L'Oise Agricole 26 septembre 2019 à 09h00 | Par Vincent fermon

Les viandes régionales pressées de s’y rendre

La pose de la première pierre d’un nouvel abattoir multi-espèces à Fruges (62) rassure et apporte une réponse à des éleveurs inquiets pour la valorisation de leurs animaux.

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La pose symbolique de la première pierre a eu lieu en présence d’élus locaux, du Conseil régional et de l’Etat.
La pose symbolique de la première pierre a eu lieu en présence d’élus locaux, du Conseil régional et de l’Etat. - © Vincent Fermon

Alors que plusieurs abattoirs publics régionaux ont fermé leurs portes au cours des dernières années – Laon (02) en 2016, Montdidier (80) début 2019 - et que celui de Fruges a profité d’un sursis, le lancement du chantier d’un nouvel outil dans cette même commune apporte un peu d’air pour un certain nombre d’éleveurs des Hauts-de-France. Le début des travaux de terrassement, puis la pose symbolique de la première pierre le 5 septembre dernier ont été l’occasion de faire le point sur ce chantier. «En quatre-vingt dix ans, ce sera le troisième abattoir que l’on construit à Fruges», s’est félicité le maire de la commune, Jean-Marie Lubret.

Pour le président de la communauté de communes du Haut Pays du Montreuillois et président de la société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) porteuse du projet, Philippe Ducrocq, «ce chantier met fin à une longue période d’incertitude autour de l’abattoir de Fruges, plusieurs fois menacé de fermeture administrative». «Depuis vingt ans, le projet de construire un nouvel outil a occupé de nombreux élus et passionné les habitants du territoire. Si nous n’avions rien fait, l’outil et l’activité d’abattage d’animaux d’élevage auraient disparu. Malheureusement, on sait que lorsqu’un outil ferme ses portes, il est difficile de le faire rouvrir», a t-il défendu.

Un investissement de 8,6 millions d’euros

Le montant global du projet est de 8,6 millions d’euros, répartis entre les collectivités territoriales, les futurs usagers de l’abattoir et des soutiens divers. Si la communauté de communes du Haut Pays du Montreuillois présente l’engagement le plus fort avec une enveloppe de près d’un million d’euros, d’autres l’ont également suivi à l’image de plusieurs intercommunalités des Hauts-de-France. Le 11 juillet dernier, la communauté de communes Ponthieu-Marquenterre a ainsi confirmé par une délibération sa participation à hauteur d’un peu plus de 16 000 E dans le capital de la SCIC. Celle-ci rejoint ainsi les autres collectivités qui s’étaient déjà engagées : la communauté de communes du Haut Pays du Montreuillois en tête, suivie par la Communauté d’agglomération du Pays de Saint-Omer (Capso), la communauté d’agglomération des deux baies en Montreuillois (CA2BM), la communauté de communes des 7 vallées, la communauté de communes du pays de Lumbres, celle de Desvres-Samer, la Terre des 2 Caps, la communauté de communes Pays d’Opale, Ternois Com et plus récemment les communautés d’agglomération du Boulonnais (CAB) et communauté de communes de Flandre intérieure.

Un engagement de la Région Hauts-de-France (1 million), de l’Etat (500 000 E), du département du Pas-de-Calais (500 000 E) et des professionnels de la filière viande (450 000 E) viennent s’ajouter à un emprunt bancaire de 5 millions d’euros.

«Exemplaire» est le mot qui revient le plus souvent dans les propos des différentes parties prenantes qui ont participé à la pose de la première pierre. Pour le préfet du Pas-de-Calais, Fabien Sudry, «ce qui est en train d’être fait ici est un exemple pour le département, pour la région, mais aussi pour la France». Député de la quatrième circonscription du Pas-de-Calais, Daniel Fasquelle a salué la création «d’un abattoir exemplaire dans sa façon de travailler, de proximité et ouvert aux filières de qualité». Vice-présidente du conseil régional des Hauts-de-France en charge de l’agriculture, Marie-Sophie s’est elle aussi réjouie de la concrétisation de cette réalisation avant d’y voir «un modèle d’inspiration pour d’autres territoires». Et de rappeler le poids de l’élevage dans l’économie agricole de la région, avec pas moins de 20 000 exploitations qui le pratique.

Pour Philippe Ducrocq, le nouvel abattoir devrait être à même de répondre aux attentes de consommateurs de plus en plus exigeants : «Les consommateurs veulent de plus en plus connaître l’origine des produits qu’ils consomment et nous veillerons à ce que les viandes qui sortiront d’ici le mentionnent clairement. Fruges est l’un des seuls abattoirs capables de traiter à la fois des viandes bios, sous marques régionales et, en même temps, ouvert aux producteurs qui pratiquent la vente directe». S’il n’a pas vocation à concurrencer des outils existants, il se veut en revanche «complémentaire», poursuit le président de la SCIC d’abattage des Hauts Pays.

Le calendrier du chantier

En janvier 2017, une visite de l’abattoir de Perpignan a permis de découvrir le fonctionnement d’un outil comparable à celui qui est actuellement en construction dans l’ouest du Pas-de-Calais. La capacité du nouvel abattoir est de 6 000 tonnes et pourra être porté à 8 000 tonnes. Tandis que les travaux de terrassement sont en cours et que l’on aménage les abords du site, le bâtiment d’exploitation devrait sortir de terre d’ici janvier 2020. Restera ensuite à aménager l’intérieur de l’abattoir, à l’équiper en matériel et à le réceptionner «d’ici la fin d’année 2020», dixit Philippe Ducrocq. La mise en service est prévue pour le début de l’année 2021.

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