L'Oise Agricole 02 juillet 2020 à 09h00 | Par Fabrice Riquier

Merci aux producteurs

Ce mardi 23 juin, les élus de la Chambre d’agriculture de l’Oise se sont retrouvés en session en présence de Louis Le Franc, préfet, et de ses services, les conditions sanitaires n’ayant pas permis d’accueillir des invités.

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Fabrice Riquier, directeur de la Chambre d’agriculture de l’Oise, Hervé Ancellin, président, et Louis Le Franc, préfet de l’Oise.
Fabrice Riquier, directeur de la Chambre d’agriculture de l’Oise, Hervé Ancellin, président, et Louis Le Franc, préfet de l’Oise. - © Agence de presse

En ouverture, le président Hervé Ancellin a tenu à adresser ses remerciements à Louis Le Franc et ses services pour leur implication auprès de la profession agricole dans la gestion des évènements successifs depuis près d’un an : les feux de récolte 2019, Lubrizol et la crise du Covid 19… Toutes les décisions ont été prises avec le bon sens comme élément principal, ce qui doit être salué.

Budget : une dynamique positive

En comparaison au budget initial, le budget rectificatif montre une stabilisation des charges et une augmentation des produits, notamment en lien avec les prestations de services. C’est un exercice prévisionnel et il est important de pouvoir répondre aux besoins des agriculteurs, des collectivités et des grandes entreprises. La satisfaction des clients est un leitmotiv,et l’engagement de l’ensemble des collaborateurs à leurs côtés permet de répondre à leurs sollicitations pour les accompagner vers la réussite de leurs projets.

Ce budget prévoit un bénéfice d’environ 90 k€ pour un budget qui avoisine les 5,5 M€, ce qui est encourageant au regard du contexte de l’année.

Chambre de région : objectif 1er janvier 21

Voilà environ 5 ans, une réflexion a été engagée sur la régionalisation des Chambres d’agriculture. Un décret de 2016 engageait nos Chambres à mutualiser nos fonctions supports. Dans la continuité, la réflexion nous amène à réfléchir à une mutualisation complète pour aller vers un employeur unique, un budget unique et une organisation commune.

Les Chambres de l’Oise, de l’Aisne et du Nord-Pas-de-Calais ont souhaité construire et aboutir dans ce projet. C’est ce qui a été présenté dans un premier temps aux bureaux, puis en sessions, pour permettre la mise en œuvre de la Chambre de région au 1er janvier 2021. La gouvernance sera définie au niveau régional et la proximité sera dévolue aux Chambres territoriales (ex-Chambres départementales).

Pour ces dernières, la gestion de l’urbanisme, les relations avec les collectivités, les études de territoires et les groupes de développement leur seront dévolus. Les pôles métiers : productions animales, productions végétales, environnement-climat, territoires, hommes et entreprises, agro-alimentaire et diversification constitueront le cœur de l’organisation régionale avec une déclinaison à imaginer pour travailler de manière concertée et transverse entre les équipes afin de mutualiser les compétences. Ces dernières devront être proposées à tous les agriculteurs des Hauts-de-France pour les accompagner vers la performance nécessaire à toute entreprise, et pour répondre à leurs besoins.

Crise sanitaire : rebond attendu

Florence Le Dain, du service économique de la Chambre régionale, est intervenue pour présenter les éléments macro-économiques des 3 derniers mois et a proposé une projection sur les mois et années futurs. En France, l’impact direct du confinement et de la réduction de l’activité économique fait plonger notre PIB (produit intérieur brut) de près de 20 % par rapport au 4e trimestre 2019. La dette publique augmenterait, elle, de 20 % du PIB ! Le taux de chômage prendrait entre 2 et 4 % de plus par rapport à début 2020. Le schéma ci-dessous montre les difficultés des secteurs automobile et habillement par exemple, alors que le secteur agro-alimentaire a fonctionné à 70 % de ses capacités.

Pour les Hauts-de-France, nous avons vécu les mêmes impacts à notre échelle. Toutefois, la continuité de l’approvisionnement alimentaire a permis à la majorité des agriculteurs et des services associés de maintenir leur activité. Cela a renforcé leur rôle majeur dans l’alimentation de la population, quelle qu’en soit la forme. Un grand merci à eux !

Nous ne pouvons pas ne pas évoquer, à l’inverse, les difficultés en hébergement et restauration…l’action «Solidarité repas aux soignants» de l’Oise ayant mis en lumière l’importance de se serrer les coudes dans ces épreuves.

Enfin, au niveau des filières, les difficultés sont présentes pour des raisons différentes, en lin, en pommes de terre, en légumes surgelés… La baisse du baril de pétrole a aussi impacté les filières colza (huile), betteraves sucrières et maïs (éthanol)… Champagne, bière et cidre ont subi de plein fouet la fermeture des bars et restaurants, cette dernière ayant aussi eu un impact sur la vente de viande !

Le steak haché étant devenu un eldorado, mais pas pour tous ! Les produits laitiers ont subi aussi des difficultés d’écoulement de produits transformés comme les fromages en début de crise. Enfin, le maraîchage et les fruits-légumes frais ont pu tirer profit de cette période.

