L'Oise Agricole 14 mai 2020 à 09h00 | Par AJ

Les coopératives demandent des mesures d'urgence

Si les discussions autour du plan de relance prendront du temps, les coopératives agricoles demandent d'ores et déjà la mise en place de mesures concrètes afin de maintenir la continuité de l'activité. De là à détricoter certains grands principes de la loi Egalim, il n'y a qu'un pas.

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«Nous demandons la possibilité pour les coopératives et les entreprises alimentaires de pouvoir répercuter les surcoûts liés au maintien de l'activité en appliquant de plein droit le tarif fournisseur jusqu'à la fin de l'année», développe Dominique Chargé, président de la coopération agricole.
«Nous demandons la possibilité pour les coopératives et les entreprises alimentaires de pouvoir répercuter les surcoûts liés au maintien de l'activité en appliquant de plein droit le tarif fournisseur jusqu'à la fin de l'année», développe Dominique Chargé, président de la coopération agricole. - © Coop de France

Avec le déconfinement acté et le plan de relance discuté, la Coopération agricole a publié le 6 mai une série de mesures à actionner «de toute urgence». Son ambition : «Préserver les capacités d'agir et d'investir pour accélérer la relance économique en maintenant l'ambition de la transition agroécologique». L'objectif des mesures liées aux relations commerciales est clairement affiché : «atténuer sans attendre les effets de bord de la loi Egalim». «Nous demandons la possibilité pour les coopératives et les entreprises alimentaires de pouvoir répercuter les surcoûts liés au maintien de l'activité en appliquant de plein droit le tarif fournisseur jusqu'à la fin de l'année», développe Dominique Chargé, président de la coopération agricole. Les négociations annuelles avec la grande distribution ont été achevées avant le début de l'épidémie et ne prennent pas en compte la hausse des coûts engendrés (absentéisme, mises en place des mesures sanitaires, transport, équilibre matière...), justifie-t-il. Et dans le contexte d'épidémie de Covid-19 qui a changé radicalement les habitudes de consommation, elles demandent également de revoir l'encadrement des promotions prévues par la loi Egalim. «Nous demandons d'introduire une dérogation à l'encadrement en volume à toutes les filières qui en ferait la demande par le biais de leur interprofession à la DGCCRF», explique Dominique Chargé. Pour les filières vin, bière et cidre, «durement touchées» les coopératives demandent une exclusion pure et simple du dispositif d'encadrement en promotion tant en volume qu'en valeur. Ces dérogations permettront de «rebooster pour la fin de l'année» le commerce grâce aux promotions, garantit-il.

Se transformer plus tard

Sous l'intitulé «Transformation des coopératives agricoles : alléger les contraintes réglementaires», les mesures souhaitées par les coopératives ne sont ni plus ni moins que des demandes de report de la mise en application de la loi Egalim. Elles veulent remettre au 31 décembre 2021 la réforme du statut des coopératives et la mise en place de la séparation de la vente et du conseil de produits phytopharmaceutiques qui aurait dû entrer en vigueur d'ici la fin de l'année. «Il est très difficile pour les coopératives de pouvoir travailler sur ces sujets. Avec l'épidémie de Covid-19, elles sont mobilisées ailleurs», défend le président de leur fédération. Du côté des mesures financières, «nous souhaitons que les mesures d'aides pour la restauration hors domicile toujours fermées soient applicables à leurs fournisseurs», indique Dominique Chargé. Cela se traduit notamment par le maintien du dispositif de chômage partiel pour les salariés des coopératives qui fournissent la restauration.

Relancer la transition

«Nous voulons la création d'un fonds de recapitalisation et de renforcement des fonds propres des coopératives d'au moins un milliard d'euros», prêche Dominique Chargé. Il sera dédié aux coopératives engagées dans la transition agroécologique. «Je suis persuadé que cet épisode va avoir affaibli les coopératives qui sont déjà souvent endettées», justifie-t-il. Cet ensemble de mesures est la préface d'un plan de relance plus global où la coopération agricole proposera d'y intégrer des mesures d'avenir. «Le plan de relance préparé par le gouvernement Philippe pour l'automne 2020 doit consacrer une nouvelle stratégie pour restaurer la souveraineté alimentaire, accélérer la transition agroécologique grâce notamment aux coopératives agricoles, financer de manière structurelle ces pratiques agronomiques durables et sanctuariser des débouchés sur les marchés domestiques et européens pour une alimentation saine et durable», proposent les coopératives agricoles. Leur modèle, de la fourche à la fourchette est «un atout pour cette transformation en cohérence avec le Green deal de l'Union européenne», assurent-elles. Mais pour «garantir la souveraineté alimentaire européenne et réduire notre dépendance aux productions importées, la France doit améliorer la compétitivité tarifaire, sanitaire et sociale de ses productions à l'export comme sur le marché domestique».

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