L'Oise Agricole 19 mars 2020 à 08h00 | Par D.

JA 60 et FDSEA 60, une communication positive dans le temps

Alexandre Lucien, éleveur à La Chapelle-aux-Pots, a été élu président de la section en charge de la communication au sein de la FDSEA 60. Ce jeune éleveur, plein d’ambitions en tête, souhaite redynamiser l’agriculture avec un travail collaboratif entre les deux syndicats agricoles JA et FDSEA.

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Alexandre Lucien, éleveur à La Chapelle-aux-Pots.
Alexandre Lucien, éleveur à La Chapelle-aux-Pots. - © D.

Pouvez-vous présenter votre parcours et ce qui vous a amené à l’agriculture ?

J’ai suivi la suite logique (rire) : les Lucien sont des agriculteurs depuis mon arrière grand-père. Sorti de mon brevet des collèges, je suis rentré en école d’agriculture. J’ai fait quatre ans à Brémontier-Merval en Seine-Maritime pour faire un Bepa (brevet d'études professionnelles agricoles). Je suis allé dans la Somme pour faire un BTS à Flixecourt. Durant ces deux années, j’ai préparé mes projets d’installation qui était la fromagerie et la reprise avec mon père de la ferme en société.

De là, tout c’est enchaîné avec la fabrication du laboratoire, le magasin et la rénovation des bâtiments. Je m’occupe de la partie production, en dehors de la transformation et de la vente, au sein de l’exploitation : le lait, le maïs, les productions fourragères.

Qu’est-ce qui vous a amené au syndicalisme ?

Cela fait six que je suis au syndicat et mon père était déjà au sein de la FDSEA. J’ai baigné dedans ! Je ne fais pas vraiment la différence entre les structures Jeunes Agriculteurs et FDSEA. Ce n’est pas l’une qui représente l’autre, elles sont complémentaires. Il s’agit des jeunes et des «anciens» qui travaillent ensemble, il s’agit d’une autre suite logique au sein du syndicalisme. Je fais partie des deux syndicats pour le moment.

Pour moi, c’est important de défendre les valeurs de notre métier. Il ne faut pas oublier que l’agriculture est la base de la vie, c’est ce qui nourrit le peuple. Certes, on a besoin d’autres corps professionnels mais si on ne se nourrit pas, on ne vivra pas longtemps (rire). Aujourd’hui, en haut lieu, on a souvent des personnes très déconnectées du terrain qui prennent des décisions à notre place et parfois, c’est important de leur rappeler que nous sommes sur le terrain et nous savons les problématiques liées à notre métier. Il faut leur apporter des choses concrètes sur les décisions qu’ils prennent. De plus, accueillir les gens sur l’exploitation permet de partager une véritable expérience.

Quelles seront les actions que vous allez mener en tant que président de la section communication au sein de la FDSEA ?

En tant que président de section, j’ai décidé de travaillé en étroite collaboration avec les Jeunes Agriculteurs. J’ai les deux casquettes, je ne veux pas uniquement travailler avec la FDSEA. Si nous devons faire des actions, les Jeunes Agriculteurs et la FDSEA doivent aller de l’avant main dans la main. J’aimerais faire de la communication positive dans le temps. Je ne dis pas forcément qu’il faut intervenir que lorsqu’une actualité négative apparaît, mais surtout parler de notre métier, de notre savoir-faire en permanence.

Par exemple, les Jeunes Agriculteurs de Côte d’Or ont lancé une page Facebook nommé «Agriloving». Ici, des jeunes, des moins jeunes qui, au-delà des appartenances syndicales, des opinions partisanes, défendent l’agriculture à travers de posts positifs, toutes productions confondues bien évidemment. Cela va être plus pédagogique pour tout le monde que de visionner des photos ou des courts-métrages.

Car lorsqu’un sujet négatif sort d’un média ou autre, l’agriculture, par la suite, a une mauvaise image car nous intervenons souvent sur un coup de tête. Du coup, on a tendance à se faire mal voir. Dès lors, il faut au quotidien montrer aux gens notre manière de travailler. Je prends l’exemple d’une insémination sur une vache, non ce n’est pas du «viol», la vache est juste en chaleur au bon moment et on montre en toute transparence que cela consiste juste à féconder une vache ou une génisse en déposant la semence d’un taureau. Pas la peine de cacher et/ou d’aménager la vérité, il faut juste être franc avec les gens.

En ce qui concerne les messages positifs, toutes les idées sont les bienvenues. C’est un travail d’équipe JA et FDSEA, certains feront des vidéos, d’autres partageront ou publieront des posts sur Twitter ou Facebook par exemple. Les deux syndicats doivent être complémentaires. Tout le monde utilise les réseaux sociaux, nous devons être présents dans ces moyens de communication.

Autre objectif, lorsque l’on aura du beau temps (rire), l’idée serait de faire des portes ouvertes comme l’an passé Un dimanche à la ferme. C’était dans la ferme des Bisshop, les gens sont venus voir de A à Z toute l’exploitation avec des explications sur les machines et le fonctionnement de la ferme.

Dans notre exploitation, nous faisons de la vente directe, donc nous accueillons les gens et nous leur permettons de voir la manière dont on traite nos bêtes.

L’été, je propose même aux personnes de m’accompagner chercher les vaches, cela permet de partager une bonne heure en toute convivialité. Ils changent donc d’avis, les éleveurs ne maltraitent pas les bêtes ; au contraire, ils en prennent soin. On fait très attention au bien-être animal ! Nous pouvons aussi venir en soutien au comité de pilotage des événements comme Campagne en fête afin de valoriser ce moment de partage.

Comment voyez-vous l’agriculture ?

Je suis assez partagé… Le souci, dans les petits villages, c’est que les agriculteurs et éleveurs s’accrochent… mais la misère est toujours présente. Nous, dans notre exploitation, on ne peut pas parler de misère car nous sommes sortis du système industriel. Cependant, nous avons des voisins qui ne font que du lait et ils sont tributaires des cours mondiaux et malheureusement, ils trinquent.

Et j’ai toujours envie de dire que les premiers qu’il faut aider, c’est bien eux, ceux qui sont terrés dans les fermes dans leur train-train quotidien. C’est aussi ces gens-là que j’ai envie de faire participer dans la communication car ils peuvent apporter des témoignages poignants. Je pense que cela peut être une bonne façon de leur redonner le moral, du peps.

On redynamise l’agriculture, nous pratiquons tous le même métier, nous partageons une expérience, nous ne devons donc mettre personne de côté et travailler ensemble pour embellir encore plus l’agriculture.

 

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