Certaines activités, comme l’agritourisme et les centres équestres, se sont arrêtées, avec des pertes de revenu conséquentes. Les horticulteurs qui n’ont pas pu vendre leur production ont perdu jusqu’à 80 % de leur chiffre d’affaires. Grâce aux exportations, la commercialisation des céréales est restée intéressante.

Pour faire le lien avec le vécu des agriculteurs pendant cette période, Alice Bardoux, de la Chambre d’agriculture de l’Oise, a géré un numéro vert proposé, dès la mi-avril, aux agriculteurs en recherche d’informations sur les aides et démarches à accomplir. Elle exprime que la majorité des questions concernaient le fonds de solidarité et l’activité partielle, et aussi les dispositifs d’aides économiques comme les délais pour des échéances sociales et fiscales, les reports de paiement et le prêt garanti de l’État.

En lien avec les problématiques rencontrées, les exploitants étaient soucieux de leur perte de chiffre d’affaires et de l’impact sur le devenir de leur exploitation, du besoin en main-d’œuvre… avec un souhait de pérenniser des outils de production sur le territoire.

Enfin, R. Kisielewski (DDFIP) et Agnès Cochu (DDT) nous ont confirmé les aides portées par les services de l’État. Cet accompagnement a comporté 3 volets essentiels : le report de charges (fiscales, sociales…), les mesures bancaires (prêt garanti par l’État, médiation, avances remboursables...), soutien à l’activité (fonds de solidarité, dossiers Pac…), sans oublier les dispositifs par filière.

La DGFIP a pu mettre en œuvre des mesures de bienveillance comme, par exemple, le remboursement accéléré des crédits de TVA et le report de paiement des impôts directs… Au 17 juin, ce sont 1.738 entreprises de l’Oise qui ont adressé des demandes pour bénéficier de ces mesures (reports, étalements, ...) pour un montant de 12,56 M€. Plus de 13.500 entreprises de l’Oise ont pu bénéficier du fonds de solidarité, dont 134 entreprises agricoles pour un montant de 326 k€.

Agnès Cochu a précisé qu’il y avait eu 2.868 déclarations Pac signées au 15 juin (- 30 par rapport à 2019). 6,86 M€ ont été versés pour plus de 600 dossiers MAEC et 167 dossiers bio pour l’année 2019. Enfin, pour le PCAE 2020, 117 dossiers ont été déposés dans l’Oise.

Débat d’actualité

Concernant la charte d’engagement (ZNT), Hervé Ancellin a évoqué les premiers éléments de la consultation publique terminée le 19 juin. La charte a été téléchargée 200 fois et le dossier de concertation consulté 1.466 fois. Nous avons recueilli 141 observations émanant de 93 agriculteurs, 11 maires, 31 riverains, 5 participants venant d’autres départements et une Association. Nous allons proposer une charte comprenant deux modifications afin de répondre aux remarques formulées lors de la concertation.

Sur le front de la sécheresse, les années se suivent. C’est une réelle problématique sur laquelle la Chambre d’agriculture est engagée avec des partenaires et les services de l’État. La gestion de la ressource nécessite de trouver de nouvelles solutions, notamment de stockage. Les arbitrages doivent se faire dans le respect de tous les utilisateurs. Les échanges et les compromis seront nécessaires.

Le président Hervé Ancellin a remercié toutes les parties prenantes de l’agriculture pour leur comportement lors de ces derniers mois dans la gestion des problématiques successives. Il a rappelé l’importance de l’indépendance alimentaire et d’une certaine autonomie de production de ces denrées. Il a aussi évoqué l’impact sur certaines filières, «la betterave, le lin, les pommes de terre… sans oublier l’élevage, qui nécessite d’être vigilant sur nos orientations en termes de productions, mais aussi sur le plan de la Pac pour soutenir et conforter notre indépendance alimentaire».

Le préfet Le Franc rappelle que l’Oise a été le premier département français touché par le coronavirus et que l’impact sanitaire et économique est très important. Le regard extérieur a aussi un impact, notamment en lien avec le tourisme. A ce jour, 1.200 entreprises ont eu recours au chômage partiel pour un coût de 105 M€. Les secteurs du BTP, de l’automobile, de la restauration sont les plus touchés, l’aéroportuaire également. Sur les sujets plus agricoles, le quasi maintien du nombre de déclarations Pac est une satisfaction sur le plan du tissu agricole. Avec le dérèglement climatique, il est évident que l’enjeu de l’eau est primordial et qu’il faut y travailler tous ensemble. Le sujet est complexe et il faut concilier les différents intérêts. Louis le Franc évoque ensuite l’importance de la souveraineté alimentaire : l’action solidarité repas pour les soignants est le reflet de ce qui peut être fait lorsque l’entraide est mise en exergue. Tous les participants en sont remerciés. Il insiste alors sur l’importance du rôle des producteurs lors de cette crise sanitaire : «La population vous est redevable, la pandémie a remis en lumière le rôle essentiel des producteurs : nourrir les Hommes ! L’image des agriculteurs vous permet de communiquer sur votre métier, je vous invite à le faire. Les produits locaux sont maintenant connus de tous. Je suis à vos côtés pour porter ces messages».

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