e/ha en 2017 contre 6.750 e/ha en 2018. En revanche, le Tardenois et Brie, ainsi que la Thiérache enregistrent un recul, respectivement de 4 et 1 %.

Dans l’Oise, la hausse du prix moyen est de 2 %, celui-ci étant passé de 2017 à 2018 de 6.170 e/ha à 6.270 e/ha. Seul le Pays de Bray enregistre un recul, à hauteur de 1 %.

Dans le Nord, le prix grimpe de 4 %, passant, entre 2017 et 2018, de 5.560 e/ha à 5.790 e/ha. La région de Lille, Pévèle, la Plaine de Scarpe, la Flandre intérieure, la Flandre Maritime, la Thiérache et la Plaine de la Lys enregistrent des augmentations entre 5 et 7 %.

Dans le Pas-de-Calais, on atteint une augmentation de 5 %, tous territoires confondus, avec un pic dans le Boulonnais (+ 8 %) et le Ternois (+ 7 %). Le prix moyen triennal, tous territoires confondus, est passé, entre 2017 et 2018, de 5 790 e/ha à 6 070 e/ha.

Si la hausse des prix est plus importante pour les terres louées, c’est parce que «de plus en plus de locataires en fin de carrière et sans successeur proposent des prix d’achat s’approchant de la valeur des terres libres pour sécuriser à terme la transmission de leur exploitation. Mais l’écart avec le prix moyen des terres libres reste néanmoins important», conclut Olivier de France.

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