L'Oise Agricole 23 octobre 2020 à 15h00 | Par Y.G.

Après l’échec de la PPL animaux, le gouvernement promet un débat

Le temps a manqué aux députés pour voter, le 8 octobre, la proposition de loi de Cédric Villani sur la condition animale - qui visait entre autres l’interdiction des élevages de visons pour la fourrure. Le gouvernement promet un nouveau débat dans l’Hémicycle.

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De nouvelles propositions pour le bien-être animal pourraient revenir sous d’autres formes devant le Parlement.
De nouvelles propositions pour le bien-être animal pourraient revenir sous d’autres formes devant le Parlement. - © Pixabay

Faute de temps suffisant lors de la niche du groupe EDS le 8 octobre, les députés n’ont pas pu voter la proposition de loi (PPL) sur les conditions de vie des animaux, qui prévoyait notamment l’interdiction de l’élevage de visons pour la fourrure. «Nous avons vu toutes les ficelles utilisées pour faire durer les débats» autour de la PPL sur le droit à l’avortement, examinée juste avant, dénonce Cédric Villani, rapporteur du texte. Lors des deux heures de discussions restantes, les députés ont adopté un seul article «bien peu offensif» aux yeux du député de Paris. «À minuit (heure de fin de la niche parlementaire, ndlr), le carrosse de Cendrillon redevient citrouille et la proposition de loi disparaîtra... pour l’instant», a-t-il ironisé. Seule une nouvelle inscription à l’ordre du jour pourrait permettre de poursuivre les débats sur ce texte. C’est ce qu’a demandé M. Villani au gouvernement, estimant que cette proposition de loi «mérite de continuer à vivre». «Ces réflexions doivent avoir lieu, [...] le gouvernement l’a pleinement mesuré ce soir et nous serons donc attachés à ce que cette réflexion ait lieu dans cet Hémicycle», lui a répondu la secrétaire d’État à la Biodiversité, Bérangère Abba.

Une occasion manquée selon les ONG

Un message qui n’a pas calmé la colère des associations animalistes, comme L214 qui dénonce le «torpillage» de la proposition de loi. De son côté, le CIWF regrette que «le gouvernement refuse de saisir l’opportunité, pourtant incontournable à terme, d’accompagner les filières vers un élevage plus durable et plus respectueux des animaux». L’ONG welfariste rappelle que Cédric Villlani avait déposé six amendements sur l’interdiction progressive des cages en volailles et porcs, après le retrait en commission des Affaires économiques des articles sur l’élevage intensif.

«Le buzz politique est réussi», grince de son côté Loïc Dombreval, député LREM et président du groupe d’études de l’Assemblée sur la condition animale. Dans un entretien à Agra Presse, l’élu des Alpes-Maritimes pointe un «mensonge», qui consiste à «faire croire aux citoyens qu’en une seule journée on va traiter l’avortement, l’élevage intensif, les dauphins, la faune sauvage, et qu’ensuite on va continuer sur la parentalité». «En décidant de passer ce texte en deuxième, les députés EDS savaient qu’il ne serait pas voté, ils ne sont ni novices ni crédules.» Pour M. Dombreval, les interdictions envisagées auraient dû passer «soit par un projet de loi, soit par des mesures réglementaires prises par le gouvernement, soit par une proposition de loi de la majorité, centrée sur un sujet, une catégorie d’animaux».

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