L'Oise Agricole 10 octobre 2020 à 12h00 | Par Dominique Lapeyre-Cavé

Une tonne de pommes de terre pour le secours catholique

Solaal (Solidarité des producteurs agricoles et des filières alimentaires) a organisé le 2 octobre une opération de glanage solidaire chez Bruno Demory, agriculteur à Attichy (Oise).

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De haut en bas et de gauche à droite : Bruno Carpentier, Bruno Demory, Elie, Cécile Peltier et Guyvanho, devant la camionnette chargée de pommes de terre.
De haut en bas et de gauche à droite : Bruno Carpentier, Bruno Demory, Elie, Cécile Peltier et Guyvanho, devant la camionnette chargée de pommes de terre. - © Solaal

Malheureusement, la pluie discontinue a raison de l’opération et s’est transformée en un don, d’une tonne environ, de pommes de terre. En effet, Bruno Demory, par ailleurs président d’Expandis, est producteur de pommes de terre industrielles, destinées à la production de chips (variété Lady Claire) ou de frites Mac Cain. Bruno Carpentier, responsable du Secours populaire, accompagné d’Elie et de Guyvanho, bénévoles, avait rendez-vous sur l’exploitation de Montplaisir ce vendredi matin.

À l’aide de l’agriculteur, ils ont chargé des pommes de terre stockées sous un grand hangar pour remplir des pallox installés dans la camionnette de l’association. En une demi-heure, une tonne était chargée qui sera pesée avant d’être distribuée à des familles du plateau creillois

Don direct ou glanage

«Ces pommes de terre sont consommables directement, contrairement à d’autres variétés industrielles. Je suis très heureux de participer à une grande chaîne de solidarité qui relie le monde agricole et celui des associations pour l’amélioration des conditions de vie des plus fragiles», se réjouit Bruno Demory. De son côté, Bruno Carpentier est heureux de pouvoir soutenir des familles nécessiteuses.

C’est par l’entremise de Solaal que donateurs agriculteurs et associations d’aides alimentaires sont mises en relation. «Nous organisons aussi des opérations de glanage solidaire dans des parcelles déjà récoltées, souvent en pommes de terre. Comme les bénévoles des associations ne sont pas assez nombreux et qu’ils ne sont pas assurés pour intervenir dans les champs, nous faisons généralement appel à des classes des établissements d’enseignement agricole, lycées agricoles ou maisons familiales. Les jeunes sont généralement ravis de participer à une opération de glanage et l’agriculteur est content que l’opération de glanage soit cadrée», témoigne Cécile Peltier, coordinatrice du réseau Solaal Hauts-de-France.

C’est l’association qui fournit au donateur le reçu fiscal qui va lui permettre de déduire ce don de son impôt sur le revenu. Bruno Demory renchérit : «c’est bien que Solaal puisse cadrer le glanage car, parfois, les particuliers viennent dans des parcelles qui ne sont pas entièrement récoltées ; parfois même, ils viennent glaner entre les engins de récolte et c’est particulièrement dangereux.»

Sinon, Solaal organise le don comme ce 2 octobre à Attichy. La pomme de terre et notamment les écarts de triage sont faciles à stocker pour être donnés, ce qui n’est pas le cas pour toutes les productions. «Par exemple, chez Expandis, nos coopérateurs produisent des carottes destinées aux conserves de petits pois-carottes et on pourrait imaginer que celles qui ne sont pas utilisables soient récupérées à des fins de don. Il faudrait pouvoir l’organiser, mais cela risque de poser des problèmes de stockage», s’interroge le président d’Expandis.

N’enpêche tous les agriculteurs sont invités, dans la mesure du possible, à participer à des opérations de solidarité et particulièrement en cette années «où le nombre de familles en difficulté a explosé», assure Bruno Carpentier. Heureusement, même pendant le confinement, Solaal Hauts-de-France a joué son rôle à fond, permettant de collecter 744 tonnes de pommes de terre qui ont été distribuées dans toute la France. «Participer à une telle opération de solidarité, que ce soit par don ou glanage, apporte une grande fierté et remet en avant les valeurs de notre métier», conclut Bruno Demory.

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