L'Oise Agricole 22 août 2020 à 09h00 | Par Dominique Lapeyre-Cavé

«Pas facile d'accueillir du public avec les gestes barrières»

Magali Haring et Patrick Mancheron ont créé la ferme de l'Arbre à poules à Villers-Saint-Paul où ils produisent des fruits et légumes, en transforment une partie et accueillent un public varié sur leur ferme pédagogique. La crise sanitaire a modifié la donne.

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Magali Haring et Patrick Mancheron. La ferme de l'Arbre à poules produit du maraîchage, reçoit des visiteurs et assure des formations. Des activités d'accueil chamboulées par le Covid.
Magali Haring et Patrick Mancheron. La ferme de l'Arbre à poules produit du maraîchage, reçoit des visiteurs et assure des formations. Des activités d'accueil chamboulées par le Covid. - © DLC

Habituellement, les deux exploitants accueillent de nombreux groupes scolaires, de la primaire jusqu'au collège et au lycée, pendant avril, mai et juin. Ce sont souvent des établissements qui viennent d'assez loin et profitent de la journée pour faire plusieurs visites. Ils découvrent les légumes, les arbres fruitiers et les animaux de la ferme, des variétés naines, plus à même d'exploiter ce poumon vert que constitue la ferme dans un espace très urbanisé. Les établissements d'enseignement agricole, MFR et lycées agricoles, sont également des habitués des lieux où ils viennent découvrir les principes de l'agro-écologie et de la permaculture. «Les professeurs organisent aussi des chantiers pédagogiques sur une journée», témoigne Magali Haring.
Des formations pour adultes «savoir-faire et découverte» sont proposées toute l'année. «Il s'agit de personnes qui viennent se former à titre personnel ou dans le cadre d'une reconversion professionnelle. On travaille autour du jardin au naturel», détaille Patrick Mancheron. Enfin, le couple reçoit d'autres agriculteurs qui suivent les formations Bienvenue à la ferme pour créer une ferme pédagogique.

L'activité chamboulée par le Covid
À l'annonce du confinement mi-mars, le planning des activités d'accueil et de formation était bien rempli car les réservations par les établissements scolaires se font surtout en décembre. «Toute la partie ferme pédagogique s'est retrouvée à l'arrêt, tout a été annulé» déplorent les deux exploitants. «Par contre, comme tous nos collègues maraîchers, nous avons vu arriver une foule de nouveaux clients dans notre magasin», s'étonnent encore Magali Haring et Patrick Mancheron. C'était souvent des personnes qui ne souhaitaient pas aller s'enfermer dans une grande surface et pour qui aller à la ferme en famille représentait une sortie. La ferme de l'Arbre à poule a élargi ses horaires d'ouverture afin de respecter les gestes barrières et un nombre limité de clients dans le magasin. Fini, la conversation avec les clients fidèles autour d'un café.
Côté marchandise, la solidarité entre producteurs a joué à fond et nos exploitants ont permis de vendre dans le magasin les légumes que d'autres, plus éloignés des centres urbains, n'arrivaient pas à écouler. «On a ainsi vendu des fromages, du pain bio.»
Au final, dès la fin du confinement, certains clients ont repris leurs anciennes habitudes mais la ferme de l'Arbre à poules a su en garder entre 20 et 30 % de plus. Plus de clients, avec un panier moyen qui a augmenté, mais aussi un changement de clientèle.  «Au départ de notre aventure, on avait une clientèle de retraités plutôt aisés, qui retrouvaient dans nos légumes le goût de ceux de leur enfance. Et puis maintenant, on a des jeunes qui se soucient de la qualité de leur alimentation et de celle de leurs jeunes enfants. Un coach sportif du secteur vient chez nous et une partie de ses élèves aussi car il leur a dit que faire du sport doit se coupler avec des aliments sains et locaux !» plaisantent les maraîchers.
Cet été, c'est plus calme, une partie de la clientèle est en congés. L'inquiétude vient surtout des visites qui n'ont pas repris comme avant. Que ce soit dans le cadre familial ou entre amis, le nombre est limité et Magali Haring veille à ce que les distances soient respectées. «En plus, avec la chaleur, la visite de fin juillet a été annulée. Une autre est prévue fin août, mais les centres de loisirs du secteur ne sont pas revenus cette année», se désole l'exploitante. C'est le dimanche matin que Patrick Mancheron fait visiter son potager aux groupes d'adultes et ces visites sont souvent l'occasion de s'inscrire aux formations proposées et d'acheter des fruits et légumes dans le magasin.
Même leur gîte est moins réservé que les autres années. Par chance, une famille s'y était installée pour plusieurs mois avant le confinement et elle a pu rester. Juillet a été plus creux, avec des travailleurs étrangers qui ne sont pas revenus cette année. Août est déjà rempli aux deux tiers mais, au final, le taux d'occupation sera moindre. «Pour nous, 2020, c'est cuit ! On porte tous nos espoirs pour 2021 avec peut-être l'ouverture d'un nouveau gîte actuellement en travaux», veulent croire les deux exploitants.

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