L'Oise Agricole 25 octobre 2020 à 11h00 | Par Agence de presse

La filière cidricole en appelle aux maires pour retrouver son élan

Les professionnels du cidre demandent aux mairies d’avancer leurs commandes de fin d’année pour évacuer les excédents de stocks.

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Les producteurs de cidre comptent sur la consommation locale.
Les producteurs de cidre comptent sur la consommation locale. - © Agence de presse

La filière cidricole a envoyé une lettre à plus de 6 000 maires de France pour les inciter à s’approvisionner plus tôt que prévu en cidre auprès de producteurs locaux, informe un communiqué le 8 octobre. L’interprofession du cidre (Unicid), les maisons cidricoles de Bretagne et Normandie et les Cidres de Loire, cosignataires de la lettre, appellent «toutes les mairies à avancer leurs achats de cidre sans attendre la fin de l’année ou la période traditionnelle de la galette des rois» afin «d’accélérer l’écoulement des excédents de stocks». Ils recommandent de se saisir du décret du 23 juillet qui assouplit le code des marchés publics pour l’achat de denrées produites durant l’état d’urgence sanitaire et livrées d’ici le 10 décembre. «Le décret autorise notamment [...] la conclusion de marchés publics sans publicité ni mise en concurrence lorsque le marché répond à un besoin inférieur à 100 000 E hors taxes, les lots ne devant pas excéder 20 % de la valeur totale estimée de tous les lots», rappellent les cosignataires. Ils préconisent également de se référer au vade-mecum publié par l’Association des maires de France (AMF) en 2016 sur les bonnes pratiques de l’approvisionnement local.

Stoppée en plein élan

La filière cidricole, qui rassemble 12 000 producteurs de fruits et 500 cidriers, s’inquiète de voir ses cuves encore pleines alors que la récolte dans les vergers a commencé avec dix jours d’avance et s’annonce «abondante». Or, le marché demeure «morose» depuis le confinement, avec une baisse des ventes de «plus de 6 %» sur les huit premiers mois de l’année en grande distribution - secteur qui représente 60 % du marché - par rapport à 2019, indique l’Unicid. Quant à la consommation hors-domicile, elle a été «inexistante» sur la même période et ne reprend «que progressivement et partiellement». Si certains cidriers bretons et normands ont pu rattraper en partie leur chiffre d’affaires grâce aux touristes estivaux, la situation de la filière «reste globalement alarmante».

Les déconvenues liées à la Covid-19 heurtent d’autant plus la filière que celle-ci s’était engagée dans une démarche de segmentation. Après «une lente érosion des volumes», les ventes de cidre dans l’Hexagone avaient augmenté de 3,3 % en 2019, atteignant 80 millions de litres plus 10 millions de litres pour l’export, soit 225 millions d’euros de chiffre d’affaires, indique l’Unicid.

Pour le vin, des centaines de millions perdues à cause du couvre-feu

Le couvre-feu devrait occasionner une perte de chiffre d’affaires de plusieurs centaines de millions d’euros à la filière viticole, du fait de la fermeture des cafés-hôtels-restaurants (CHR) le soir. Se basant sur les estimations de pertes de chiffre d’affaires entraînées par le confinement de onze semaines, la Confédération nationale des AOC viticoles (Cnaoc) calcule une perte d’environ 400 ME sur le segment des CHR, si le couvre-feu dure six semaines. Le confinement avait entraîné des pertes évaluées entre 1,4 et 1,7 milliard d’euros sur ce segment. Ce montant avait été calculé par la Cnaoc, à partir de ratios partagés dans la filière. L’annonce du couvre-feu pour au moins six semaines «est une mauvaise nouvelle pour la filière», commente Éric Tesson, directeur de la Cnaoc. Il est difficile de savoir si les pertes en CHR seront compensées par des reports de consommation dans l’intimité des foyers et si cela se traduira par des ventes accrues chez les cavistes et en grande distribution. Les pertes pourraient être compensées en partie par des arguments de cavistes et de distributeurs invitant les consommateurs à organiser leurs festivités davantage chez eux autour d’une bouteille ou d’un bag-in-box. Pour l’heure, les foires aux vins ne corroborent pas un tel élan.

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