L'Oise Agricole 28 avril 2019 à 12h00 | Par Alison Pelotier

Un virage à 360° pour les agriculteurs

Le Web et le numérique sont progressivement rentrés dans les fermes, obligeant les agriculteurs à adapter leurs pratiques. Aujourd’hui, deux tiers d’entre eux sont utilisateurs de nouvelles technologies pour les besoins de leur activité.

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Désormais, les fabricants d’engins vendent des applications numériques à la place ou en complément des manuels techniques pour régler les machines agricoles.
Désormais, les fabricants d’engins vendent des applications numériques à la place ou en complément des manuels techniques pour régler les machines agricoles. - © Agence de presse

Pour Fabrice Monnery, céréalier à Saint-Vulbas, dans l’Ain, travailler sans écrans semble aujourd’hui impossible. Avec pas moins de 50 applications de tout genre sur son téléphone, il en utilise une dizaine par jour au travail. Avec elles, il règle son semoir à maïs et à engrais, il profite des données de quatre stations météo connectées et gère l’irrigation de ses parcelles. La pluviométrie ou encore les besoins de ses terres sont ensuite stockés en temps réel dans un serveur auquel il peut accéder via son ordinateur ou son smartphone.

Le Web au service des technologies

«Avant, j’étais obligé de rejoindre mes parcelles à pied pour relever les tensions tous les deux jours. Aujourd’hui, le système que j’utilise est autonome. Il me permet d’être beaucoup plus précis et de gagner du temps, explique l’agriculteur. Désormais, les constructeurs d’engins vendent des applications numériques à la place ou en complément des manuels techniques pour régler vos machines», explique-t-il. L’agriculteur utilise aussi la solution Web Olympe parcelles qui lui permet d’enregistrer son parcellaire, ses travaux et observations sur le terrain, comme la présence d’adventices, de ravageurs ou de maladies. Il peut aussi éditer son cahier d’épandage ou calculer son plan de fumure. «Cela me permet d’avoir un historique complet de toutes les opérations effectuées sur mon exploitation et de les retrouver en un clic», reprend Fabrice Monnery.

Un nouveau confort de travail

Comme lui, la famille Coste a connu une véritable transformation il y a quatre ans avec l’arrivée d’une salle de traite robotisée. Basés à Cheminas, en Ardèche, les éleveurs de vaches laitières peuvent désormais consulter à distance des informations précieuses sur l’état de leurs animaux.

«La détection des chaleurs, la reprise de poids en début de lactation… Nous recevons des alertes lorsque la traite dure plus longtemps que prévu, lorsqu’il y a un bug ou un problème», explique Jean-Baptiste Coste. «L’accès à ces informations par le Web permet un confort de travail inexistant il y a encore quelques années et une souplesse de travail plus importante». Les éleveurs ont aussi placé une unité de méthanisation dans leur ferme. «Nous pouvons la gérer de chez nous, intervenir pour régler des dosages, vérifier le niveau de remplissage des cuves, leur température». Une simple connexion Internet est également nécessaire pour accéder à l’outil digital Mesparcelles.fr proposé par les chambres d’agriculture depuis une dizaine d’années pour simplifier le travail des agriculteurs. Ici encore, le Web permet de renseigner et de récupérer des informations précieuses.

Réalisation de déclaration Pac, vérification de la conformité du registre phytosanitaire ou encore connaissance des stocks disponibles. «Beaucoup de céréaliers, d’éleveurs et de viticulteurs s’en servent, notamment en zones vulnérables», informe Frédéric Moigny, animateur régional à Aubière (Puy-de-Dôme). Toutes les données enregistrées sur serveurs, sont protégées et accessibles sur la déclinaison mobile de l’outil, Mes p@rcelles Touch».

Des formations digitales appréciées

La formation agricole n’est pas en reste. Le digital est venu transformer aussi les pratiques des formateurs. De nouvelles formations mixtes digitales (FMD) sont proposées aux agriculteurs depuis 2015 et encadrées par Vivea, fonds pour la formation des entrepreneurs du vivant. Mooc (massive open online course), drives, espaces collaboratifs, quizz, plateforme de learning management system, vidéos… sont désormais des outils pédagogiques utilisés pour sensibiliser les stagiaires à une nouvelle forme d’apprentissage. Et globalement, ça plaît !

«Le fait de pouvoir accéder à une partie de la formation par le Web limite les déplacements des personnes en formation, c’est pratique. On va leur demander, par exemple, de construire un argumentaire et d’en réaliser un podcast qu’ils pourront ensuite débriefer en présence du formateur», explique Estelle Bernard, référente Vivea en formations digitales. Plus impliquantes, selon elle, celles-ci sont notamment adaptées pour les projets de vente de produits en ligne. Exemple avec la plateforme de commercialisation Cagette.net. Les fondateurs de l’entreprise Alilo à l’origine de l’outil numérique proposent des formations mixtes, en salle et sur le Web. «Les participants apprennent à créer leur catalogue de produits en ligne, enregistrer les dates et les lieux de livraisons ou encore y retrouver le récapitulatif de leurs bons de commande», ajoute-t-elle. Une vitrine en ligne intéressante pour l’agriculteur et un drive utile pour leur future clientèle connectée.

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