L'Oise Agricole 16 avril 2020 à 09h00 | Par Dominique Lapeyre-Cavé

L’enseignement agricole s’adapte aux circonstances

Bien que ne dépendant pas de l’Éducation nationale et malgré ses spécificités, les établissements de l’enseignement agricole, public ou privé, ont dû modifier leurs pratiques.

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Comme pour les établissements, l’enseignement agricole a dû s’adapter.
Comme pour les établissements, l’enseignement agricole a dû s’adapter. - © gutner

Comme tous les établissements recevant du public, ils ont fermé leurs portes et ont dû se mobiliser pour assurer la continuité pédagogique. Patrick Gomel, directeur de la MFR du Noyonnais, a choisi la souplesse : «On fait le planning des cours à la semaine et on travaille à distance. Les professeurs assurent l’enseignement de leur matière en visio ou les envoie par mail aux élèves. Bien sûr, cela ne remplace pas un cours en salle, mais l’avantage, c’est que les parents se sentent plus impliqués», concède-t-il.

Et puis l’accompagnement des élèves et le maintien du lien se fait grâce à la page Facebook de la MFR où de nombreuses activités sont proposées : recettes de cuisine, problèmes de maths à résoudre dans le potager. Les stages des élèves ont souvent été annulés mais les apprentis continuent à être accueillis dans le respect des règles sanitaires liées à l’épidémie de Covid-19.

Nicolas Caudal, directeur des CFA agricoles publics des Hauts-de-France, confirme que les apprentis de l’Oise, qui sont environ 500, continuent à être accueillis par les entreprises. Au printemps, les apprentis passent même parfois 2 semaines en entreprise pour une en centre de formation. «Pour la partie en centre, nous procédons à distance avec différents outils selon le niveau de formation et d’équipement des élèves. Pour les BTS, les cours se font en visioconférence, plusieurs plateformes sont utilisées pour l’échange de documents entre professeurs et élèves, des envois peuvent être faits et les élèves qui ne sont pas équipés peuvent venir chercher les cours que nous imprimons ou nous leur postons quand ils ne peuvent pas se déplacer.»

Philippe Commun, directeur du lycée agricole d’Airion, précise : «Des ENT, espaces numériques de travail, existaient au préalable, mis en place grâce à l’aide de la Région. Ils étaient déjà utilisés mais, avec la fermeture des écoles, l’usage a explosé, avec quelques bugs au départ. Mais cela fonctionne maintenant plutôt bien, même s’il est évident que cela ne remplacera jamais un enseignement présentiel.» Pour perturber le moins possible les élèves, le même emploi du temps a été conservé, tout comme les réunions de l’équipe enseignante qui fait le point sur le suivi des élèves à distance.

Tous les établissements ont le souci d’assurer la continuité pédagogique et les contacts sont réguliers avec les élèves ou leur famille pour s’assurer que personne ne décroche. Camille Lemoine, chargée de communication à l’Institu Charles-Quentin de Pierrefonds, le reconnaît : «toutes les semaines, les équipes pédagogiques et administratives font un point sur les travaux des élèves pour éviter le décrochage. C’est difficile de travailler chez soi, en famille, et parfois, il y a un seul ordinateur pour la famille.»

Évidemment, les apprentissages pratiques ne peuvent plus avoir lieu dans les centres de formation et les tuteurs en entreprise sont sollicités pour, dans la mesure du possible, assurer la formation. Mais certains professeurs font preuve d’une grande créativité pédagogique et mettent en ligne des tutoriels d’apprentisasage.

Quid des examens ?

Si les élèves dont l’année ne se clôt pas en juin 2020 par des examens vivent plutôt bien le confinement, il en est de même pour tous ceux qui doivent valider un diplôme cette année. «Nous attendons des instructions du ministère de l’Agriculture qui ne s’est pas encore prononcé, contrairement à celui de l’Éducation nationale. Mais nous nous attendons à une décision similaire, à savoir la prise en compte du contrôle continu», confie Nicolas Caudal.

«Ce qui est sûr, c’est que la situation de chaque élève sera étudiée avec bienveillance afin ne pas pénaliser les jeunes», renchérit Philippe Commun.

En attendant, le contrôle continu se poursuit, comme si des épreuves, orales ou écrites, allaient se dérouler en fin d’année scolaire. «Sur notre site, nous tenons à jour une foire aux questions Covid-19 à ce sujet car de nombreuses rumeurs circulent parmi les élèves, qui sont pour la plupart assez inquiets à propos des examens», prévient Nicolas Caudal.

Inscriptions 2020-2021

Mars et avril sont les mois privilégiés par les établissements pour organiser des portes ouvertes qui feront connaître aux élèves les formations proposées, les contenus pédagogiques, les sites et les débouchés. Bien entendu, toutes ont été annulées, mais les établissements ne manquent pas d’imagination pour pallier cet inconvénient : visite virtuelle des locaux, vidéos de présentation, campagnes de communication dans la presse, sur les ondes ou via les réseaux sociaux…

À l’institut Charles-Quentin, on reste positif : «si le déconfinement a lieu, nous organisons une journée portes ouvertes le samedi 16 mai, de 9 à 17 heures. Tous les jeudis de 17 h à 21 h, le directeur se rend disponible pour accueillir les familles.» De même, Patrick Gomel, de la MFR du Noyonnais, reste disponible pour répondre aux questions des élèves et des parents.

Les pré-inscriptions peuvent se faire par les sites internet et toutes les équipes sont mobilisées pour répondre aux questions des jeunes intéressés.

Les responsables des établissements ne sont pas inquiets sur l’intérêt que présentent les cursus proposés, mais plus sur la capacité des entreprises à recevoir l’année prochaine des apprentis qui sont d’abord des salariés. La crise sanitaire se double d’une crise économique que ne sera pas surmontées par toutes. Et puis, celles qui auront passé le cap auront-elles la disponibilité et les moyens pour accueillir et former des jeunes ? Toute la question est là.

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