L'Oise Agricole 08 mai 2020 à 11h00 | Par actuagri

La Chine, la bouée de sauvetage de l’agriculture mondiale

La consommation de produits agricoles est fortement affectée par le confinement d’une grande partie de la population de la planète. Seul le redressement économique de la Chine pourrait offrir des débouchés aux produits agricoles dorénavant excédentaires, selon l’économiste Philipe Chalmin.

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- © Katharina Hesse

Le virus du Covid-19 a deux adversaires plus coriaces que lui : la sécheresse dans le bassin de la Mer Noire et la peste porcine en Chine. Sinon, la pandémie a mis à plat l’ensemble des marchés agricoles, analyse Philippe Chalmin dans sa lettre du Cyclope publiée le 18 avril dernier.

Depuis l’emblavement des céréales d’hiver l’automne dernier dans le bassin de la Mer Noire, leur développement est compromis par un déficit hydrique persistant. Les récentes précipitations ne sont pas suffisantes pour le combler.

En Chine, la crise sanitaire du Covid-19 a éludé quelque temps la crise de la peste porcine pourtant persistante. «La production chinoise de viande porcine a diminué de 29 % au premier trimestre 2020 à 10,3 Mt. Celle de l’ensemble des viandes est en recul de 19,5 % à 18,1 Mt». «Les importations chinoises de viande de porc au premier trimestre ont doublé pour atteindre le million de tonnes. Ceci explique le maintien de cours soutenus en Europe malgré la concurrence accrue des États-Unis sur le marché chinois», remarque Philippe Chalmin. L’ex-empire du Milieu poursuivra aussi ses importations de viandes bovine et ovine.

«La Pac est bien morte !»

Dans le reste du monde, l’épidémie a déstabilisé les filières agricoles en plongeant certaines d’entre-elles dans une crise économique très violente, analyse Philippe Chalmin. Les cours du maïs se sont effondrés car la filière bioéthanol est à l’arrêt aux États-Unis, entrainée par la chute des cours du pétrole. La céréale pâtit aussi, comme l’orge fourragère, de la baisse de la production d’aliments du bétail. Mais «l’administration a augmenté les aides de la politique agricole : l’agriculture devrait récupérer 23,5 milliards $ d’aides supplémentaires» alors que «le commissaire européen à l’agriculture, le polonais Janusz Wojciechowski, a déclaré qu’il n’avait aucun budget pour répondre aux demandes des États membres et de filières, souligne Philippe Chalmin… La Politique agricole commune est bien morte !».

Depuis qu’un tiers de la planète est confinée, «la crise laitière pourrait être l’une des plus importantes de celles provoquées par le coronavirus», affirme Philippe Chalmin. La surproduction de lait est déjà une réalité dans de nombreux pays puisque les consommateurs boudent les produits frais. Par ailleurs, les pays producteurs de pétrole n’ont plus les moyens d’en importer. Aussi, davantage de lait est transformé en poudre et en beurre. La baisse des prix de ces produits se répercute déjà sur le prix du lait payé aux producteurs laitiers à peine remis de la précédente crise du lait. Par ricochet, les filières de bovin viande vont aussi être déséquilibrées par l’afflux des réformes de vaches laitières dans les abattoirs.

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